Le ton monte entre Sylvain Roy et Damien Arsenault

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le député sortant dans Bonaventure, Sylvain Roy et le candidat libéral, Damien Arsenault, s'affrontent pour une 3e fois consécutive.

Le député sortant dans Bonaventure, Sylvain Roy et le candidat libéral, Damien Arsenault, s'affrontent pour une 3e fois consécutive. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Le début de la campagne électorale dans Bonaventure a été marqué par des échanges musclés entre le député sortant, Sylvain Roy, et son adversaire, Damien Arsenault. Le libéral a notamment qualifié l'élection de M. Roy en 2012 « d'accident de parcours », tandis que le péquiste a accusé M. Arsenault de « manquer de respect » envers les électeurs.

Les premières flèches sont venues de Damien Arsenault lors de son lancement de campagne vendredi dernier à New Richmond. Celui qui a remporté l'investiture de son parti en septembre face à André Poirier et François Whitton a fustigé le bilan du Parti québécois, lui reprochant d'avoir renier son engagement d'atteindre le déficit zéro et d'abolir la taxe santé. Selon lui, le gouvernement Marois « a trompé la population ».

Plus près de nous, dans Bonaventure, M. Arsenault a reproché au député sortant « d'avoir échoué dans son rôle de représenter les citoyens » de la circonscription. « Plusieurs décideurs m'ont confirmé n'avoir jamais rencontré leur député. D'autres disent avoir aucun ou très peu de suivi de leurs dossiers », a-t-il déclaré.

Le candidat libéral a ajouté que Sylvain Roy a « fait beaucoup de promesses qu'il n'a pas respectées » pendant son mandat. « Je peux vous parler de la Maison Le Radeau à Chandler. M. Roy était supposé de s'occuper de ça, mais à ma connaissance, les responsables ont lancé la serviette », faisant ainsi référence à la fermeture définitive de la maison de soins palliatifs, causée par des difficultés financières.

Sylvain Roy réplique

Il aura fallu attendre mercredi avant d'entendre la réponse du député sortant, qui est venue lors de son lancement de campagne à Carleton-sur-Mer. D'entrée de jeu, le péquiste a déclaré n'avoir « pas beaucoup de temps à perdre à discréditer les candidats des autres partis », mais a tenu à répliquer à M. Arsenault. « Quand j'entends le candidat du Parti libéral dire que notre élection, c'est un accident, c'est d'avoir très peu de respect pour le jugement de la population », a-t-il mentionné.

M. Roy rejette pars ailleurs les critiques voulant qu'il ait échoué dans son rôle de représenter les citoyens. Selon lui, les propos de M. Arsenault sont une stratégie « pour discréditer l'action » de son gouvernement. « J'ai trois bureaux, quatre employés. Je suis dans la circonscription du vendredi au lundi du matin au soir à recevoir les gens. Nous n'avons jamais refusé une rencontre avec qui que ce soit », a-t-il dit sèchement déclaré.

Le Radeau

En ce qui concerne la Maison le Radeau, M. Roy refuse d'encaisser les critiques formulées par son vis-à-vis libéral. Le péquiste considère que ce dossier a été l'un des plus ardues depuis qu'il est en politique. « On n'était pas dans des questions de sous, dans des questions de dynamiques interpersonnelles. On avait un fichu problème à assoir tout le monde autour de la table. Gaétan Lelièvre a essayé, j'ai essayé. On a tout fait ce qu'on a pu. Ce n’est pas qu'on n’a pas essayé », s'est-il défendu.

Questionné à ce sujet, le président du conseil d'administration de la Maison Le Radeau, Jean-Yves Abdelnour, donne raison à M. Roy, en ne jetant pas le blâme ni sur lui, ni sur son prédécesseur. Ce dernier précise qu'il ne s'agit pas d'une question politique, mais que le blocage provenait plutôt de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Gaspésie-les-Îles et du CSSS du Rocher-Percé. « On a eu des appuis des députés péquistes et du député libéral du temps, mais ça n'a jamais débloqué », raconte le président du CA, rappelant que la maison aurait eu besoin d'un financement supplémentaire du réseau de la santé. « L'Agence est souveraine dans ses décisions. C'est comme si un député essayait de faire des pressions sur un juge », a-t-il insisté pour illustrer qu'aucun blâme des administrateurs n'est adressé aux élus locaux dans ce dossier.

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