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DEUX RÉALITÉS EN OPPOSITION

GASPÉ, 1er décembre 2015 - Lors de la journée inaugurale de la COP21 à Paris, tous les chefs d’état ont défilé à tour de rôle devant leurs pairs pour exprimer leur vision face à la menace des changements climatiques. De ces discours, il ressort que cette conférence est d’une importance capitale pour l’avenir de la planète, et que des décisions à la hauteur des défis auxquels nous faisons face devront être prises au plus tôt. Mais des divergences  majeures subsistent entre les pays du nord et les pays du sud faisant redouter l’échec des négociations.

Les rencontres internationales comme celle qui se déroule présentement mettent souvent en évidence le mur qui sépare les pays riches, plus grands émetteurs de GES, et les pays pauvres qui subissent le plus durement les impacts des dérèglements climatiques. Ces derniers désirent évidemment que l’accord de Paris à venir soit ambitieux et contraignant afin de se donner de véritables chances d’inverser la tendance. C’est pourquoi 43 pays particulièrement exposés aux conséquences du réchauffement (Éthiopie, Maldives, Népal, Bangladesh...) ont présenté une «déclaration» appelant à s'entendre sur un objectif plus ambitieux de limiter le réchauffement à 1,5°C au lieu de 2°C.   
Les pays en développement comptent également sur une aide financière importante pour les aider à s’adapter aux conséquences des changements climatiques. Ainsi, les négociations des prochains jours porteront entre autres sur la façon de mobiliser 100 milliards de dollars par an, par les états, les organisations internationales et le secteur privé d’ici 2020 et ce, au bénéfice des pays en développement.
Peut-être dans le but de donner l’exemple, la France a annoncé qu'elle investira plus de trois milliards d'euros d'ici 2020 pour aider l'Afrique à se doter de sources d'énergie renouvelables et affronter les changements climatiques. La lutte à la désertification est d’ailleurs un enjeu majeur dans la région du Sahel (nord de l’Afrique).
On peut comprendre que les pays en développement ou même les pays émergents comme l’Inde ou le Brésil désirent poursuivre leur croissance économique en utilisant la recette qui a fait la richesse des pays du nord. Les propos tenus hier par le premier ministre de l'Inde, le troisième plus grand émetteur de GES de la planète, illustrent bien cette situation. Il a indiqué que la communauté internationale devait laisser «de la place pour la croissance des pays en développement» et ne pouvait «imposer la fin» des énergies fossiles.
Vous comprendrez qu’il ne sera pas facile de conjuguer tout cela en vue d’arriver à un accord mondial à la fin de la Conférence de Paris. Les réalités des populations du nord et des populations du sud sont bien différentes. Mais tôt ou tard, si les efforts nécessaires ne sont pas déployés pour contrer les changements climatiques, nous deviendrons tous une seule et même population affectée.

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NOTE SUR L'AUTEUR
Biologiste de formation, Steve Pronovost est originaire de la Mauricie et demeure à Gaspé depuis une quinzaine d’années. Il occupe un emploi au parc national Forillon et affectionne les activités en plein air. Steve Pronovost est également président du Conseil régional de l’environnement Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CREGIM). Il blogue chaque mois sur GRAFFICI.CA, sur des sujets en lien avec l’environnement.

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