Agriculture

Une retraite dans les pommes

Par Karyne Boudreau, journaliste, graffici.ca
Nicole Soucy et Mario Cyr possèdent le Verger de la butte, à Miguasha.

Nicole Soucy et Mario Cyr possèdent le Verger de la butte, à Miguasha. Photo : Karyne Boudreau

MIGUASHA, octobre 2018 – Nicole Soucy et Mario Cyr ont élevé leurs enfants à Terrebonne. Originaires de la région, ils sont revenus prendre leur retraite dans les pommes il y a 10 ans. GRAFFICI les a rencontrés.

Le Verger de la butte à Miguasha compte aujourd’hui 300 arbres destinés principalement à la production de 2500 litres de jus écoulés dans des supermarchés et dans plusieurs restaurants de la Baie-des-Chaleurs.

« Le verger était mature quand on est arrivés, mais la "juterie", comme je l’appelle, n’était pas finie, dit Mme Soucy. On a mis des éviers et on s’est mis aux normes pour continuer dans le jus. On fait aussi du cuir de pomme, du beurre de pomme et là on va se mettre au jus de poire à la demande générale… On offre des portes ouvertes, pour les écoles par exemple, et les pommes moins attrayantes sont vendues pour les chevreuils. C’est certain que pour rentabiliser l’affaire, faut multiplier les activités. »

Le couple voit d’un bon œil l’arrivée de nombreux nouveaux pomiculteurs dans la région. « Ce n’est pas la place qui manque et avec de l’imagination, il y a de quoi faire », estime Mme Soucy.

« Mais celui qui démarre son verger ne peut pas s’attendre à faire des profits avant cinq à dix ans, indique M. Cyr. Faut être patient et il faut de l’argent. Mais c’est surtout les cours qu’il faut suivre [...]. Et s’ils peuvent se trouver un mentor, ça aide. Nous, l’ancien propriétaire nous a aidés quelques années et ça a fait une différence, c’est certain. »

La pomme gaspésienne en plein essor
Outre les projets de cidreries en démarrage, il appert que le marché de la pomme en général, qui se portait déjà bien dans la région, connaît un véritable essor ces dernières années.

« Ce qui est clair, c’est qu’il y a de plus en plus de monde qui veut en faire un gagne-pain », observe Stéphane Day, directeur adjoint à la Fédération de l'UPA (Union des producteurs agricoles) de la Gaspésie-Les Îles. La Fédération régionale a vu le nombre de pomiculteurs inscrits passer de trois à sept depuis 2012. C’est sans compter tous les propriétaires et exploitants de vergers non inscrits.

Delphis Porlier est technologue agricole à la direction régionale du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec depuis 35 ans. Il constate aussi une recrudescence de l’intérêt pour la pomme dans la région depuis sept ou huit ans. « Il y a beaucoup de jeunes, des particuliers, qui en font un passe-temps mais qui veulent s’en faire un projet rentable pour leur retraite », dit M. Porlier.
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