Économie

Une lignée d’optométristes

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Louis Thibault a hérité de la caisse d’essai de Roch Thibault, son arrière-grand-oncle, qui a commencé à pratiquer comme opticien en 1917.

Louis Thibault a hérité de la caisse d’essai de Roch Thibault, son arrière-grand-oncle, qui a commencé à pratiquer comme opticien en 1917. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ, janvier 2019 – L’optométriste Louis Thibault garde la caisse d’essai de lentilles de son arrière-grand-oncle Roch dans un tiroir de son bureau, à Gaspé. Et pas seulement pour la fierté que lui procure cet outil de 1917. « Je m’en sers tous les jours », dit M. Thibault. Voici le dernier d’une série de cinq textes sur des commerces gaspésiens passés de génération en génération.

Louis, 3e optométriste de la lignée, possède des appareils bien plus modernes. Mais rien d’aussi pratique que ces lentilles centenaires, qu’il accroche aux lunettes de ses patients pour vérifier s’il vaut la peine de modifier leur prescription.

La caisse faisait partie du kit de base d’opticien – l’optométriste d’il y a 100 ans – de Roch Thibault. Il avait suivi un cours de seulement trois mois, la norme de l’époque. « Ce sont des bijoutiers de formation qui le suivaient parce qu’ils fabriquaient les montures », explique Louis Thibault.

Roch Thibault a pratiqué de 1917 à 1955 sur la 3e rue à Sainte-Anne-des-Monts. Il a notamment fabriqué les premières lunettes de Clément, le père de Louis.

En 1964, Clément Thibault décroche à son tour son diplôme d’optométriste, à l’issue d’une formation universitaire de trois ans. Il ouvre la même année son premier bureau sur la rue Morin, à Gaspé, quelques jours après la naissance de Louis. Liane, la mère de Louis, gérait l’entreprise.

Louis Thibault a d’abord pris un autre chemin : il a complété un baccalauréat en biochimie et une maîtrise en optique physiologique. « Puis je me suis dit : j’aimerais revenir à Gaspé, qu’est-ce que je pourrais faire? C’est là que j’ai décidé d’aller en optométrie […]. Le jour de ma graduation, mon père était particulièrement fier. »

Cette fierté est réciproque. Louis Thibault a monté une vitrine d’exposition dans la salle d’attente de la clinique En vue. On y voit l’ophtalmoscope de Roch et celui de Clément, ainsi que d’autres outils, livres et revues professionnels ayant appartenu aux deux hommes.

« Papa a officiellement arrêté de travailler en décembre 1992 à cause de problèmes de santé. J’ai commencé en janvier 1993. Quand j’avais des interrogations, j’appelais mon père. Après deux ans, il m’a dit : pose donc cette question-là à Lucie! »

Lucie Tremblay, optométriste, épouse de Louis et copropriétaire de la clinique, a quatre ans d’expérience de plus que son mari, d’où la remarque du beau-père.  Le couple a quatre enfants mais aucun ne semble vouloir prendre la relève.

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5 commentaires

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La caisse faisait partie du kit de base d’opticien – l’optométriste d’il y a 100 ans – de Roch Thibault. Il avait suivi un cours de seulement trois mois, la norme de l’époque. « Ce sont des bijoutiers de formation qui le suivaient parce qu’ils fabriquaient les montures », explique Louis Thibault.

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