La voie ferrée à la croisée des chemins

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
L'état de la voie ferrée gaspésienne est tel que des investissements de l'ordre de 93,5 millions $ sont nécessaires pour sa mise à niveau.

L'état de la voie ferrée gaspésienne est tel que des investissements de l'ordre de 93,5 millions $ sont nécessaires pour sa mise à niveau. Photo : Thierry Haroun

Le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCGG), François Roussy, demeure confiant que Québec et Ottawa acceptent de verser les 93,5 millions $ nécessaires à la mise à niveau de la voie ferrée gaspésienne.

Un rapport du ministère des Transports du Québec produit le 8 novembre 2010 constatait d'importantes anomalies sur l'ensemble de la voie ferrée gaspésienne qui est la propriété de la SCFG, soit de Gaspé à Matapédia.  

Par exemple, le document note qu'à plusieurs passages à niveau dotés de feux de circulation ou de panneaux d'arrêt, la ligne d'arrêt est absente. Plusieurs passages de ferme sont à reconstruire. Plus loin, on indique que de façon générale, les traverses d'approche des ponts sont détériorées à plusieurs endroits et devraient être remplacées (secteur Cascapédia et Chandler).

«Sur plusieurs structures d'acier, lit-on, il a été constaté des pertes de section d'éléments en acier. Ces pertes de section vont jusqu'à la perforation des éléments à certains endroits. Cette détérioration selon l'élément affecté peut entraîner une perte de capacité de la structure.»

Ce document a été rendu public l'été dernier dans les médias. La direction de la SCFG avait alors indiqué que tous les points du rapport faisaient l'objet d'un suivi. Dans ce contexte, la Société a déposé l’automne dernier un plan d'affaires destiné aux paliers gouvernementaux et qui établit à 93,5 millions $ les investissements nécessaires pour remettre en état le réseau ferroviaire.

Une somme colossale, admet François Roussy mais réaliste à moyen terme. «Vous savez, ça fait 20 millions $ par année qu'il faut aller chercher. Et quand on y pense, on investit 150 millions $ par année sur nos routes. Faire le choix du réseau ferroviaire, c'est un choix payant sur le plan du développement durable. Ce sont des camions qui ne roulent pas sur les chemins, car chaque camion équivaut à 30 000 voitures.»

Roussy est confiant

M. Roussy estime être en mesure de soutirer tous ces millions de dollars des gouvernements fédéral et provincial. «Écoutez, on a vu entre autres les chemins de fer recevoir 300 millions $ en Ontario, 150 millions du fédéral et 150 millions de la province, et qui sont beaucoup moins grands que notre tronçon. En fait, on souhaite que les gouvernements confirment à notre région l'importance de cette infrastructure comme un vecteur de développement régional. Ce qu'on dit également c'est que nous arrivons à combler les frais d'exploitation du réseau grâce à nos activités et que nous assurons que toutes les subventions qui nous seront versées seront investies dans les infrastructures et non pas dans nos opérations.»

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