Toujours pas de BAPE pour le pétrole et la cimenterie

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le président du Conseil régional de l'environnement, Steve Pronovost.

Le président du Conseil régional de l'environnement, Steve Pronovost. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – Le Conseil régional de l'environnement Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CREGÎM) n'a pas réussi à convaincre le ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, de la nécessité de faire des Bureaux d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) dans les projets d'exploration et d'exploitation pétrolière en Gaspésie et de la cimenterie de Port-Daniel.

Le président du CREGÎM, Steve Pronovost, a eu l'occasion d'échanger avec le ministre durant une quinzaine de minutes récemment à Sherbrooke, afin de lui exposer les préoccupations régionales.

«Dans les deux cas, on a demandé à ce qu'il y ait un BAPE, parce qu'il manque des informations au niveau des impacts environnementaux», dit M. Pronovost.

«Mais dans les deux cas, cela semble être une fin de non recevoir», déclare-t-il.

Hydrocarbures

Dans le cas des hydrocarbures, la CREGÎM estime que dans les régions où il y a de l'exploration de gaz ou de pétrole au Québec, il y a des BAPE ou des Études environnementales stratégiques. «La Gaspésie, on est un peu orphelin à ce niveau-là. On sait que Québec veut aller de l'avant. On a fait part de nos préoccupations. On verra si ça fera changer l'évolution du dossier», dit M. Pronovost.

Cimenterie

Le CREGÎM souhaite avoir accès à l'étude d'impact déposée récemment par le promoteur de la cimenterie, Ciment McInnis, auprès du ministère de l'Environnement, ce qui a été impossible jusqu'à maintenant.

«On devrait rencontrer le promoteur prochainement pour poser nos questions. Si jamais on n'a pas toutes les réponses, on va voir si on poursuit notre implication au niveau du comité de suivi. On préfère la concertation dans le respect. On verra pour la suite des choses», dit M. Pronovost.

Sur un BAPE spécifique à la cimenterie, le CREGÎM jugeait que le projet devait passer par ce processus, «mais le ministre nous a indiqué que ce n'était pas l'interprétation qu'il faisait du règlement à propos de l'implantation des cimenteries», dit le président.

Selon lui, Québec privilégie les emplois associés à ces projets.

2 commentaires

Albert Picard a écrit le 15 juin 2013

Est-ce la première véritable tentative de pensée de la journée de m. Pelletier, ou est-ce un remuement de cervelle?

Albert Picard a écrit le 15 juin 2013

La nécessité économique de ces projets miniers et pétroliers n'a fait l'objet d'aucune démonstration. Le modèle économique avec lequel nous avons toujours vécu ici, au Québec en particulier, a largement fait usage des ressources naturelles. Dans certains cas, nous sommes allé jusqu'à l'épuisement de celles-ci (pour ne citer qu'un seul exemple, les ressources halieutiques font encore saigner nos plaies aujourd'hui). Dans tous les cas ou presque, le prélèvement des ressources naturelles n'a pas laissé de place à la transformation autre que primaire. Mais nous avons vu s'éloigner bien des bateaux avec les cales bien remplies de ressources brutes. En 2012, nous avons investi 10 millions $ dans PETROLIA, via Investissement Québec pour se porter acquéreur d'une partie du capital action de cette pétrolière. Prix payé autour de 1,50$ l'action. Cours actuel : 0,73$ l'action. Perte : 51%. La compagnie, à ce jours, de peut toujours pas prouver l'existence d'une quantité de pétrole commercialement exploitable qu'elle pourrait mettre à son actif. Alors on continue de forer. Avec cette nouveauté que le gouvernement autorise la fracturation et assume dès lors tous les risques qui y sont associés. La compagnie de fait pas un sous de profit, le gouvernement essuie une perte de 51% dans cette pétrolière. Est-ce qu'on doit encore s'étonner que nous avons accumulé une dette de 250 milliards $ au Quebec? Si il y a contamination du sol et de son eau potable puisque c'est de ça dont il s'agit lorsqu'on fore avec fracturation, on va prendre l'argent où pour réparer les désastres? Et combien cela va-t-il coûter? Est-ce vraiment ce modèle de développement que nous voulons? Pourquoi le gouvernement ne veut-il rien savoir d'un BAPE? Il n'est pas une autruche. Le journaliste Nestor Turcotte écrivait dans le Transgaspésien du 12 juin que le Nord s'enrichit sur le dos des habitants pauvres du Sud, que ceux-ci en mouraient (10 millions d'enfant meurent de faim chaque année). Il écrit justement : " Le Nord vit grassement parce [ ... ] qu'il siphonne les richesses des sous-sols du Sud.". Ici, avec notre modèle de développement, nous allons mourir étouffés . Étouffés par notre dette.

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