Sauvegarde du chemin de fer : importante mobilisation

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Les élus de la région joignent leur voix à celle de la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCGF) qui demande de renouveler l’aide gouvernementale pour entretenir et exploiter le réseau ferroviaire dans la région.

Les élus de la région joignent leur voix à celle de la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCGF) qui demande de renouveler l’aide gouvernementale pour entretenir et exploiter le réseau ferroviaire dans la région. Photo : CRÉGÎM

De nombreux élus, des gens d’affaires et des citoyens se sont rassemblés mardi matin à New Carlisle pour témoigner de l’importance de sauvegarder le chemin de fer en Gaspésie.

Les nombreux intervenants, qui s’inquiètent de la survie du rail gaspésien, ont ainsi répondu en grand nombre à l’appel lancé par la Société du chemin de fer de la Gaspésie.

Rappelant l’histoire du rail au cours des dernières années alors que le Canadien Nationale et la Société du chemin de fer du Québec en étaient les propriétaires, le président de l’organisme et maire de Gaspé, François Roussy, sans nécessairement pointer du doigt les deux entreprises, souligne que l’infrastructure a été victime de sous-financement.

«Ce n’est pas un blâme mais, ces entreprises privées n’ont pas investi les sommes dans l’infrastructure dans une vision à long terme. On comprend qu’elles voulaient des bénéfices à court terme, mais le rail a été abandonné au cours des 25 dernières années. Il faut confirmer à l’ensemble des entreprises gaspésiennes et à celles qui voudraient venir s’installer ici qu’elles peuvent compter sur le rail à long terme», a-t-il déclaré.  

M. Roussy affirme que 19 millions $ seront nécessaires en 2012 et 93 millions $ pour les cinq prochaines années pour assurer la pérennité du service. Ottawa et Québec sont interpellés. «Le 31 mars si nous n’avons pas de réponse, on devra fermer le rail. Jusqu’à présent, les négociations vont bien, mais le temps presse», estime M. Roussy.

Avec la prise en charge du service par la Société du chemin de fer gaspésien en 2011, plus de 445 000 $ de surplus ont été dégagés après des années de déficits.«Si on veut être meilleur en économie et en écologie, on doit investir dans l’infrastructure», a ajouté le maire de Gaspé.

Le président de la CRÉGÎM, Bertrand Berger, croit que la région ne peut se développer sans le chemin de fer. «Si on se compare, nous n’avons pas d’autoroute, le service aérien commence à être un peu mieux, mais demande à être davantage développé. Cela est sans compter les ports de mer qui nécessitent des investissements importants. C’est impensable de ne pas avoir de rail. Nous avons 15 millions $ de projets reliés au chemin de fer en Gaspésie. Non seulement on mérite que les gouvernements investissent, mais on nous le doit.»

Une opinion que partage la mairesse de New Richmond, Nicole Appleby. «Le plan de développement économique de la Ville a été vendu au Québec et à l’international avec le rail. Des entreprises sont installées ici et d’autres veulent s’établir. On les perdra si le service est interrompu. J’ai espoir que les deux gouvernements soient à l’écoute.»

Le préfet de la MRC Bonaventure, Jean-Guy Poirier, se dit d’ailleurs nullement gêné de demander de l’argent aux deux paliers de gouvernement. «On développe actuellement le nord Québécois. Il ne faudrait pas oublier le sud».

Les gens d’affaires se mobilisent

Les nombreux gens d’affaires ont également rappelé l’importance du rail pour leur entreprise. Le président de Gaspésie Diesel, de New Richmond, Gilles Babin, souligne que son entreprise a signé de nombreux contrats et d’autres sont en négociation.«Nous avons un projet d’expansion de 2,5 millions $ à New Richmond. Vous comprendrez que le chemin de fer est capital pour nous.»

Le président directeur général de Fabrication Delta, François Arsenault, cautionne la mobilisation populaire et affirme que, sans le rail, son entreprise sera forcée de quitter la région. «C’est impensable d’avoir une industrie comme la nôtre sans rail. Avec le train, nous réduisons le coût de transport de façon importante. Si le train s’en va, nous serons aussi obligés de nous en aller.»

Secteur touristique

La présence d’un rail en Gaspésie est aussi capitale pour le secteur touristique, ont rappelé plusieurs intervenants. Le président d’Escale Gaspésie, Gaétan Lelièvre, souligne que 36 000 croisiéristes devraient accoster en Gaspésie en 2012. «Le projet de train touristique actuellement en développement est un élément essentiel pour attirer les touristes.»   

Présent à l’événement, le député de Bonaventure, Damien Arsenault, a promis son aide. «Nous avons l’intention d’être là. L’analyse se fait actuellement. Une réponse devrait être parvenue rapidement.»  

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