Saumons morts sur la rivière York à Gaspé: ça recommence

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les saumons de la York seront dénombrés le 2 juillet, pour s’assurer que leur nombre permet aux pêcheurs de conserver leur prise.

Les saumons de la York seront dénombrés le 2 juillet, pour s’assurer que leur nombre permet aux pêcheurs de conserver leur prise. Photo : Gracieuseté - Société de gestion des rivières de Gaspé

Des saumons morts recommencent à s’échouer sur les berges de la rivière York, à Gaspé. Les gestionnaires de la rivière tentent d’identifier la cause de ces mortalités, qui frappent une rivière de Gaspé pour une quatrième année consécutive.

«Au début juin, on a commencé à observer des poissons malades, avec des petites plaques blanches de champignons autour de la tête et des nageoires. Et les mortalités ont commencé à la mi-juin», rapporte Valérie Bujold, biologiste au ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Le 21 juin, on dénombrait une quinzaine de saumons morts.

Les poissons meurent du Saprolegnia, un champignon présent dans l’eau. Toutefois, ce champignon n’affecte que les saumons déjà atteints par une maladie, un stress ou des blessures. La cause première du problème reste donc à déterminer.

Pas la première fois

L’an dernier, les gardiens de rivière avaient retrouvé 121 saumons morts sur la York entre la fin juin et le début d’août. La Société de gestion des rivières de Gaspé, qui gère la pêche au saumon, évaluait à 300 le nombre de poissons affectés. En 2009 et en 2010, les saumons de la rivière voisine, la Saint-Jean, avaient souffert du même mal, mais le phénomène n’y est pas réapparu depuis.

Trouver pourquoi

Les tests menés dans le passé n’ont permis d’identifier aucun virus, ni de problème de qualité de l’eau. «Ça ne se transmet pas d’un poisson à l’autre, et ce n’est pas dangereux pour l’humain s’il mange [un poisson affecté]», précise Valérie Bujold.

Une vétérinaire du MRNF est attendue à Gaspé dans les prochains jours pour effectuer des prélèvements sur les saumons et former à cette technique les personnes sur place. «On va prélever des organes sur des poissons moribonds pour faire certains tests spécifiques», explique Mme Bujold.

Le problème vécu à Gaspé s’apparente à un syndrome appelé UDN (nécrose dermique ulcéreuse), qui a été déjà été observé ailleurs dans le monde, notamment dans les rivières de Grande-Bretagne à la fin des années 60. Mais l’UDN «n’explique rien», affirme Mme Bujold. Il s’agit d’une description de symptômes, et non d’une maladie.

«Inquiétant»

Environ 2000 saumons (grands saumons et madeleineaux) remontent la York chaque année. La population de cette rivière n’est donc pas menacée. Les mortalités inquiètent tout de même Mme Bujold. «De voir 150 à 200 saumons mourir, c’est vraiment anormal et c’est inquiétant parce qu’on ne sait pas pourquoi.»

«La plupart des morts sont des grands saumons, ajoute la biologiste, ceux qui se reproduisent et assurent la survie de la population. Ça augmente le problème.» Si le phénomène apparaissait sur une rivière dont la population de saumons est plus modeste, les conséquences des mortalités seraient plus graves.

Qualité de l’eau?

Les gestionnaires de la rivière ont interpellé le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs pour qu’il effectue un suivi de la qualité de l’eau en lien avec la santé des saumons.

En décembre 2010, la Ville de Gaspé a déversé des centaines de mètres cubes de lixiviat (jus de poubelle) en provenance du dépotoir, après de fortes pluies. Toutefois, ce déversement «n’est pas examiné comme une cause, affirme Valérie Bujold, parce que les mortalités se présentent comme sur la rivière Saint-Jean, où il n’y avait pas eu de déversement.»

Prélèvements permis

Les pêcheurs peuvent garder leurs prises sur la rivière York à partir du 22 juin, comme à l’habitude. «La seule différence, c’est qu’on va faire un dénombrement des saumons le 2 juillet, un mois plus tôt que d’habitude», rapporte Jean Roy, directeur de la Société de gestion. L’organisme réévaluera ses règles à la lumière des résultats de ce décompte.

2 commentaires

Bilbo a écrit le 22 juin 2012

Et/ou l'overflow du L.E.T... Ce qui revient peut-être au même, étant donné qu'on ne sait pas comment Pétrolia s'est débarrassé de ses restants...

Philippe Garon a écrit le 22 juin 2012

Est-ce que les activités de Pétrolia font partie des hypothèses?

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