Agriculture, pêcheries et alimentation

Une étude pour diminuer les risques d'accident sur les homardiers

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Pour la première fois, des chercheurs se sont intéressés aux risques associés à la pêche au homard, qui figure parmi les métiers les plus dangereux.

Pour la première fois, des chercheurs se sont intéressés aux risques associés à la pêche au homard, qui figure parmi les métiers les plus dangereux. Photo : Georges Mamelonet

GASPÉ – La pêche au homard figure parmi les métiers les plus dangereux. C'est la raison pour laquelle des chercheurs ont décidé de se pencher sur le sujet afin d'en dégager des recommandations.

« C'est la première fois qu'il y a une étude dans ce secteur de pêche au Canada, fait savoir l'un des auteurs, le biologiste Francis Coulombe du Centre d'innovation de l'aquaculture et des pêches du Québec (MÉRINOV) de Gaspé. Celui-ci a codirigé l'étude financée par l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail avec deux spécialistes en ergonomie de l'Université Laval, Sylvie Montreuil et Jean-Guy Richard.

Francis Coulombe a procédé aux observations en mer avec un technicien formé par l'École des pêches et de l'aquaculture du Québec de Grande-Rivière, Michel Tremblay. Ils ont monté à bord de sept homardiers, soit trois de la Gaspésie et quatre des Îles-de-la-Madeleine. La région compte un total de 495 équipages qui pratiquent la pêche au homard.

Un métier dangereux

Sylvain Arsenault de Bonaventure fait partie des pêcheurs qui ont participé à l'étude. Le capitaine, qui pratique la pêche au homard depuis bientôt 25 ans, connaît les dangers associés à son métier. Il a déjà vécu des situations qui auraient pu être dramatiques. “Ça m'est arrivé de me prendre le pied dans les cordages et j'ai vu des aides-pêcheurs à qui c'est arrivé aussi”, se souvient-il encore avec effroi, en rappelant les cas récents de deux pêcheurs qui sont tombés par-dessus bord et qui se sont noyés ou qui sont disparus en mer ces dernières années.

Selon le chargé de projet, Francis Coulombe, la première journée de pêche au homard en est une à haut risque. “Ils doivent charger beaucoup de casiers sur leur bateau, illustre-t-il. Le pont est encombré. C'est aussi une activité extrêmement compétitive, où ils doivent faire vite. Les conditions ne sont pas toujours favorables non plus. En mer, quand ils relancent les lignes à l'eau, il y a du cordage sur le pont. C'est facile de se prendre les pieds dedans.”

Les chercheurs ont dégagé deux axes d'intervention prioritaires : le partage de conseils et de trucs entre pêcheurs ainsi que l'amélioration de certains équipements de pêche. Ces recommandations devraient normalement être validées au courant de la prochaine saison de pêche.

Le capitaine Arsenault corrobore ces recommandations. Mais le pire ennemi du marin demeurera toujours, selon lui, le mauvais temps.

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