Toxicité : le rapport confirme les craintes du maire de Gaspé

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
«C’est faux de dire qu’il n’y a pas de problème de toxicité», affirme le maire François Roussy.

«C’est faux de dire qu’il n’y a pas de problème de toxicité», affirme le maire François Roussy. Photo : Geneviève Gélinas

Loin d’être rassuré par le rapport de toxicité de Pétrolia, le maire François Roussy voit ses craintes confirmées quant à l’utilisation de produits toxiques dans les fluides de forage d’Haldimand n° 4.

Pétrolia a dévoilé mardi le rapport d’un toxicologue sur la dangerosité des produits qui seraient injectés dans le sous-sol de Gaspé.

 «Ça vient confirmer que Pétrolia va utiliser des produits toxiques, avec une toxicité de faible à moyenne, et dont certains sont cancérigènes», affirme le maire de Gaspé.

M. Roussy en déduit que la Ville doit bel et bien appliquer son règlement sur l’eau potable, qui interdit d’introduire «par forage ou par tout autre procédé […] toute substance susceptible d’altérer la qualité de l’eau souterraine ou de surface servant à la consommation humaine ou animale».

«C’est faux de dire qu’il n’y a pas de problème de toxicité», ajoute le maire, qui dit avoir consulté ses propres experts en toxicité et en hydrogéologie. Il ne veut toutefois pas les nommer.

«D’autres questions»

Le rapport soulève «d’autres questions sur l’interaction de ces produits entre eux et la quantité d’eau utilisée», affirme M. Roussy.

Le maire déplore de n’avoir pu lire «que 4 pages sur 29» du rapport. En fait le rapport dévoilé par Pétrolia, daté du 25 février, est un complément à un rapport précédent de 29 pages daté du 20 décembre 2012.

Le président de Pétrolia, André Proulx, déduit du rapport que «les craintes véhiculées par certaines personnes sont tout simplement non fondées». «C’est tout le contraire, estime M. Roussy. Ça montre que Pétrolia manipule l'information.»

Une rencontre avec la ministre Ouellet

Mercredi le 6 mars, le maire sera à Québec pour rencontrer la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui concocte un projet de loi sur les hydrocarbures pour l’automne.

M. Roussy rencontrera aussi le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, dont le ministère prépare un règlement sur l’eau potable qui aura préséance sur celui de Gaspé.

«Pas ébranlé» par la manifestation

Une centaine de personnes ont manifesté mardi soir à Gaspé en faveur du développement du pétrole. «Je ne suis pas ébranlé, réagit le maire Roussy, au sens où les organisateurs espéraient 500 à 1000 personnes. Il y en a eu 100, dont beaucoup de sous-traitants [de Pétrolia].»

Les manifestants souhaitent le développement des hydrocarbures et la protection de l’eau potable, interprète M. Roussy. «On dit tous un peu la même chose.» Le seul désaccord touche la pertinence de forer Haldimand n° 4, dit-il.

3 commentaires

Michel Roy a écrit le 1 mars 2013

J Bernier : Bravo pour votre opinion juridique! Pensez-vous sérieusement que la Ville de Gaspé ne c'est pas backé légalement avant d'adopté sn règlement? Franchement, ce serait mal connaitre le profesionalisme de ses gens-la... Par contre, vous avez raison : quand une loi provincial viendra reglementer LE MÊME champ que la municipalité, le règlement municipale n'aura plus de valeur : mais présentement, le règlement a sa valeur car il ne legifere pas contre une reglementation ne meme nature au provincial : le provincial n'a pas de règlement sur l'eau potable! Quand vous dite que le maire n'est pas transparent, vous parlez à travers votre chapeau : il répète tous le temps qu'il n'a pas l'information et qu'en absence d'information, il veut mieux prévenir que guérir! Même s'il est jeune, il est sage ce maire-là... Les 2 seuls places qu'il y a de l'information : c'est à l'entreprise privé (qui montre juste l'info qui fait son affaire, ça va de soit) et le gouvernement (qui reçoit l'info que la compagnie veut bien lui donner...). C'est ça qui est ça... On a hâte de voir les nouvelles lois provincial (eau et mines) pour régler ses chicanes-là pis pour que le développement se fasse COMME DU MONDE!

J bernier a écrit le 1 mars 2013

Si l'industrie ne vas pas en cours c'est pour 2 raisons: 1 les délais de la justice qui sont déraisonable, 2 les coûts pour l'industrie et pour les citoyens de Gaspé. Possiblement que l'industrie est capable de les payer mais pas les citoyens de Gaspé. Pour la loi sur les compétences municipales, elle ne donne aucun droit de législation au dessus de celles du gouvernement. La nouvelle loi sur la protection de l'eau du ministere de l'environement va automatiquement invalider celle de la ville de Gaspé. (source ministériel) Dans les jeux de mots, le grand gagnant c'est M. Roussy. Avec sa logique on ne mettra plus de chlore dans l'eau de l'aqueduc et des piscines. C'est un produit chimique et c'est nocif. Bravo Personne à la ville de Gaspé ne veut nommé leur sources d'informations ou motter de prétendu rapport. Il conteste sans nous montrer de preuve, encore une fois je me demande qui qui est le plus grand manipulateur....

Gaston Poirier a écrit le 28 février 2013

En plein ça, M. Pelletier : qu'ils aillent en cour! De un, ils en ont les moyens, et de 2, ils prétendent que leurs droits priment sur les droits municipaux... Le hic, ils vont juste faire un saut quand ils vont découvrir la force de la "nouvelle" Loi sur les compétences municipales (de laquel relève le règlement municipale sur l'eau)... C'est pas pour rien qu'ils ne font que MENACER d'aller en cour et qu'ils n'y vont pas! Pour revenir aux produits toxiques, quand tu dis qu'il n'y a aucun produit toxique et que tu dévoile une liste de produits toxiques (dont du silice, cibole!), y a une petite contradiction chez nos amis de Petrolia... En tout cas... On en est pas à la 1re contradiction avec eux ni à leur 1er jeu de mot (ex. stimulation vs fracturation...)

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.