Politique

Vers une annexion de Pin Rouge à New Richmond ?

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
New Richmond souhaite intégrer le secteur Pin Rouge au territoire de sa municipalité.

New Richmond souhaite intégrer le secteur Pin Rouge au territoire de sa municipalité. Photo : Antoine Rivard-Déziel

NEW RICHMOND - La MRC Bonaventure n'a pas l'intention de céder le secteur Pin Rouge à la Ville de New Richmond à n'importe quel prix.

Le conseil municipal de New Richmond a déposé un avis de motion en vue d'enclencher le processus d'annexion du secteur de 42 kilomètres carrés, qui fait partie des territoires non-organisés de la MRC de Bonaventure.

La mairesse, Nicole Appleby, fait valoir qu'il est anormal que les revenus de taxes engendrés dans le secteur soit versés à la MRC, alors que son administration investit quelque 150 000 $ par année pour soutenir le développement de Pin Rouge. Cette dernière indique que la municipalité est prête à offrir des services dans le secteur, mais prévient que les revenus doivent être au rendez-vous. «En ce moment, il y a de plus en plus de construction dans le secteur. Les gens veulent avoir des services. La Ville est prête à en offrir, mais pas si les taxes reviennent à la MRC», dit-elle.

Avertissement du préfet

Le préfet de la MRC de Bonaventure, Jean-Guy Poirier, affirme qu'il est encore trop tôt pour faire connaître la position de la MRC. Ce dernier dit ne pas vouloir négocier sur la place publique, mais lance un avertissement à New Richmond. «Il faut vérifier l’impact d’une annexion. Il n’y a pas juste Pin rouge, il y a aussi des activités forestières dans les territoires non-organisés. Nous ne sommes pas intéressés  à laisser aller le plus beau et se retrouver avec ce qui est moins intéressant. Il y aura de bonnes discussions», affirme-t-il. 

Le préfet évalue à 60 000 $ les revenus de taxes reliés aux bâtiments et aux terrains vacants du secteur. «Ce n’est pas énorme», dit-il. M. Poirier promet que la MRC étudiera de façon rigoureuse la proposition de New Richmond, mais il n'est pas en mesure de préciser à quel moment elle fera connaître sa position. 

6 commentaires

Jean-François Samuel a écrit le 13 juin 2013

@Benoit Trépanier Il y a des avantages à habiter une région peu densément peuplée mais ces avantages sont accompagnés d'inconvénients comme ne pas pouvoir opérer de façon rentable des infrastructures nécessitant un minimum de clientèle. Pin Rouge est né d'un projet irréaliste au départ. Bâtir un centre de ski pas vraiment plus gros que Tremblant, St-Anne ou le massif mais à une distance trop grande pour qu'une fin de semaine de ski soit accessible pour les gens habitant les régions densément peuplés qui ont déjà les stations mentionnés dans leur cour ou presque (sans parler des station de l'Estrie pour Montréal en plus). À un moment donné c'est vouloir le beurre et l'argent du beurre.

Benoit Trépanier, citoyen de New Richmond a écrit le 12 juin 2013

M. Samuel. Effectivement. C'est une bonne question. C'est certain que le centre de ski ne contribue peut-être pas aussi intensément à la densification du territoire que... disons l'implantation d'une usine avec 200 emplois à la clé. Toutefois, le centre emploie quand même du monde et il fait partie d'un ensemble d'infrastructures sportives, de loisirs et culturels qui font de New Richmond un endroit où il peut être intéressant de vivre une fois la journée de travail terminée.

Jean-François Samuel a écrit le 12 juin 2013

@Benoît Trépanier Jusqu'ou doit aller une politique d'occupation du territoire? La subvention de centre de ski alpin déficitaire est vraiment pousser l'occupation du territoire un peu loin. Je ne crois pas qu'un centre de ski soit un attrait qui va entraîner une densification de la population assez importante pour qu'il devienne rentable éventuellement. Le Mont Béchervaise à Gaspé pour un bassin de population plus important a vécu sa part de difficultés aussi.

Benoit Trépanier, citoyen de New Richmond a écrit le 11 juin 2013

M. Pelletier, je ne sais si on parle ici de restructuration. Ce que je dit, en d'autres mots, c'est que l'infrastructure doit rester parce qu'elle profite à beaucoup de monde dans la région. Elle suscite, notamment chez les jeunes, un intérêt pour le ski. Toutefois, faire porter ses déficits à la seule population de New Richmond nous mène droit à la fermeture. Il faut collectiviser le risque. D'ailleurs, beaucoup de projets en Gaspésie peinent souvent à se rentabiliser en raison des marchés qui sont petits, mais est-ce une raison pour ne pas les faire ? Je n'en suis pas sûr. Dans une seule logique commerciale, nous fermerions beaucoup de choses en Gaspésie. Pour occuper le territoire, il faut accepter que plusieurs projets aient le soutien de l'état, ou sinon soient menés sous forme de coopératives où le risque est partagé. Gauchiste ? :-)

Benoit Trépanier a écrit le 10 juin 2013

Bonjour citoyen de New Richmond, Si vous n'avez pas le courage de vous identifier, ne mettez pas de commentaire SVP. Personnellement, cette nouvelle m'interroge comme citoyen de New Richmond. Je crois que nous en sommes rendus là. La station de ski Pin Rouge est déficitaire et le sera certainement encore pour de nombreuses années. Au moment où j'ai quitté le journalisme il y a deux ans, nous en étions à plus de 600 milles dollars de déficit accumulé. Et à chaque année, un nouveau déficit vient plomber le bilan de Pin Rouge. Nous parlons plus actuellement de plus d'un million de déficit accumulé (et cette une estimation très prudente). Si le fait de récupérer les taxes remises actuellement à la MRC peut aider à maintenir cette infrastructure qui fait rayonner la Baie-des-Chaleurs, il faudrait que M. Poirier l'envisage sérieusement. C'est un attrait dont l'intérêt et l'usage dépasse largement le territoire de New Richmond. Ce que l'article de M. Rivard ne dit pas, c'est qu'une demande de "régionalisation de l'infrastructure" avait déjà été faite par le passé... demande à laquelle la ville avait reçu un refus net. Mais le temps passe. Une source très proche du dossier m'a confié que la situation financière de Pin Rouge est devenue tellement lourde à porter pour la Ville, que celle-ci devrait envisager la fermeture de la station. Une réflexion régionale s'impose, à mon avis, pour rentabiliser, ou du moins trouver une façon de partager le risque financier.

Citoyen de New Richmond a écrit le 10 juin 2013

Si la MRC de Bonaventure ne veut pas céder le secteur de Pin Rouge. Alors que la MRC contribue financièrement au développement de Pin Rouge. Encore des bâtons dans les roues pour le développement en Gaspésie. Petite question à M. Poirier, Avez-vous déjà mis les pieds à Pin Rouge car vous n'êtes sûrement pas un grand sportif? Vive le ski alpin......

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