Éducation

Une autre semaine de grève pour les cégépiens à Gaspé

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Les étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles maintiennent la pression pour convaincre le gouvernement de geler les frais de scolarité.

Les étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles maintiennent la pression pour convaincre le gouvernement de geler les frais de scolarité. Photo : GRAFFICI.CA

Les étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé prolongent leur grève d’une semaine pour contester la hausse des frais de scolarité.

Réunis en assemblée générale lundi, les cégépiens gaspésiens ont voté pour la poursuite de la grève générale illimitée renouvelable sur une base hebdomadaire.

Comme à la dernière assemblée, 54 % des étudiants présents ont voté en faveur de la poursuite du moyen de pression et 46 % ont voté contre. Le taux de participation s’est élevé à 56 %. Les étudiants devront se prononcer sur la reconduction de la grève le mardi 10 avril.

Les cégépiens, qui entament ainsi leur quatrième semaine de débrayage, semblent déterminés à poursuivre leur lutte pour faire entendre leur message au gouvernement Charest.

Mais de l’aveu du président de l’association étudiante, Vincent Olivier-Bastien, de plus en plus d’étudiants s’inquiètent du risque de devoir reprendre leur session. «C’est sûr que plus la grève se prolonge dans le temps, plus ce raisonnement revient», admet-il.

M. Bastien continue cependant de croire que l’établissement scolaire ne peut pas se permettre d’annuler une session, car il serait impossible d’accueillir deux fois plus d’étudiants au cours d’une même session. «Aux dernières nouvelles, la direction n’a pas l’intention d’annuler la session, mais plutôt de la prolonger», assure-t-il.

Une semaine cruciale

La semaine à venir sera cruciale pour le mouvement étudiant. Le gouvernement refuse toujours de négocier avec les étudiants au sujet de la hausse des frais de scolarité et semble faire le pari que le mouvement s’essoufflera.

Selon les derniers chiffres rendus publics par la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), plus de 190 000 étudiants sont toujours en grève générale illimitée à travers la province. Mais plusieurs associations doivent se prononcer cette semaine sur la reconduction du moyen de pression.

«Au point où nous en sommes rendus, je crois qu’il ne faut pas lâcher. J’espère que les étudiants du Québec resteront mobilisés», déclare le représentant des étudiants du Cégep de Gaspé.

Ce dernier précise que ses collègues et lui continueront à organiser des actions symboliques pacifiques cette semaine à Gaspé.

1 commentaire

Julie a écrit le 3 avril 2012

La hausse nuira en premier lieu aux jeunes adultes de la Gaspésie. Commencer à s'endetter à 17 ans, alors qu'on n'a pratiquement jamais travaillé et que nos parents nous soutiennent peu moralement (ils n'ont aucune idée de ce qu'on fait au CÉGEP; beaucoup n'y sont jamais allés), ou s'endetter pour aller faire un DEP qui nous obligera à s'endetter davantage pour déménager où on trouvera du travail, c'est très stressant. Les jeunes qui abandonnent leurs études viennent souvent de familles monoparentales et de régions éloignées. Des milliers de potentiels contribuables de hauts salaires sont écartés de leur destin rêvé pour enrichir des universités, leurs administrateurs et leurs vendeurs de livres, de services (sécurité, entretien, enseignement, informatique, etc.) et de malbouffe. C'est déjà bien parti, parole de nouvelle diplômée. Avec les prêts et bourses et en travaillant beaucoup, j'ai eu 25 mille $ de dettes pour six ans d'université. Des amis qui n'avaient pas accès aux prêts et bourses du gouvernement avaient 40 mille $ et plus de dettes pour le baccalauréat (prêts privés de la caisse ou des banques). Quand-est-ce, pensez-vous, qu'on pourra s'acheter un terrain en Gaspésie et qu'on fera des enfants? Ça va attendre qu'on ait fini de rembourser les dettes d'études, et l'économie locale attendra avec... À côté de ça, plusieurs membres de ma famille ont terminé leurs études universitaires (maîtrise) dans les années 1970 avec des dettes maximales de 8000$... L'équivalent de quoi, 18000$ aujourd'hui? Comme je le disais, j'ai des amis qui ont plus de 40000$ de dettes pour un bacc. Certains ont décidé de retourner chez leurs parents pour les payer plus rapidement. C'est pas la misère, mais c'est pas la liberté non plus! Empirer la situation financière des jeunes pauvres et des familles de classe moyenne qui n'ont pas accès aux prêts et bourses du gouvernement, c'est empêcher des milliers de jeunes de faire des DEP, des techniques, des bacc, des maîtrises, des doctorats... L'endettement étudiant est déjà grand, on paie tous plus de taxes et d'impôt que partout ailleurs au Canada, justement pour avoir des études accessibles : on les a déjà payées nos études! Par le biais de nos grands-parents, de nos parents, de nos oncles, tantes, cousins, cousines... Les impôts, vous savez. Il me semble que les congés d'impôt que les Libéraux donnent au milieu des affaires depuis 9 ans, ça commence à nous rentrer dedans. La taxe santé, la hausse des permis, la hausse de la TVQ, la hausse des droits universitaires, ce sont toutes des mesures qui s'adressent à tous, du plus pauvre au plus riche. On avait décidé en tant que société de financer l'État avec l'impôt sur le revenu, réputé plus juste, pas avec des taxes! Il me semble.

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