Affaires municipales et développement régional

Terrains contaminés : la facture à la minière

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
La minière Glencore Xstrata paierait la facture s’il fallait excaver des sols contaminés en profondeur à Murdochville.

La minière Glencore Xstrata paierait la facture s’il fallait excaver des sols contaminés en profondeur à Murdochville. Photo : Geneviève Gélinas

MURDOCHVILLE – La contamination des sols en profondeur n’est pas de nature à nuire au développement de Murdochville, estime la mairesse Délisca Ritchie Roussy. La Ville s’est entendue avec Glencore Xstrata (anciennement Noranda) pour que la minière paie les coûts supplémentaires en cas d’excavation.

 

Dans son numéro du 1er février, le journal Les Affaires a répertorié les terrains contaminés sur une carte du Québec. À Murdochville, 370 lots sont identifiés comme contaminés aux métaux et semi-métaux dans la ville et le parc industriel.

« C’est tout à fait normal, dans une zone minière, d’avoir des contaminants naturels sous forme de métaux », déclare d’emblée Mme Roussy.

De 2007 à 2009, Glencore (anciennement Noranda) a décontaminé en surface 900 propriétés à Murdochville, y investissant 115 millions de dollars. Sur les lots résidentiels, la firme a fait enlever les 30 premiers centimètres, et les a remplacés par de la tourbe.

Compte en fiducie

À cette époque, Glencore a créé un compte en fiducie au cas où des sols contaminés devraient être excavés en profondeur. « Nous devrions venir avec nos travailleurs, notre machinerie, et envoyer les sols au parc à résidus miniers [près de la ville] », explique la mairesse. Glencore réglerait la facture via la fiducie, précise-t-elle. Un promoteur privé pourrait également s’en prévaloir.

La Ville dispose d’un règlement qui fixe les conditions des travaux d’excavation, avec des exigences sur l’échantillonnage des sols, leur analyse et la façon d’en disposer.

Encore dans le répertoire

Dans le Répertoire des terrains contaminés du ministère québécois de l’Environnement, le sol de terrains de Murdochville est toujours identifié comme contaminé au cuivre, au molybdène, à l’arsenic ou au plomb. La réhabilitation y est qualifiée de « non terminée » malgré les travaux de Glencore.

« C’est pour garder une trace de la contamination en profondeur et éviter une mauvaise gestion de ces sols, qu’il faut envoyer dans un lieu autorisé », explique Frédéric Fournier, porte-parole du ministère.

Le ministère a bel et bien approuvé le plan de réhabilitation de la minière en 2006, confirme M. Fournier. Dans ces cas-là, « un comité d’experts valide les données pour s’assurer qu’il n’y ait pas de danger pour la population ».

1 commentaire

Albert Picard a écrit le 7 février 2014

Sorti des archives : Au printemps 1998, Noranda annonçait la fin de ses opérations minières. Dès l'automne 1999, elle fermait sa division Mines Gaspé située à Murdochville, en Gaspésie. La compagnie annonçait que la mine de cuivre n'était plus rentable à exploiter. Selon Serge Marquis, porte-parole de Mines Noranda, les réserves de cuivre connues seraient épuisées. Il s'agit d'une conséquence directe de l'épuisement progressif du minerai exploitable de manière SÉCURITAIRE et économique. Ajouté aux archives : Selon la mairesse de Murdochville, il est tout à fait normal, dans une zone minière, d'avoir des contaminants "naturels" (c'est-à-dire cuivre, molybdène, arsenic, plomb) sous forme de métaux. Madame Ritchie a-t-elle communiqué ces informations, qui n'ont aucune importance pour monsieur Gagnon, lui qui se promenant beaucoup à Port-Daniel depuis quelques temps, avec une extinction de la voix, répète que la Cimenterie sera la plus sécuritaire au monde. La parole est d'argent, le silence est d'or.

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