Politique, Tourisme, Transport

Via Rail n’abandonne pas son service en Gaspésie

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Via assure qu’il n’entend pas abandonner son service de transport de passagers en Gaspésie.

Via assure qu’il n’entend pas abandonner son service de transport de passagers en Gaspésie. Photo : Gilles Gagné

GASPÉ – C’est une question d’exploitation et non pas de sécurité du tronçon ferroviaire qui a amené la direction de Via Rail à suspendre ses activités entre Matapédia et Gaspé. Et le transporteur de passagers par train n’entend pas abandonner la Gaspésie.

« La considération primordiale est  la sécurité des passagers et des automobilistes qui franchissent les passages à niveau », indique le porte-parole de Via Rail, Jacques C. Gagnon.

La décision du transporteur a été prise après avoir été informée par la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG). « C’est nous qui avons dit à Via Rail que le train devait s’arrêter à tous les passages à niveau, à la suite du problème de corrosion constaté. Mais le tronçon comme tel demeure sécuritaire », indique le directeur général de la SCFG, Olivier Demers.

« Ce n’est pas une façon d’opérer un train sur des grandes distances. [La suspension des activités] est purement circonstancielle, basée sur une question de sécurité », indique M. Gagnon.

Au début du mois, la SCFG avait suspendu le trafic ferroviaire durant quelques jours afin d’inspecter l’ensemble de la voie ferrée. L’utilisation d’une solution à base d’eau salée pour combattre la végétation avait provoqué un bris d’équipement sur les signaux lumineux d’un passage à niveau entre Matapédia et New Carlisle.

Via n’abandonne pas son service

Cette suspension des activités a ramené dans l’esprit de plusieurs le spectre de l’abandon du service sur l’ensemble du tronçon, une situation que craignent plusieurs, à commencer par le député fédéral de Gaspésie-les Îles, Philip Toone. Jeudi, il déclarait à GRAFFICI.CA se questionner sur la survie du train de passagers en Gaspésie, d’autant plus que la navette de remplacement par autocar ne sera plus offerte.

Via tente de se montrer rassurant : « Je peux comprendre l’interprétation donnée à la suite de l’annonce, mais ce n’est pas l’abandon du service », dit M. Gagnon.

Il assure que le service reprendra entre Matapédia et New Carlisle dès que la SCFG indiquera que les réparations auront été faites et que les inspecteurs de Via donneront leur accord.

Fin du service d’autocar entre New Carlisle et Gaspé

La fin du service d’autocar entre New Carlisle et Gaspé est liée directement à l’incapacité de la SCFG de donner une date pour la réouverture de la voie ferrée.

« On avait instauré le système d’autobus nolisé de façon temporaire. La certitude que l’on a maintenant, c’est qu’on a pas d’échéancier clairement établi de la SCFG pour remettre la voie ferrée en fonction », dit M. Gagnon.

Selon lui, Via n’a pas d’autres choix puisque d’autres services d’autocars existent : « Nous, on ne veut pas concurrencer indument la compagnie Orléans Express ou d’autres », dit-il.

M. Gagnon indique que ce n’est pas une situation unique en Gaspésie. Via a pris la même décision sur l’île de Vancouver, il y a environ deux ans, en raison de problèmes avec la voie ferrée.

Recherche de la solution

La SCFG assure faire le maximum pour corriger la situation. Le problème, c’est qu’il y a toujours trop de sel sur les ballasts, malgré le nettoyage effectué par la société.

« On planifie le rinçage du sel afin d’enlever la corrosion. C’est une situation qui n’est pas habituelle. On est un peu dans l’inconnu. On a des solutions qui nous ont été suggérées par les firmes environnementales qui travaillent avec nous », dit M. Demers.

« On ne sait pas quand on pourra dire à Via à quel moment il pourra reprendre le service », conclut M. Demers.

10 commentaires

André Houle a écrit le 7 juillet 2014

Qui a eu cet idée farflu d'utiliser une solution de sel sur les voies? Un ÉCOLO-lo-lo... Franchement...faut pas croire que tout ce qui est naturel est bon.

Location d outil a écrit le 1 novembre 2013

Excellent reportage. L'economie va s'ameliorer beaucoup si la gaspesie jamais se connecte a Quebec. Bons travaux, Via Rail.

Jean-Philippe Chartrand a écrit le 27 août 2013

M. Fréchette, Lorsque vous avez décidé avec trois de vos comparses de fonder le Comité des Citoyens Vigilants du Grand Percé, que vous avez utilisé les médias pour vous faire connaître en tant que groupe et en tant qu'individus (voir journal le Havre de février 2010), vous avez fait le CHOIX de devenir un personnage public. Tant que le groupe est actif, il est normal qu'on se questionne, qu'on réagisse devant les prises de paroles des fondateurs. Après tout, vous ne direz certainement pas le contraire, le groupe qui a débuté comme un mouvement de contestation est devenu un groupe d'action politique. Pour cette raison, moi aussi, j'en appelle à Graffici.ca. Pour garder sa neutralité et la vitalité de la participation citoyenne, il est primodial que des mesures soient prises pour éviter que la section commentaire ne deviennent une vaste info-pub pour des groupes comme le vôtre. Pour en revenir au dossier du train, je considère que mon point demeure valide: nous parler de compost, d'Haldimand 4, de quais et de iPad en parlant du train, c'est d'essayer de nous convaincre que "toute est dans toute" et ça n'avance pas à grand chose. Je suis prêt à admettre que le ton de mon précédent est inapproprié, autant que peut l'être un commentaire plus long que l'article et ne contenant aucune piste de solution. J'invite le modérateur à faire le tri qui s'impose.

Michel L. Fréchette a écrit le 26 août 2013

Ce message s’adresse à Graffici. Je crois m’en tenir à un langage conforme à l’éthique et au respect de vos lecteurs sur un sujet qui implique généralement notre avenir collectif. Je cherche à exprimer une opinion mesurée et modérée qui n’attaque ni personne ni institution sous réserve que d’être associée directement à l’événement et surtout imputable de ses gestes. De plus, elle se fonde sur une longue carrière acquise ici comme sur d’autres continents et qui a vu des situations qui ne font qu’interpeller récemment notre Gaspésie. Le monde tournait avant l’éveil de notre péninsule. Le commentaire désobligeant et personnalisé d’un de vos lecteurs sous le présent titre n’enrichit aucunement le débat mais porte essentiellement sur un procès d’intention et des références mensongères et de surcroît, abusif de l’espace citoyen que vous avez la générosité de nous offrir. Il pourrait être suggéré à toute personne qui utilise cette agora virtuelle d'apprivoiser ses émotions premières et ses frustrations personnelles pour les longues soirées d’hiver et de mobiliser ses énergies à d’autres occupations que celles d’insulter des personnes qui en sont à une autre période de leur vie et qui ont fait largement leur contribution à notre société. Notre privilège est celle d’observer la société telle qu’elle évolue et d’apporter notre témoignage et de plus en plus, une implication bénévole et désintéressée en toute sérénité. Si les projets qui nous sont proposés par nos élu(e)s et responsables apparaissent à l’examen de nos expériences et de nos attentes en matière de qualité de vie s'avèrent porteurs, durables, au mieux des intérêts collectifs et des valeurs sociétales qui nous ont conduit à ce jalon de notre existence, soyez assurez qui nous en témoignerons généreusement. Nous l’avons déjà fait et demain nous le referons. Dans le cas contraire, et parfois il en existe, puisse nous être donnée la possibilité de proposer quelques lignes et de se considérer heureux si cela apporte bien humblement un gramme de réflexion ou un sourire en coin.. Entretemps, l’élémentaire tolérance et acceptation de l’autre commandent que le fiel et la vindicte ne trouvent pas l’accueil dans ce haut lieu réservé à l’intelligence, la sensibilité, la générosité et parfois, à un essayiste qui peint avec les mots. Bien à vous

Sylvain Pitre a écrit le 26 août 2013

Une option de moins pour l’aller-retour en Gaspésie, mais bien que confortable, il faut admettre que celle-ci n’était pas la plus contemporaine (Montréal-Gaspé en 17h). Le wagon panoramique étai bien plaisant mais en partant de Montréal à 18h pour arriver à Matapédia vers 5h, on ne pouvait vraiment admirer la Gaspésie qu’à partir de la Baie des Chaleurs tôt le matin. Et le tronçon panoramique longeant la mer et l’arrière-pays de la Baie des Chaleurs et pouvant intéresser le touriste est devenu impraticable se faisait dernièrement en autobus par la 132, l’option du train perdant de son sens. Il reste la croisière Montréal-Chandler qui est peut-être la meilleure option pour ceux qui veulent voyager relaxe tout en admirant la Gaspésie d’un autre point de vue. De toute façon, la grosse majorité des touristes privilégie l’auto pour la flexibilité et les Gaspésiens l’auto ou le bus qui offre une bonne fréquence même si la durée et le lieu des arrêts est discutable. Quand les prix sont raisonnables, la liaison en avion en 2h30 peut être une bonne option quand on factorise la bouffe, l’hôtel, le gaz. Bonne route!

Jean-Philippe Chartrand a écrit le 25 août 2013

M. Fréchette, gardez vos fréchetteries pour votre blogue de Comité des Citoyens Vigilants du Grand Percé. On en a soupé du cynisme et du dénigrement du travail et des décisions d'autrui. Ben oui, ça va mal. Bon. On se relève les manches, on propose des solutions, on fait le travail, on s'ajuste et on s'adapte. Pas besoin de se radoter les problèmes sur un ton paternaliste et condescendant. Ce dont le dossier du train a besoin plus que jamais, c'est un véritable débat de fond, en étant prêt à considérer toutes les options. Les esprits sont comme les parachutes: ils faut les ouvrir pour qu'ils fonctionnent! Et pour de l'ouverture, ça prend un climat positif et serein: sans cabotinage, théories de complot, affirmations gratuites ou stériles exercices de style.

Margret Grenier a écrit le 24 août 2013

Nous, en tant qu'écologistes, on avait recommandé le balai mécanique et non le produit salin.

Michel L. Fréchette a écrit le 23 août 2013

Via ralentit dans les lignes droites s'essouffle dans les courbes, sur les ponts et arrête aux passages à niveau. Belle approche de ce qui devrait être un moyen de transport unique pour découvrir les paysages bucoliques de la Gaspésie. Le tronçon Matapédia-New Carlisles, dernier vestige d’une lente agonie du parcours sacré s’est cadavéré rongé par la rouille. Et tout le reste d’ailleurs, car la médication appliquée était pire que la maladie. De la végétation, ça se coupe et ça se composte d’autant plus qu’au milieu du tracé, on a le plus beau système de compostage qui n’attend que du matériel. Avec un peu d’imagination, on aurait pu faire le travail à partir du rail. On est si inventif…Comme si on était les seuls sur la planète rail à avoir un problème de végétation sur nos voies. La MRC Rocher Percé a appliqué la sentence des amendes et on a revu le tout à la lumière des environnementalistes qui ignorent que du sel ça fait rouiller le fer et l’électrique. Étrangement, un chemin de FER, ça contient du… fer et la signalisation, ça contient aussi des dispositifs électriques et électromécaniques. Belle logique chez Via que de vouloir tuer son chien parce qu’il a du poil. Pendant ce temps, on doit se demander si le fameux train pour touristes circulera car lui aussi, il roule sur des rails. Restera-il en gare multimodale mais déserte ne sachant où aller ou s’aventurera-t-il sur un parcours où les dormants se réveillent pour gémir, les clous se redressent pour prendre l’air, les poutres des ponts distillent des chants de baleine et les rails guident les plantes pour qu’elles restent bien en vue dans une zone imbibée de créosote et ainsi, confondre tous ces environnementalistes qui à défaut d’être chimistes, pourront statuer que des herbes folles, des épinettes et tout ce qui envahit la forêt peut grandir dans un environnement de pétrole. Certains diront qu’il y en aura pour prolonger le raisonnement jusqu’à Haldimand 4. Et encore, nous dit-on qu’on prévoit investir des dizaines et des dizaines de millions de dollars encore qu’on ne semble pas les avoir ni au fédéral, ni à Québec pour revigorer le moribond, le faire danser par-dessus les ponceaux, enjamber les marais, saluer les saumons, se donner le vertige en longeant les bords de falaises, passer au nez des orignaux et des ratons laveurs, enfiler les gares qui n’existent plus, longer les ports et les quais qui s’enfoncent et servir de boîte de conserve roulante pour les nostalgiques du I-Pad et artistes du divertissement. Tranquillement, à coup de petit bout et de doses homéopathiques, la Gaspésie redécouvre son enclavement. Une piste d’avion toujours capable d’accueillir les biplans, un quai de tourisme camouflé en instrument de pêche et cancéreux dans son ventre, un port déserté faute d’industrie et quoi encore. Est-il si surprenant que des outils inutilisés trouvent le confort de l’oxyde de fer et de la plénitude de l’abandon et de l’oubli dans un passé bien rempli? Et si on attendait la téléportation, Capitaine Kirk? L’autocar d’Orléans Express dans tout son confort devient le mode de transport où on se permet de fermer les yeux sur la Gaspésie contrairement au train. Étrange que cet appel à un petit roupillon de Gaspé à Matapédia pour se sentir frais et dispos pour la Vallée avec, pour point d’orgue, un petit arrêt pour déjeuner à Carleton. Il ne faut surtout pas concurrencer l’autobus dit-on, car(!) après tout on est dans un système capitaliste et il ne faut pas tuer le capital surtout en utilisant l’arme d’une société qui fut largement financée par les deniers publics. Un vent nouveau s’élève. Le public qui ne concurrence plus le privé. Non, on n’avait pas besoin de nous faire comprendre à coup de petits messages rongés par le sel que le tracé de la voie ferrée deviendra un superbe sentier en parallèle à celui des Appalaches et que les motoneiges, les motos les tout terrains de ce monde verront d’un très bon œil ces ruines se transformer en autoroute. Comme quoi, la nature n’aime pas le vide. Et pourtant, ce que cet outils de développement pourrait nous être utile!. La voie ferrée et les gares désertes, un Val-Jalbert en Gaspésie : nouvelle attraction pour les promoteurs du tourisme à tout et à tous prix.

Gaston Langlais a écrit le 23 août 2013

Bonjour, Merveilleuse sémantique, Via Rail n'abandonne pas son service, elle cesse ses activités. Gaston Langlais - Gaspé.

Danielle Bourdages a écrit le 23 août 2013

Tout de même, on dirait que Via Rail vient d'inventer le bouton à quatre trous. Comme si rien de cela ne pouvait être prévu, planifié, prévenu. Via Rail n'existerait que depuis quelques mois? Il n'y a de chemins de fer nulle part tailleurs et aucune expertise non plus. Wow.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.