Politique, Tourisme, Développement économique et exportation

La Route des Belvédères progresse sur les plateaux

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le belvédère L'Intercepteur suplomberait le village de Matapédia.

Le belvédère L'Intercepteur suplomberait le village de Matapédia. Photo : Corporation de développement économique de Matapédia-Les Plateaux

MATAPÉDIA - L'intégration visuelle avec les paysages et l'utilisation accrue du bois sont au cœur du concept de la Route des Belvédères dans le secteur de Matapédia-Les Plateaux. 

Les architectes ont dévoilé mercredi soir les plans de ce projet, dont les coûts sont évalués à quelque 11 millions de dollars. Le promoteur, la Corporation de développement économique de Matapédia-Les Plateaux, souhaite construire une halte routière le long de la route 132 à Matapédia et un premier belvédère surplombant le village. Les trois autres belvédères seraient construits à Saint-André-de-Restigouche, à Saint-Alexis-de-Matapédia et près de la Petite Cross Point, à quelques kilomètres derrière l'Ascension-de-Patapédia.

Le chargé projet, Jean-Philippe Chartrand, explique que les belvédères seront différents les uns des autres, mais partageront tout de même certains points en commun. « Chaque structure sera composée avec un maximum de bois. Et leurs formes seront inspirées de la nature ou en lien avec la nature », explique-t-il, ajoutant que rien ne sera laissé de côté pour « s'assurer » que les belvédères s'intègrent aux « magnifiques paysages » du secteur.

Les Plateaux à l'avant-plan

Avec ce projet, la Corporation de développement économique souhaite offrir un produit touristique susceptible d'attirer les visiteurs sur les Plateaux de la Matapédia. « Les touristes ne tombent pas par hasard sur les Plateaux. La visite du secteur doit être un objectif de voyage. Nous pensons que ce projet a le potentiel d'attirer les visiteurs », poursuit M. Chartrand, qui estime également que le projet « redynamisera » l'économie locale. « Pensons aux commerces, aux restaurants et aux stations-services qui pourraient bénéficier de la venue des touristes. »

Financement

Le promoteur souhaite que 20 % du financement provienne du milieu, notamment des redevances éoliennes du secteur. Une campagne de financement local sera aussi lancée. La différence, soit 80 %, pourrait être financée par les programmes gouvernementaux provinciaux et fédéraux. Dans le meilleur des scénarios, les travaux de construction débuteront au cours de l'été 2014. 

5 commentaires

Danielle Lagacé a écrit le 7 septembre 2015

Je ne souhaite pas émettre de commentaire sur ce sujet, mais en cette période d'austérité dans le milieu de l'éducation au Québec, je tiens à dire qu'en vous lisant, anciens de cette région, je suis fière de voir à quel point vous savez écrire notre langue française sans faute ou presque. C'est donc dire que notre éducation a été bonne et doit le demeurer. C'est si important de protéger notre langue. Ça commence par l'écriture.

gabriel gallant a écrit le 6 septembre 2015

C'est illusoire de croire que le gouvernement va investir 11 millions sur la route des belvédères pour quelques mois par années et qui ne créera pas d'emplois a temps plein après la construction, ni même a temps partiel. Étant natif de Matapédia, je ne crois pas que les gens acceptent ce genre de projet, même si certains y seraient favorables, mais ce ne serait pas la majorité. Un projet durable avec création d'emploi a temps plein (hiver comme été) serait beaucoup plus apprécié par la population car l'économie reprendrait dans ce village ou l'activité a déjà été très forte.. De l'argent fraiche d'investisseurs serait le bienvenue, mais qui osera le faire ?? Arrêtez de vous fiez sur les grosses subventions si vous n'apportez pas votre part du marché surtout pour du rêve saisonnier. Bonne chance.

Jean-François Simoneau a écrit le 19 septembre 2013

@Philippe Garon Voici l'exemple d'un belvédère utilisé comme un produit d'appel, près de Bergen en Norvège [lien : http://architecture.mapolismagazin.com/saunders-architecture-aurland-outlook-bergen-norway ]. Loin de moi l'intention de vous offenser, mais votre comparaison avec Paris ou Rio est des plus boîteuses, puisqu'il s'agit dans les deux cas de destinations majeures, les points d'arrêts obligés d'un parcours touristique. La situation des Plateaux de la Matapédia se pose tout autrement et, évidemment, dans une autre mesure. Ils sont situés à l'entrée (ou la sortie) de la Gaspésie touristique (destination), mais ne sont pas sur le circuit principal, la route 132. La région gaspésienne reçoit déjà, annuellement, un flot important de touristes, mais rien (je ne veux insulter personne) ne les incitent à s'arrêter sur leur trajet pour visiter la région des Plateaux en ce moment. Pour les habitants de cette région, c'est regarder la manne passer sans y avoir accès. Si la région de Matapédia aspire à s'inscrire comme un point d'arrêt sur la route touristique, elle doit marquer un grand coup. Quand on veut ce que l'on n'a pas, on doit faire ce que l'on ne fait pas !

Philippe Garon a écrit le 11 septembre 2013

Des belvédères comme produit d'appel? Vraiment? Est-ce que quelqu'un peut me donner un seul exemple du genre ailleurs dans le monde? Est-ce que vais me rendre à Paris uniquement parce que je sais que je peux monter dans la tour Eiffel pour admirer la ville ou me rendre à Rio spécialement pour me rendre au sommet du Corcovado? Nous avons de la difficulté à financer la préservation de notre patrimoine bâti, à entretenir des infrastructures et des organismes essentiels sur notre territoire, et nous souhaitons vraiment investir 11 M$ de deniers publics dans la construction d'équipements qui serviront essentiellement à une clientèle touristique, quelques semaines par année? Pas 500 000$, pas 2 M$, mais 11 M$? Désolé de jouer à l'empêcheur de tourner en rond, mais s'agit-il d'un projet réellement pertinent, pour les Matapédiens et les Gaspésiens en général? Qu'en pensent les premiers intéressés? Est-ce que les paysages ne parlent pas d'eux-mêmes, dans la mesure où l'on s'assure de les protéger? Quel problème souhaitons-nous régler avec une telle solution? S'agit-il vraiment de la bonne solution?

Aurélien Bisson a écrit le 9 septembre 2013

Je trouve cette idée vraiment très originale et très porteuse. Les belvédères seront, en tant que tel, les équipements qui donneront accès aux magnifiques paysages de la région des plateaux. L'objectif est donc de rendre ces paysages accessibles au plus grand nombre. Alors pourquoi ne pas la nommer "La route des paysages des plateaux" et demander au Ministère des Transports du Québec de la signaliser. Il y a une quinzaine de routes et de circuits touristiques au Québec signalisés par le MTQ mais aucune en Gaspésie. Une description de ces circuits et routes touristiques est facilement accèsible sur internet. En espérant que le financement sera au rendez-vous. Bonne continuation.

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