Affaires policières et juridiques

Triste fin pour un marcheur touché par le décès de Marjorie Raymond

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Richard Lavoie avait entrepris une marche de 1 600 km, après avoir été touché par le suicide de Marjorie Raymond de Sainte-Anne-des-Monts.

Richard Lavoie avait entrepris une marche de 1 600 km, après avoir été touché par le suicide de Marjorie Raymond de Sainte-Anne-des-Monts. Photo : Image tirée de Facebook

Richard Lavoie, qui avait décidé de parcourir 1 600 km à pied pour la prévention du suicide, est décédé à mi-parcours il y a quelques jours. Le suicide de Marjorie Raymond, de Sainte-Anne-des-Monts, avait motivé son projet.

Originaire de Longueuil, sur la rive sud de Montréal, l’homme de 56 ans a été retrouvé mort à Saint-Joseph-de-Coleraine, près de Thedford Mines, au Centre-du-Québec. Même si aucune autopsie n’a pu le confirmer, il aurait été foudroyé par un arrêt cardiorespiratoire que l’on soupçonne avoir été causé par l’effort physique à cause du relief montagneux de cette région, combiné à la chaleur et à la déshydratation.

De plus, le marcheur tirait une remorque artisanale d’une centaine de kilos. Celle-ci lui servait d’abri, de porte-bagages et de véhicule promotionnel visant à sensibiliser les passants à sa cause. Il mangeait et dormait dedans.

Pour la première fois cet été, sa carriole était munie d’un panneau solaire alimentant une batterie, où il pouvait y brancher son ordinateur portable et son téléphone cellulaire. Il était d’ailleurs actif sur les réseaux sociaux, dont Facebook et Twitter, informant les gens sur l’évolution de son périple. «Le lac Aylmer… pas fâché d’avoir enfin changé de décor», tel a été son dernier message gazouillé sur Twitter.

Un témoin a appelé les services d’urgence après avoir aperçu le marcheur face contre terre. Son décès a été constaté à l’hôpital de Thetford Mines. Puisque sa mort est considérée comme étant naturelle, aucune enquête ne sera menée par la police ou le coroner.

Quatrième fois

M. Lavoie n’en était pas à son premier périple pour la même cause. Sa première croisade avait été initiée en 2003. Après trois étés à parcourir le Québec, il avait fait une pause de quelques années. Mais, l’automne dernier, le suicide de Marjorie Raymond l’avait ramené à sa cause pour un quatrième circuit.

Avec comme objectif de parcourir 1 600 km en trois mois, le menuisier et musicien était parti de Brossard le 18 juin. Après six semaines à avoir parcouru une partie de l’ouest du Québec, il avait atteint la moitié de son objectif à Sherbrooke, quelques jours avant son décès subit.

Son itinéraire devait se terminer à la fin septembre, après avoir marché au Centre-du-Québec, en direction du Saguenay, puis fait le tour du Lac-Saint-Jean. La région des Laurentides devait mettre un terme à son voyage. Le père de famille n’avait pas l’intention de se rendre jusqu’à Sainte-Anne-des-Monts, là où est survenu le drame très médiatisé par la mort de Marjorie Raymond. Sa destination la plus à l’est devait être Rivière-du-Loup.

Son objectif était de sensibiliser

Le «Forrest Gump» québécois cherchait, par cette longue randonnée, à provoquer des discussions et à faire réfléchir sur le suicide, l’intimidation, la détresse psychologique et la violence conjugale. Il accordait beaucoup d’importance à leur prévention. Il ne manquait pas de rappeler que le Québec a l’un des taux de suicide parmi les plus élevés en Amérique du Nord. Il aimait entendre des histoires de gens qui avaient perdu un proche à cause du suicide. Pour lui, si son voyage permettait de sauver une vie, sa mission n’aurait pas été vaine.

Il avait écrit un livre sur le sujet, intitulé «La prévention du suicide est malade». Il y dénonçait le manque de soutien accordé aux gens qui sont aux prises avec des pensées suicidaires. À la fin de cette marche, il avait l’intention de réaliser un film sur le sujet.

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