À la valdrague : d'arts et de culture

RÉAPPRENDRE À VIVRE

CAP-CHAT, novembre 2016|Pourquoi faut-il que vivre soit un art si difficile? Pourquoi faut-il que la vie nous amène sur des chemins tortueux? Comment réussir à se sortir de l’ornière et trouver une harmonie qu’on imagine possible, mais qu’on n’a jamais connue?

C’est un peu ces questions qui sont à la base de Matisiwin (Éditions Alain Stanké), ce très beau et émouvant roman de Marie-Christine Bernard qui est responsable du Centre autochtone du Collège d’Alma et qui a séjourné à plusieurs reprises dans ce grand nord qu’on connaît si peu.

Matisiwin signifie vivre en langue atikamekw. Vivre, tout simplement. Savoir respirer, savoir regarder, sentir, aimer. Savoir être. Pour Sarah, la situation est complexe et elle est déterminée à faire face aux démons qui l’ont menée sur des chemins tortueux.

Tout commence pour Sarah quand elle prend le chemin du pensionnat des blancs. Elle y laissera sa langue, ses traditions et sa pureté, violée par un de ces « bons frères » qui étaient chargés d’éduquer ces « Indiens ». Tout se dégradera par la suite jusqu’à ce qu’elle ait une fille, Dahlia et qu’elle décide de faire la marche, la longue marche, épuisante physiquement et moralement, qui dure des jours et des jours « sur le Chemin tracé par les Ancêtres » (p. 144) « à la rencontre de ses blessures » (p. 23). C’est cette longue route vers elle-même que raconte ce doux, tendre et en même temps dur roman.

L’auteure a choisi de donner la parole à la kokom — la grand-mère — de Sarah-Mijonic Ottawa. Elle est morte, mais comme le disent les Anciens, elle est là, dans « le bois, au-dessus des arbres » (p. 103) et elle voit. Elle parle à sa petite-fille, l’accompagnant dans sa marche, relevant les difficultés, soulignant les étapes, traçant le parcours. Elle parle à son âme, elle parle à sa pensée alors que Sarah affronte aussi bien ses blessures intérieures que les limites de son corps.

Ce faisant, l’histoire de ce village, de ce peuple nous apparaît. Comment les blancs ont fait disparaître le village d’origine sous un lac artificiel pour alimenter un barrage hydro-électrique, comment les Nehirowisiw ont été relocalisés et contraints à se sédentariser. Puis il y a eu les pensionnats où sont partis tous les enfants qui en oubliaient leur langue et leurs traditions, sans pour autant bien intégrer ce que les blancs appellent la civilisation : « À cause du pensionnat, de dire la kokom, je n’ai pas eu de fille et ta mère n’a pas eu de mère » (p. 79). Une génération coupée de ses anciens qui donnent naissance à des enfants qui sont démunis, divisés entre les anciens et leurs parents et qui à leur tour donnent naissance à d’autres enfants tout aussi confus. Et la société se décompose. Le portrait qu’en trace Bernard est saisissant.

Malgré tout, la kokom espère, elle qui parle encore la langue des ancêtres, elle qui distingue les valeurs des blancs de celles de son peuple. Elle qui rappelle à Sarah qu’« autrefois, le savoir n’était pas ancestral, les activités n’étaient pas traditionnelles. Nous n’avions pas besoin de classifier ces choses : elles étaient nous et nous étions elles » (p. 111).

Marie-Christine Bernard témoigne du destin des Nehirowisiw et rappelle la signification de leur nom : « l’être qui vit en équilibre avec son milieu » (p. 147). Un destin tragique qu’elle nous livre avec empathie et qu’elle parsème de nombreux mots atikamekw pour mieux nous faire découvrir l’esprit de ce peuple.

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NOTE SUR L’AUTEUR
David Lonergan est originaire de Saint-Jean-d’Iberville. Il vit en Haute-Gaspésie à partir de 1977, puis en Acadie à partir de 1994. Depuis 2014, il vit à Cap-Chat. Il a été enseignant au secondaire, dramaturge (Théâtre Pince-Farine, 1977-1992), journaliste, recherchiste, scénariste à la télévision (dont toute l'aventure de Radio-Québec GÎM), professeur à l’Université de Moncton et critique durant 19 ans pour le quotidien L’Acadie Nouvelle. Il a publié une douzaine d’ouvrages dont Les Otages (théâtre, 1987), Blanche (roman biographique, 1989), La Bolduc, la vie de Mary Travers (biographie, 1992), Françoise Bujold. À toi qui n’es pas né au bord de l’eau (essai et anthologie, 2010), Théâtre l’Escaouette, 1977-2012 (monographie, 2015). David nous fait l’immense honneur de bloguer tout à fait bénévolement sur GRAFFICI.CA.

5 commentaires
maitre sokposali a écrit le 17 février 2017

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Rose Catherine a écrit le 9 décembre 2016

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MC Bernard a écrit le 27 novembre 2016

Merci.

MC Bernard a écrit le 27 novembre 2016

Merci.

MC Bernard a écrit le 26 novembre 2016

Merci.

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