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Solution saline : Québec avait dit à la SCFG que c’était une mauvaise idée

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a de la misère à comprendre l’utilisation d’une solution saline sur la voie ferrée.

Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a de la misère à comprendre l’utilisation d’une solution saline sur la voie ferrée. Photo : Nelson Sergerie

CARLETON-SUR-MER – Québec avait averti en juin la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) que l’utilisation d’une solution saline pour contrôler la végétation dans l’emprise ferroviaire était « préoccupante ».

Dans une lettre adressée à la SCFG le 18 juin dernier dont GRAFFICI.CA a obtenu copie, on y lit que « ce programme semble plus expérimental que conventionnel et le ministère des Transports est préoccupé ».

Le ministère avait même prévenu la SCFG qu’elle pourrait faire face « à des problèmes de fiabilité des signaux automatique aux passages à niveau et d’une corrosion accélérée du rail et des structures métalliques ».

Le ministre Gaudreault mécontent

Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a beaucoup de difficulté à comprendre « l’épandage de sel sur les voies ».

« Quand on donne un soutien important, il faut que les principaux concernés se donnent une chance. Moi, j’ai appris ça dans mon cours de physique en secondaire I que le sel, ça donnait de la corrosion», lance le ministre.

« J’ai de la misère à comprendre, laisse tomber le ministre. Aidez-nous à vous aider pour que le chemin de fer soit durable en Gaspésie. »

Québec rappelle qu’il a versé quelque 35 millions de dollars jusqu’à maintenant afin de réhabiliter la voie ferrée entre Matapédia et Gaspé. Il faut 100 millions de dollars pour réparer la voie pour la rendre sécuritaire pour les 25 prochaines années.

Réplique cinglante de la SCFG

« On se cherche des excuses pour ne pas vouloir investir les 70 millions $ qu’on a besoin pour le chemin de fer », lance le président de la SCFG, François Roussy.

Relatant les tenants et aboutissants ayant mené à la décision d’utiliser la solution saline, il rappelle que les herbicides contreviennent à des règlements municipaux en raison des impacts sur la santé des gens.

« La corrosion a été supérieure à ce qu’on s’attendait et ce qu’on sait aujourd’hui, c’est qu’on aurait dû utiliser un autre produit qui vient neutraliser l’effet du sel sur la corrosion. On regarde si on n’a pas des recours parce qu’on a peut-être été mal conseillé. »

Il défie le ministre Gaudreault, qui est aussi ministre des Affaires municipales : « À moins que M. Gaudreault me dit qu’on peut contrevenir à des règlements municipaux, qu’on m’envoie une lettre et on pourra utiliser des herbicides », lance M. Roussy.

Trafic suspendu

Au début du mois, la SCFG avait suspendu le trafic ferroviaire durant quelques jours afin d’inspecter l’ensemble de la voie ferrée. L’utilisation d’une solution à base d’eau salée pour combattre la végétation avait provoqué un bris d’équipement sur les signaux lumineux d’un passage à niveau entre Matapédia et New Carlisle. La société avait également constaté une corrosion rapide et importante du rail et des joints de rail.

Via Rail a suspendu ses activités, le temps que le transporteur ferroviaire ait reçu un rapport confirmant le bon fonctionnement des signaux lumineux.

5 commentaires

paul houle a écrit le 7 juillet 2014

Vive les écolos...aucune formation, aucune étude sérieuse et oups on mets une solution saline. C'est cool et super écolo le sel!!! Écolo : que des bons sentiments. Ca donne ça. Pas sérieux... VIA n'est coupable de rien. Blâmez votre SCFG pour ce gâchis.

Margret Grenier a écrit le 29 août 2013

Félicitations au ministre des Transports. De plus, j'invite les lecteurs à lire l'article Graffici du 29 août 2013 "Herbicides chimiques : mécontentement à Gaspé", où il est question d'une autre alternative, le balai mécanique, que nous avions recommandé à la SCFG.

joseph Leblanc a écrit le 29 août 2013

C' est vrai qu'ont pourraient faire venir des mexicains et des Philippins pour arracher les mauvais herbes, parce que nous nous avons pas le temps.... Nous sommes tellement occupés par des comités pour bloqués touts , et des commissions sur l' emploi .......

Pascal Henry a écrit le 29 août 2013

Une question me viens d'une idée de fous me trotte dans la tete et j'imagine que d'autre avant moi y ont aussi pensé. Est-il envisageable de faire le travail manuellement ? si c'est non, on continue a se creuser la tete. Si c'est oui, je vois deja plein de possibilitées qui meritent d'etre regardées. Entre autre, chaque municipalité pourait etre en charge du troncon qui traverse son territoire et la main d'oeuvre pourais provenir des ''projets''.... Ou encore, plein de gens manifestent pour sauver le rail en gaspesie. Au lieu d'aller manifester devant des gares vides, pourquoi ne pas faire quelque chose d'utile et organiser une journée citoyenne du genre: ''je m'implique pour garder mon rail'' ou la population serait invité a venir désherber son metre de rail en échange d'une balade en train... 1 metre de désherbage en echange de 1 km en train..... Un bon vieux ''brainstorm'' pourais surement voir imerger des solutions novatrices.

Gaston Langlais a écrit le 29 août 2013

Bonjour, Je crois que la solution saline a aussi pour effet de stimuler la croissance de certains végétaux indésirables. Les endroits où il y avait des déversements de saumure des usines de transformation de poisson salé présentaient quand même une végétation assez dense. Est-ce que d'autres personnes auraient observé le même phénomène? Gaston Langlais - Gaspé.

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