Santé, services sociaux et communautaire

Urgence : le réseau de la Gaspésie en bonne posture

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
En 2013, l'hôpital de Gaspé se classait bon premier dans notre région avec un DMS de 9,9 heures.

En 2013, l'hôpital de Gaspé se classait bon premier dans notre région avec un DMS de 9,9 heures. Photo : Thierry Haroun

PERCÉ — La durée moyenne de séjour (DMS) dans les urgences en Gaspésie et aux Îles au cours des cinq dernières années est de 12,8 heures, selon une compilation faite par CHNC à partir des données fournies par l'Agence de la Santé et des Services sociaux de la Gaspésie-les-Îles.

La DMS dans les cinq CSSS entre 2009 à 2013 était respectivement de 12,1 h (2009), 13,5 h (2010), 13,1 h (2011), 14,1 h (2012) et 11,3 h (2013). Cela est largement sous la moyenne provinciale de 17 heures, selon une compilation faite par le journal La Presse.
En 2013, l'hôpital de Gaspé se classait bon premier dans notre région avec un DMS de 9,9 heures suivi de l'hôpital des Îles-de-la-Madeleine avec 10,3 h, de celui de Chandler, (10,8 h), de l'établissement de la Haute-Gaspésie (11,2 h) et celui de Maria ferme la marche avec un DMS de 13,2 h. « Des bonnes nouvelles qui s'expliquent par les efforts consentis par les professionnels et les organismes du réseau régional de la santé », note la présidente-directrice générale de l'Agence, Yolaine Galarneau.  

Elle précise que la DMS ne tient pas juste compte de l'attente à la salle d'urgence, mais elle prend en compte un ensemble d'éléments. « La DMS est calculée du moment où la personne arrive à l'hôpital, que son dossier a été trié puis pris en charge (par le médecin) et jusqu'au moment où une décision est prise (sur son cas), à savoir si cette personne sera hospitalisée ou si elle peut prendre congé. Toute cette période prend aussi en compte les examens de laboratoire, par exemple », précise la PDG de l’Agence.
On rappellera par ailleurs que le tout dernier rapport du Commissaire à la Santé et au Bien-Être avait classé notre région en sixième place sur 15 sur le plan des DMS entre 2003 et 2012. Seules les régions du Bas-St-Laurent, du Saguenay, de Chaudière-Appalaches, de l'Abitibi-Témiscamingue et de l'Estrie ont fait mieux.

Médecin de famille

Maintenant, du côté des médecins de famille, les derniers chiffres qui nous ont été fournis par le ministère de la Santé et l'Agence démontrent qu'il manque 949 omnipraticiens à l'échelle de la province. Or, seule notre région est en surplus avec un médecin équivalent temps plein de trop. Malgré cette bonne nouvelle, il y a 6833 personnes qui n'ont toujours pas de médecin de famille (dossiers orphelins), dont 15 en Haute-Gaspésie et 2195 dans Rocher-Percé.

Cette situation qui s'explique par différents facteurs, fait valoir Yolaine Galarneau. « Dans une région comme la nôtre, les omnipraticiens travaillent beaucoup en milieu hospitalier. Par conséquent, ajoute-t-elle, ça fait moins de médecins de famille qui peuvent faire de la prise en charge de première ligne en cabinet. Il faut voir l'omnipraticien comme quelqu'un qui est très polyvalent, qui fait de l'urgence, de l'hospitalisation, qui dispense des services aux personnes âgées dans le CHSLD et qui fait de la prise en charge en cabinet ».

Par ailleurs, Mme Galarneau indique que contrairement à ce qu'on peut observer dans les grands centres hospitaliers comme celui de l'Hôtel-Dieu de Lévis où on peut retrouver près d'une quinzaine de spécialistes en urgence, les urgences de notre région n'ont pas de médecins spécialistes sur place. « Donc, plus il y a de spécialistes en urgence, moins on a besoin d'omnipraticiens en urgence ».

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