Affaires autochtones

S’unir pour la protection du territoire : entrevue avec Gary Metallic

Par David Bigaouette, blogueur citoyen, graffici.ca
David Bigaouette, originaire de Saint-Siméon, est candidat à la maîtrise en histoire à l'UQAR.

David Bigaouette, originaire de Saint-Siméon, est candidat à la maîtrise en histoire à l'UQAR. Photo : Offerte par l'auteur

RIMOUSKI, avril 2018 – Le chef traditionnel Gary Metallic invite les Micmacs et les Québécois à s’allier « afin d'arrêter le génocide écologique qui sera infligé à nos eaux et à notre faune, essentielles à la survie de notre peuple et des générations futures ». Il fait ces déclarations alors que la firme d’exploration pétrolière Junex a suspendu ses travaux à Galt, le temps de permettre des consultations des communautés micmaques. Notre blogueur David Bigaouette l’a interviewé.

 

David Bigaouette (D.B.) : En tant que chef traditionnel, comment voyez-vous les principaux enjeux en ce qui concerne le territoire ancestral des Micmacs de la Gaspésie? 

Gary Metallic (G.M.) : Les principaux enjeux cruciaux concernant notre territoire sont les explorations et extractions pétrolières, gazières et minières qui sont menées par ces compagnies voraces et comment nous pouvons les empêcher de prendre le pétrole, le gaz et les minéraux destructeurs du sol.

D.B. : Selon vous, quels sont les moyens pour accéder à une plus grande autonomie et gestion du territoire ancestral?

G.M. : Le meilleur moyen de gérer et d'accéder à une plus grande autonomie dans tout le territoire ancestral du 7e District est de déposer un cas de revendication de titre ancestral devant la Cour Supérieure du Québec. Si nous gagnons, nous aurons le droit de veto pour arrêter ces compagnies voraces et possiblement pour les expulser de notre territoire. 

D.B. : Pensez-vous que les Conseils de bande sont de concert avec les chefs traditionnels pour la sauvegarde du territoire et la gestion de celui-ci? Avez-vous le droit de prendre part aux négociations? 

G.M. : Les trois Conseils de bande du 7e District négocient à huis clos avec le Ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles (MERN) et les compagnies pétrolières, gazières et minières depuis 2004. Les ententes de partage des revenus ont été récemment rejetées. Malgré mon statut de chef traditionnel, je n’ai malheureusement pas le privilège de négocier avec les compagnies et les informations découlant des négociations ne sont pas diffusées au public

D.B : Croyez-vous que les luttes écologiques et environnementales peuvent aider à réconcilier les communautés présentes en Gaspésie? Plus concrètement, comment pouvons-nous construire de meilleures relations entre personnes autochtones et non autochtones?

G.M. : Je crois que les Micmacs et les Québécois peuvent s'unir pour former une alliance commune afin d'arrêter le génocide écologique qui sera infligé à nos eaux et à notre faune, essentielles à la survie de notre peuple et des générations futures. Nous coexistons depuis 500 ans et nous avons partagé nos ressources ensemble, alors les Québécois ne devraient pas avoir peur de supporter un cas de revendication de titre ancestral car la coexistence se poursuivra comme elle le fait depuis des siècles. 

D.B. : Welalieg Gary ! Merci !

Il est à noter que l’entrevue a été traduite de l’anglais au français.

 

Vivant à Listuguj, Gary Metallic est le chef traditionnel du Conseil Tribal du 7e District Gespe’gewa’gi des Micmacs. Il n’a pas été élu mais a été nommé, en 1990, quand des familles de Listuguj ont décidé de relancer le système traditionnel de gouvernance du 7e district.

Son rôle en tant que chef est de servir son peuple, de protéger le territoire ancestral, les ressources naturelles et de conserver le droit ancestral du territoire. Il est donc reconnu par les siens et par les environnementalistes pour ses combats en ce qui touche le territoire micmac.

Le 7e district micmac couvre  la pointe et le sud de la Gaspésie, ainsi que le nord du Nouveau-Brunswick.

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Note sur l’auteur
David Bigaouette est né à Saint-Siméon-de-Bonaventure et est présentement candidat à la maîtrise en histoire à l'Université du Québec à Rimouski qui se spécialise dans l'histoire régionale et autochtone. Passionné de sa région natale, David ne cesse de s'intéresser à l'actualité gaspésienne qui touche la politique, l'environnement, le développement régional et les luttes sociales.

 

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