Vers une coopérative de transport aérien en Gaspésie ?

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Un transporteur coopératif offrirait des vols à bas prix entre les aéroports de la région, selon le directeur général du CLD de la Côte-de-Gaspé, Gaétan Lelièvre.

Un transporteur coopératif offrirait des vols à bas prix entre les aéroports de la région, selon le directeur général du CLD de la Côte-de-Gaspé, Gaétan Lelièvre. Photo : Thierry Haroun

Le Centre local de développement (CLD) de la Côte-de-Gaspé déposera à la Ville de Gaspé au printemps prochain un rapport visant la mise sur pied d’une coopérative de transport aérien en Gaspésie.

La nouvelle entreprise desservirait l’aéroport de Gaspé, mais pourrait s’étendre aux trois autres aéroports de la région. «L’idée est que la Gaspésie puisse bénéficier d’un service de transport aérien autonome. La population gaspésienne est mal desservie et nous en venons à l’évidence qu’on en est rendu-là [créer une telle coopérative]», mentionne le directeur général du CLD de la Côte-de-Gaspé, Gaétan Lelièvre.

M. Lelièvre juge «inacceptable» que les compagnies privées qui offrent des vols à partir de l’aéroport de Gaspé, notamment, fassent payer entre 800 $ et 1 500 $ pour un aller-retour à Québec. «On ne peut pas dire que c’est un service qui s’adresse à monsieur madame Tout-le-Monde. Actuellement, de 80 à 90 % de la clientèle est formée de fonctionnaires dont les déplacements sont défrayés par leur employeur, le gouvernement. C’est un service haut de gamme pour l’État», se désole M. Lelièvre qui souhaite que le transport aérien dans la région soit accessible à un plus grand nombre de personnes. «Un prix raisonnable entre Gaspé et Québec aller-retour devrait être au maximum 500 $, ce qu’une coopérative permettrait. Et à partir de ce prix, on peut penser que la clientèle ne se limiterait pas à la fonction publique», évalue M. Lelièvre.

Un service de transport aérien trop coûteux est un frein au développement de la région, ajoute par ailleurs M. Lelièvre. «C’est un obstacle quand vient le temps de rencontrer des promoteurs, d’importer des ressources. On ne pourra jamais diminuer la distance entre la Gaspésie, les autres régions et les centres urbains, mais on peut quand même essayer de réduire les coûts de transport», dit-il.

Un transporteur coopératif offrirait aussi des vols à bas prix entre les aéroports de la région, selon M. Lelièvre. «Bon nombre de travailleurs pourraient en bénéficier.»

Le rapport, qui doit être déposé à la Ville de Gaspé au printemps, est le fruit de 18 mois de travail du comité formé du CLD de la Côte-de-Gaspé, de la Ville de Gaspé et de la direction de l’aéroport de Gaspé. Celui-ci sera aussi remis à des partenaires privés que le comité ne souhaite pas dévoiler pour le moment.

Des scénarios rentables

Différentes avenues ont été étudiées par le groupe. Par exemple, la coopérative pourrait être propriétaire ou locataire des appareils ou faire affaire avec un sous-traitant, précise M. Lelièvre, tout en spécifiant que l’objectif est de proposer des scénarios rentables. «On veut faire avancer un projet qui s’autofinance. Et le CLD Côte-de-Gaspé est prêt à assurer un rôle de leadership.» Le directeur de l’organisme espère maintenant que la Ville de Gaspé et les partenaires concernés emboîteront le pas.

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