L’Aventure de l’exil

LA ROUTE EST LONGUE, MON AMOUR!

Par Andéranne Rioux, blogueuse, graffici.ca
Andréanne Rioux est une artiste multidisciplinaire originaire de Chandler en Gaspésie qui habite Sainte-Hyacinthe. Elle vous livre chaque mois, ses humeurs de gaspésienne en exil sur GRAFFICI.CA.

Andréanne Rioux est une artiste multidisciplinaire originaire de Chandler en Gaspésie qui habite Sainte-Hyacinthe. Elle vous livre chaque mois, ses humeurs de gaspésienne en exil sur GRAFFICI.CA. Photo : Gracieuseté

SAINTE-HYACINTHE - Oh! Que oui, la route est longue, comme le dit si bien la chanson de Quimorucru, groupe de musique gaspésien originaire de Paspébiac. Cependant, un Gaspésien averti saura l’apprécier parce qu’habitué, il l’aura divisé en plusieurs étapes qui ont toutes un petit quelque chose de particulier. Il faut par contre être bien préparé pour vraiment l’apprécier et en faire une véritable aventure. Voici quelques petits éléments qui ont agrémenté beaucoup de mes voyages alors que j’ai fait cette route un peu trop souvent.

1.    Apportez de la musique de qualité : une « playlist » digne de ce nom, vos classiques que vous pourrez chanter à tue-tête en solitaire parce que personne ne pourra vous juger. Attention à la lumière rouge d’Amqui par contre, vous pourriez être surpris à chanter « I Will survive » avec un peu trop d’intensité! Avec votre conjoint, choisissez quelque chose qui vous rappelle vos premières années, c’est toujours agréable d’ajouter un aspect romantique à la route. Avec vos enfants, essayez la diversité. Le CD de la reine des neiges en boucle, n’est absolument pas conseillé!


2.    N’oubliez pas vos lunettes fumées : oui, pour l’aspect pratique, mais, aussi pour prendre l’attitude décontractée. C’est les vacances après tout. Et sur la route, les cheveux dans le vent, le soleil sur la peau, aucune responsabilité, sauf celle de regarder droit devant, on peut bien se permettre de se la jouer « cool »!


3.    Ayez un itinéraire souple : être attendu pour souper n’est vraiment pas une bonne idée même pour la meilleure tablée de fruits de mer! Évitez les plans et les horaires parce que non seulement ils ne seront pas respectés, mais ils vous empêcheront d’apprécier votre trajet, d’improviser un arrêt à la crème molle de Cacouna ou de prendre une photo à Maria!

4.    Jouez à des jeux de route : il y a 26 maisons jaunes sur la route jusqu’à Chandler. Saurez-vous les trouver? Internet vous proposera une gamme de jeux de route qui agrémenteront votre trajet de rires et éviteront aux enfants de passer 12 heures sur leurs jeux électroniques, ainsi que la fameuse question : « Quand est-ce qu’on arrive? »

5.    Ayez une attitude de découverte : il y a tant de belles choses à contempler sur la route! À l’été, une fois j’ai vu un coucher de soleil à Carleton où l’œil de l’artiste pouvait voir toutes les couleurs du cercle chromatique! Au printemps, j’ai vu une tempête de pollen dans la Vallée de la Matapédia et les couleurs de l’automne y sont impressionnantes. Quand j’étais petite, on imaginait des dinosaures dans les montagnes du parc de la Gaspésie et on voyait des chevaux dans le remous des vagues à Bonaventure. Faites de la route une aventure!

6.    Et surtout, prenez votre temps! : rien ne sert d’être pressé. Il y aura toujours un « touriste » qui vous fera perdre les 3 minutes économisées sur l’autoroute 20. Oui, la route de la Vallée de la Matapédia est belle et sinueuse, mais, tout aussi dangereuse et un dépassement mal calculé n’en vaut absolument pas la peine. Soyez prudent…

  « La route est longue, mon amour. Et moi, je t’aimerai toujours! La route est longue, longue, longue, longue ». Oui, elle est longue, je l’adore et c’est avec un grand enthousiasme que je la ferai le 20 juin prochain pour aller chercher ma dose gaspésienne!  

Et vous, quand la ferez-vous et que faites-vous pour la rendre agréable?

-30-

NOTE SUR L’AUTEURE
Andréanne Rioux est une artiste multidisciplinaire originaire de Chandler en Gaspésie. Elle détient un baccalauréat en arts, psychologie, travail social et communication. Spécialisée en art-thérapie à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, son art parle de l’univers psychodynamique qui l’habite à travers un langage symbolique, propre et subjectif. Cumulant plusieurs expositions collectives et symposiums en Gaspésie, en Estrie et en Montérégie, elle souhaite devenir artiste professionnelle et s’affirmer en tant que relève artistique gaspésienne. De par sa formation, elle propose maintenant des ateliers de création au centre-ville de Saint-Hyacinthe, offre de la formation en professionnalisation d’artiste et agit en tant qu’agent de développement socio-culturel.

 
NOTE DE LA RÉDACTION
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4 commentaires

Émilie Doiron a écrit le 15 juin 2015

Wow Dédé, quel beau texte!!! En te lisant, je trouve déjà que le 20 juillet est trop loin. Et maintenant que j'ai deux enfants, les arrêts sont plus que nécessaires. Chaque année, on se dit qu'on fait un ``stop`` à Rimouski pour couper le chemin en deux (partant de Mtl), mais comme toutes les fois, on se dit: ``on continue, bin trop hâte d'arriver CHEZ NOUS hihi :)

Gaston Langlais a écrit le 15 juin 2015

Bonjour, Encore quelques brèves décennies et la route sera pas mal moins longue. Grâce aux hauts fonctionnaires qui dirigent tout et aux politiciens qui font semblant de tout diriger, il ne restera plus personne en Gaspésie. Ces "démocrates" qui agissent en fonction d'une fermeture complète de la Gaspésie et qui en rêvent depuis 50 ans éprouveront alors une très grande jouissance. Gaston Langlais - Gaspé.

Claudine Allard a écrit le 14 juin 2015

Étant originaire de la Gaspésie et ayant des membres de ma famille à Bonaventure et une fille et petits enfants à Chandler, je la fais au moins 4 fois par année cette route. C'est un peu long, j'avoue, surtout que j'habite maintenant la région de Victoriaville mais rien, ni l'âge, ni les changements de saison ne m'empêche d'y retourner..C'est un réel besoin...Tout me manque...Pour rendre la route agréable, il y a la musique mais surtout je m'arrête souvent sur le bord de la mer pour m'ennivrer des décors à couper le souffle....

Claudine Allard a écrit le 14 juin 2015

Étant originaire de la Gaspésie et ayant des membres de ma famille à Bonaventure et une fille et petits enfants à Chandler, je la fais au moins 4 fois par année cette route. C'est un peu long, j'avoue, surtout que j'habite maintenant la région de Victoriaville mais rien, ni l'âge, ni les changements de saison ne m'empêche d'y retourner..C'est un réel besoin...Tout me manque...Pour rendre la route agréable, il y a la musique mais surtout je m'arrête souvent sur le bord de la mer pour m'ennivrer des décors à couper le souffle....

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