Développement économique et exportation

Verreault Navigation : des dizaines d’emplois perdus ?

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
La présidente et chef de la direction de Verreault Navigation, Denise Verreault craint de perdre le contrat d’entretien du traversier Camille-Marcoux, que son chantier naval obtenait depuis plus de 25 ans.

La présidente et chef de la direction de Verreault Navigation, Denise Verreault craint de perdre le contrat d’entretien du traversier Camille-Marcoux, que son chantier naval obtenait depuis plus de 25 ans. Photo : Johanne Fournier

Des dizaines d’emplois de la Haute-Gaspésie pourraient être perdus si le contrat d’entretien du traversier Camille-Marcoux file entre les doigts de Verreault Navigation aux Méchins au profit de Shelburne Shipyard de la Nouvelle-Écosse.

«Ce sont les impôts des Québécois qui s’en iront à l’extérieur du Québec», dénonce la présidente et chef de la direction de Verreault Navigation, Denise Verreault.

La patronne du Groupe maritime Verreaut, qui était la seule entreprise à pouvoir soumissionner sur ce contrat auprès de la Société des traversiers du Québec (STQ) depuis plus d’un quart de siècle, crie à la concurrence déloyale. Jugeant l’appel d’offres du chantier méchinois trop élevé, la STQ a lancé un deuxième appel d’offres ouvert à l’ensemble du Canada.

Ainsi, Shelburne Shipyard a attrapé la balle au bond et a envoyé ses représentants à la conférence des soumissionnaires récemment convoquée par la STQ. «Verreault est invitée à soumissionner de nouveau, souligne la directrice des communications de la STQ, Maryse Brodeur. J’ose espérer qu’ils vont aiguiser leur crayon!» Les soumissionnaires ont jusqu’au 24 octobre pour déposer leur offre.

Mauvais choix

«Ça ne devrait même pas être légal qu’un chantier d’une autre province puisse soumissionner pour un bateau québécois, croit Denise Verreault. Si la Société des traversiers choisit Shelburne, elle n’économisera rien puisque ça va lui coûter aussi cher pour transporter le traversier en Nouvelle-Écosse!» À cela, la porte-parole de la STQ répond : «Si, pour des raisons territoriales, on se retrouve à payer beaucoup plus cher, on ne fait pas un bon choix de dépenses de nos deniers publics!»

Aussi, selon elle, son organisme évalue les soumissions en fonction d’une grille d’analyse où le coût du transport est pris en compte. «Leur grille d’analyse n’est pas publique, dénonce Denise Verreault. Ce n’est pas honnête et intègre.»

Mme Verreault se croit victime d’acharnement. Elle a l’impression que le gouvernement du Québec fait tout ce qu’il peut pour fermer son chantier.

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