Urgence de Murdochville : les résidants se mobilisent

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les Murdochvillois craignent la fermeture du service de nuit de l’urgence.

Les Murdochvillois craignent la fermeture du service de nuit de l’urgence. Photo : Geneviève Gélinas

Après les résidants de Grande-Vallée, c’est au tour de ceux de Murdochville de manifester aujourd’hui pour le maintien de l’urgence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans leur CLSC.

Les Murdochvillois se réuniront à 11h30 devant leur CLSC, a annoncé la mairesse Délisca Ritchie Roussy. Ils craignent la fermeture du service de nuit de l’urgence, malgré les dénégations du Centre de santé.

«Inadmissible»

Contacté par GRAFFICI.CA, Michel Roy, médecin à Murdochville, déclare qu’il serait «complètement inadmissible» de fermer le service de nuit. Il croit que la population  est inquiète avec raison».

«Je comprends qu’il y a des pressions ministérielles importantes à cause des problèmes financiers des établissements, mais je ne crois pas que ça justifie la fermeture d’urgences dans des communautés isolées.»

94 kilomètres

Murdochville et Grande-Vallée sont situées chacune à 94 kilomètres de Gaspé, où se trouve l’hôpital le plus proche. Le trajet prend 1 h dans le cas de Murdochville et 1 h 15 pour Grande-Vallée.

Des « conséquences graves »

L’achalandage est moindre qu’il y a dix ans au CLSC de Murdochville, admet le Dr Roy. «Mais les gens qui consultent pendant la nuit, ils ne viennent pas pour un toux, dit-il. Ils ont des douleurs thoraciques, des difficultés respiratoires ou viennent de faire un accident d’auto.»

«Une personne qui fait un infarctus et qui n’a pas droit, dans les 30 ou 60 minutes, aux traitements pour re-perméabiliser son cœur, ça peut avoir des conséquences graves», dit le Dr Roy.

«Un accidenté qui a une perforation du poumon pourrait mourir s’il ne peut pas être traité dans les 15 ou 20 minutes pour décomprimer son poumon», ajoute-t-il.

Le CLSC de Murdochville est aussi le théâtre d’un ou deux accouchements d’urgence par année.

Grande-Vallée aussi

Le 9 janvier, la mairesse de Grande-Vallée, Nathalie Côté, avait  convié la population à assister à une entrevue qu’elle accordait à CHAU-TVA sur l’urgence du CLSC local. Selon elle, 250 personnes sont venues manifester leur soutien.

Selon Mme Côté, la fermeture de l’urgence de nuit de Grande-Vallée est dans l’air depuis l’an dernier. «On veut être proactifs parce qu’il y a souvent des solutions pré-déterminées quand les études sont déposées.»

« Loin d’être prise »

«Je comprends les préoccupations des gens, mais la décision est loin d’être prise», affirme René Lepage, directeur général par intérim du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Côte-de-Gaspé, dont font partie les CLSC de Grande-Vallée et de Murdochville.

M. Lepage ne peut pas s’engager à maintenir les services de nuit. Il attend les recommandations d’un groupe de travail. «Je veux qu’on analyse objectivement, en fonction de considérations cliniques», dit-il. Le CSSS traîne un déficit d’opération de 1,5 million de dollars pour l’exercice financier se terminant le 31 mars.

L’Agence régionale de la santé a mis sur pied un groupe de travail pour évaluer les services offerts dans les milieux à faible densité de population. Les résultats seront connus à la fin mars.

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