Santé, services sociaux et communautaire

Soins aux personnes âgées : « préoccupants », selon les infirmières

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le développement des soins à domicile n’a pas compensé pour les réductions de services dans les hôpitaux, estime la présidente du SIIIEQ, Micheline Barriault.

Le développement des soins à domicile n’a pas compensé pour les réductions de services dans les hôpitaux, estime la présidente du SIIIEQ, Micheline Barriault. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – Le Syndicat des infirmières, des infirmières auxiliaires et des inhalothérapeutes de l’Est du Québec (SIIIEQ) dénonce les soins donnés aux personnes âgées dans la région, qui ne seraient pas à la hauteur des besoins.

Les soins à domicile sont « nettement insuffisants » et la situation des centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) est « préoccupante », selon un portrait dressé par les membres du SIIIEQ, 17 ans après le « virage ambulatoire » entamé par Québec.

Ce virage préconisait de transférer une partie des ressources des hôpitaux vers les soins à domicile. Depuis, le nombre de lits dans les CHSLD a bel et bien été réduit d’au moins 25  % dans chaque MRC de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, calcule le SIIEQ.

Toutefois, les soins à domicile n’ont pas été rehaussés en conséquence, explique la présidente du Syndicat, Micheline Barriault. Les infirmières ont trop de patients répartis sur un vaste territoire et l’aide domestique manque, ce qui entraîne souvent une détérioration de la santé des aînés.

« On demande une vraie réallocation dans les soins à domicile, dit Mme Barriault. C’est ce qui devait se faire, mais l’argent dégagé par les fermetures de lits s’est plutôt transformé en économies lors de compressions budgétaires. »

CHSLD : des cas lourds

Dans les CHSLD, les normes d’admission ont été resserrées et les cas hébergés sont de plus en plus lourds. « Pourtant, les ressources humaines et financières n’augmentent toujours pas », indique Mme Barriault.

Le Syndicat rapporte que des clients n’ont droit qu’à un bain par semaine, qu’ils doivent aller aux toilettes à heure fixe, se lever à 5 heures pour déjeuner à 8 h et que leurs prescriptions médicales ne sont pas respectées.

Ce ne sont pas des cas isolés, affirme la présidente. « C’est le fonctionnement habituel dans les CHSLD. […] On essaie de nous faire croire que les CHSLD sont des milieux de vie. Mais quand tu en es là, c’est que tu as un grand besoin de soins et il faut que ces soins soient adaptés à ton état. »

Le SIIIEQ exige davantage de personnel dans les CHSLD pour dispenser les soins et la réouverture d’une partie des lits fermés, afin d’enrayer les listes d’attente.

Le Syndicat compte 1410 membres en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.

1 commentaire

Jean Yves Caron a écrit le 23 avril 2014

Merçi Mme Barriault de dénoncer cette situation, mais malheureusement, nos politiciens et fonctionnaires ne voient rien de tout ça étant trop préoccupés par leurs chiffres... et leur bien-être personnel $$$. Je leur souhaite à tous de se retrouver dans la même situation un de ces jours!

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