Agriculture

Vers une route du cidre...

Par Karyne Boudreau, journaliste, graffici.ca
Les parents de Méo, Maryève Charland-Lallier et Jean-Charles Fleurent, ont planté 450 arbres sur leurs terres de New Richmond dans le but de fabriquer du cidre en 2022.

Les parents de Méo, Maryève Charland-Lallier et Jean-Charles Fleurent, ont planté 450 arbres sur leurs terres de New Richmond dans le but de fabriquer du cidre en 2022. Photo : Magali Deslauriers

NEW RICHMOND, septembre 2018 – Après l’éclosion de plusieurs microbrasseries qui a mené à la maintenant célèbre route de la bière, la prochaine décennie pourrait bien voir se développer la route du cidre dans la Baie-des-Chaleurs, où la plantation de plus d’un millier de pommiers ces deux dernières années vise à produire ce nectar. GRAFFICI a rencontré les initiateurs de deux de ces audacieux projets.

« Partout au Canada, il y a vraiment un buzz autour du cidre… c’est en train de décoller et dans genre cinq à dix ans, ceux comme nous qui commencent, je pense qu’on va être à la bonne place et qu’on va avoir un marché super intéressant », lance Joshua Burns qui a démarré son projet il y a cinq ans par la plantation de 200 pommiers sur la terre familiale à Caplan.

Maryève Charland-Lallier et Jean-Charles Fleurent sont pour leur part venus s’établir aux Caps Noirs à New Richmond en 2016. Depuis, ils ont planté pas moins de 450 arbres venus s’ajouter à de nombreux pommiers sauvages présents sur leur terre. Ils ont aussi l’objectif de démarrer leur cidrerie en 2022.

« En attendant, on fait des tests de produits, on développe des recettes, des variétés de pommes aussi […]. Mais notre entreprise ne permet pas de faire vivre la famille et on continue de travailler tous les deux », dit Mme Charland-Lallier.

De telles entreprises demandent patience et détermination, puisque l’investissement substantiel que nécessite l’implantation d’un verger ne permet aucune rentrée d’argent avant cinq et parfois même dix ans.

« Disons que notre projet passe avant tout et qu’il y a des sacrifices à faire. Que ce soit les voyages ou tout autre luxe que d’autres vont se payer, ben nous, ça passe dans le verger », souligne Mme Charland-Lallier.

« Je pourrai peut-être tirer un peu d’argent de l’autocueillette à plus court terme, mais c’est un choix de vie, un projet familial », ajoute M. Burns. « Il y a de plus en plus de gens qui ont le goût d’un petit retour à la terre, poursuit-il. Je pense que l’agriculture de demain passe par de petites initiatives de passionnés comme nous qui ne vont pas vouloir en vivre nécessairement », croit M. Burns, qui avoue candidement vouloir développer le meilleur cidre au monde d’ici 30 ans.

En attendant, le père de famille de 39 ans continue de travailler pour la Société des alcools du Québec d’où il constate chaque jour ce que recherchent ceux qui sont de passage chez nous.

« Ce que les touristes ont le goût de vivre, c’est de connecter avec la place et de découvrir des produits originaux. On le voit avec les microbrasseries : les gens ne veulent plus acheter une caisse de douze, ils veulent acheter une ou deux bouteilles, mais des produits originaux le fun et faire l’expérience de goûts différents. C’est pour ça que nos projets sont prometteurs et qu’il y a de la place pour plusieurs. On est sur la ligne de départ en même temps, mais ce n’est pas une compétition. C’est inspirant et stimulant, pis je sens qu’on va beaucoup apprendre les uns des autres », croit M. Burns.

Maryève Charland-Lallier a d’ailleurs initié au printemps une rencontre entre les nouveaux pomiculteurs de la Baie, question de favoriser le réseautage et l’entraide. « On a tout intérêt à se parler et à partager nos bons comme nos mauvais coups pour mieux avancer […]. Et je suis convaincue que la route du cidre va se concrétiser! », ajoute la pomicultrice.
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