Économie

Trois générations aux Vagues vertes

Par Ariane Aubert Bonn, graffici.ca
Bernard Faubert exploite toujours l’établissement fondé par sa grand-mère Victoria Cloutier en 1932 à L’Anse-à-Beaufils.

Bernard Faubert exploite toujours l’établissement fondé par sa grand-mère Victoria Cloutier en 1932 à L’Anse-à-Beaufils. Photo : Ariane Aubert Bonn

L’ANSE-À-BEAUFILS , janvier 2019— De père en fille ou de grand-mère à petit-fils, il existe en Gaspésie des entreprises o des professions passées de génération en génération. GRAFFICI vous en présente cinq, dont certaines ont plus de 100 ans. La première : l’hôtel Vagues Vertes de L’Anse-à-Beaufils.

Bernard Faubert et Nancy Gorman font vivre tout un morceau d’histoire à L’Anse-à-Beaufils, en poursuivant une tradition familiale de trois générations à l’hôtel Vagues Vertes.

Les photos jonchent la table. Les souvenirs refont surface. En 1932, Victoria Cloutier achète une maison surplombant la falaise, tout près du port de pêche. Elle y aménage un hôtel, puis un restaurant cinq étoiles avec son mari qui est chef cuisinier. Rien n’arrête cette entrepreneure qui bâtit également une série de chalets et des unités de motel. 

Lits simples

Chaque unité comprend deux lits simples : pas question de pécher entre les murs des Vagues vertes. Mme Cloutier bâtit aussi une boutique de souvenirs. Elle y vend des bijoux faits à partir d’agates récoltées sur la plage, juste derrière la propriété.

Puis, un bar avec consommation de nourriture est mis en place. « On était obligés de manger quelque chose pour avoir le droit de consommer de la bière.  Alors il y avait toujours un sandwich déposé sur les tables. On appelait ça un sandwich caoutchouc, parce que personne ne le mangeait, mais si les policiers venaient faire un tour, il y avait de la nourriture sur la table », raconte Nancy Gorman, copropriétaire actuelle de l’établissement avec son époux Bernard Faubert.

Sur le côté du bâtiment, un kiosque de bière pour emporter est également mis en place. C'est l’ancêtre des dépanneurs qu’on connaît aujourd'hui, mais on n’y vendait que de la bière.

 

Lits doubles

Dès 1956, Albert Faubert, fils de Victoria et père de Bernard, prend la relève puis devient propriétaire en 1958. Il ajoute sa couleur aux lieux. Les lits simples sont rapidement remplacés par des lits doubles, et le restaurant cède sa place à l’hébergement. Un bar en bonne et due forme vient remplacer le premier bar, sans la permission du curé. Ce bar portera le surnom d’Ous Kaé Bun, et de Chez Faubert. 

Lits queen

En 1994, Bernard Faubert prend la relève de son père pour qui il travaillait depuis déjà quelques années, en compagnie de Nancy Gorman.  Les lits doubles font place à des lits queen. Le bar est désormais le rendez-vous incontournable des amateurs de billard, puisque trois tables y sont installées. 

À cette époque, les revenus touristiques sont en plein essor et finissent même par dépasser ceux du bar au début des années 2000. Ce dernier fermera ses portes en 2011 pour faire place à de nouvelles unités d'hébergement et à un coin-déjeuner. « On a vraiment investi dans la qualité de l'hébergement », indique Bernard Faubert qui en est aux dernières étapes de finition d’un grand balcon qui fait le tour du bâtiment principal.

« 40 % des clients reviennent d’année en année. Certains ont connu les trois générations », se souvient M. Faubert. Avec le temps, ils deviennent amis. Les artistes se produisant à la Vieille Usine passent pratiquement tous par les Vagues Vertes également.

« Ça va faire 25 ans en janvier, qu'on a commencé ici », se rappelle Nancy Gorman devant la panoplie de photos qui témoignent de la riche histoire des lieux.

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