Six minutes pour briser les préjugés sur la Gaspésie

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Les Québécois pouvaient proposer des vidéos allant à l’encontre d’un cliché sur la Gaspésie. Six vidéos sont en lice jusqu’à vendredi.

Les Québécois pouvaient proposer des vidéos allant à l’encontre d’un cliché sur la Gaspésie. Six vidéos sont en lice jusqu’à vendredi. Photo : Gracieuseté

GASPÉ - La Commission jeunesse de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CJGÎM) a lancé le concours «brise les mythes» afin de modifier les préjugés sur la région. Six vidéos amateurs sont en lice sur Internet, brisant par exemple l’idée du Rocher Percé comme unique chose à voir ou du chômage chez les jeunes.

«C’est maintenant facile de faire des vidéos, les gens aiment les partager sur les réseaux sociaux et cela permet de libérer son imagination», explique la porte-parole de la commission, Sandra Mc Neil. Âgés de 17 à 36 ans, ces travailleurs et étudiants québécois ont cherché à montrer de différentes manières la Gaspésie.

Six personnes ont proposé leur film d’une minute pour montrer leur vision, en allant contre les stéréotypes. Les votes pour élire la meilleure production s’arrêteront vendredi à 16 heures. 

« Ça sent la crevette ? Non. »

«Nous avions proposé le mythe de l’absence d’emploi en Gaspésie mais les participants se sont attaqués à d’autres idées véhiculées qui ne reflètent pas la réalité. Par exemple : Y’a juste le Rocher Percé ou ça sent la crevette», décrit Mme McNeil.

Les participants utilisent l’humour pour illustrer les clichés sur le chômage des jeunes ou l’alcoolisme. Sur les six, deux personnes résident en dehors de la région. «C’était aussi un moyen de se confronter à un point de vue extérieur», ajoute Mme McNeil.

Un solde migratoire positif

Pour la CJGÎM, ce concours rentre dans le cadre de la stratégie d'établissement durable qui sera lancée en juin avec la Conférence régionale des élus (CRÉ).

Les statistiques de la commission jeunesse montrent que la région se peuple peu à peu. Le solde migratoire, toute tranche d'âge comprise est neutre cette année, après avoir été positif au cours des deux dernières années. 

«La tranche d’âge des 15-24 part souvent continuer des études universitaires en dehors de la région mais ce qui est positif c’est que depuis 10 ans, il y a plus de personnes âgées de 25 à 34 ans qui s’installent en Gaspésie qu’il n’en part», analyse l’agente de  communication. Le solde migratoire des 0-14 ans est positif, ce qui signifie que les jeunes reviennent avec des enfants.

5 commentaires

Gaston Langlais a écrit le 27 mai 2013

Bonjour, @ Dany: Lorsque l'on parle des vieilles personnes, il faut toujours avoir présent à l'esprit qu'elles appartiennent aux générations de pionniers, de bâtisseurs. J'ouvre ici une parenthèse pour souligner l'immense travail des femmes au développement de nos régions. Mon vieil ami, maintenant disparu, Michel Chartrand, disait toujours dans ses prestations publiques et avec tellement de justesse "Ce sont les femmes qui ont bâti le Québec", Donc les bâtisseurs l'ont réalisé à force de bras le développement de la Gaspésie comme celui du Québec tout entier. Souvent les efforts fournis étaient tout simplement héroiques. Un abîme les séparait des grandes écoles. Cependant, ils ont pris en charge leur descendance. Les dernières générations sont mieux équipées, plus scolarisées. Mais voilà, ces forces vives nous quittent sur une base permanente depuis les années 70, encouragées par surcroît par nos gouvernements dont les devoirs à remplir envers la Gaspésie ne figuraient même pas au pied de la liste de leurs préoccupations. En paraphrasant la maxime du train et bien, on ne peut plus le regarder passer parce qu'il ne passe plus. Notre existence comme Gaspésiens et Gaspésiennes n'a jamais été aussi fragile. Qu'ils se lèvent donc ceux et celles qui peuvent encore le faire afin d'assurer l'avenir de notre région. Parlons-en aussi aux vieux, ils et elles attendent depuis trop longtemps déjà le retour du balancier. Gaston Langlais - Gaspé.

Dany Blais a écrit le 26 mai 2013

@Gaston : Il y a tellement de vieux en Gaspésie qui n'ont aucune connaissance démographique, mon grand-père croyait qu'il y avait 300 000 personnes en Gaspésie... Ils sont désillusionnés et ils sont nostalgiques de leur vieille Gaspésie... Malheureusement, les Gaspésiens sont en général beaucoup plus vaillant avec leurs bras qu'avec leur tête, ce qui explique à mon avis le manque de vigueur économique...

Jean-François Samuel a écrit le 24 mai 2013

La crevette c'est un préjugé mais dans le temps, pas si lointain, ou il y avait encore de la morue en abondance qui séchait sur les vigneaux, quand le vent soufflait de la mer ça sentait l'odeur sulphureuse de la morue qui sèche, sans parler des quelques usines de farines de poisson qui répandaient aussi leurs bonnes effluves. Maintenant ça sent meilleur mais.......

Sandra McNeil a écrit le 24 mai 2013

Bonjour Monsieur Langlais, Mon objectif n'est pas de me lancer dans une guerre de chiffres. En effet, la population globale de la Gaspésie diminue. Le solde migratoire quant à lui ne calcule pas les naissances et les décès, mais bien les déménagements. Ce dont on peut se réjouir au cours des dernières années, c'est de voir que le nombre de personnes qui déménagent à l'extérieur de la région a grandement diminué. Au début des années 2000, le déficit arrivées-départs était à - 1000. Aujourd'hui se solde est neutre. Tout n'est pas rose et tout n'est pas parfait. Mais je crois qu'il faut reconnaître les avancées faites et construire sur celles-ci afin d'assurer un bel avenir à notre région. Plusieurs actions ont mobilisé bon nombre de gens au cours des dernières années dans la région afin d'amener plus de personnes à choisir de vivre ici. Ces actions se poursuivront et d'autres s'ajouteront au cours des prochains moins. C'est ensemble, en se faisant chacun à notre manière ambassadeur de notre région, que nous donnerons le goût aux autres de venir y vivre ou d'y rester.

Gaston Langlais a écrit le 24 mai 2013

Bon matin, Je veux bien moi aussi disposer de certains mythes qui entourent la Gaspésie. Il faut cependant éviter d'enrober la vérité au point de la déguiser. Ainsi, lorsque l'on parle de solde migratoire positif ce n'est pas tout à fait exact. Voici donc quelques chiffres pour nos cinq MRCs du territoire: En 1996, la population totalisait 92 461 habitants, en 2001: 85 541, en 2006: 81 996 et en 2011: 80 188 personnes. Ces données officielles ne sont pas de nature à dire que notre région se peuple peu à peu. Il est vrai que plusieurs jeunes reviennent après leurs études. Un comité d'accueil qui souligne leur arrivée c'est bien. Mais ce n'est pas avec un verre de vin, un morceau de fromage et une petite tape dans le dos que leur intégration est assurée. La réalité c'est que plusieurs doivent partir à nouveau et que d'autres font des sacrifices énormes pour y demeurer comme par exemple accepter un emploi précaire tout en espérant des jours meilleurs. En attendant que les prophéties d'Emploi-Québec se matérialisent, il en sera ainsi. Le danger qui nous guette d'ici 15 ans, à moins d'un revirement économique spectaculaire, c'est de perdre encore une tranche de 17 000 habitants alors que nous sommes déjà sous le seuil critique. Gaston Langlais - Gaspé.

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