Politique, Tourisme, Transport

Route 132 : le « Mur de la honte » sera révisé

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Les travaux de construction du mur, sur la route 132, dans le secteur de Marsoui.

Les travaux de construction du mur, sur la route 132, dans le secteur de Marsoui. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – Le « Mur de la honte », dont la construction tire à sa fin sur la route 132 à l’est de Marsoui, en Haute-Gaspésie, fera l’objet d’aménagements l’an prochain afin de redonner une partie de la vue sur la mer aux automobilistes qui circulent dans ce secteur.

« Dès que j’ai vu ça la première fois, en juin, ça m’a dérangé», avoue le député de Gaspé et ministre responsable de la région, Gaétan Lelièvre.

Il n’est pas le seul : le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, avait fait une sortie en règle sur ces travaux et les critiques circulent sur les médias sociaux.

Préoccupation de sécurité

La solution trouvée tenait compte de la logique au niveau des transports « sans tenir compte des autres enjeux de la région comme la protection du paysage ou le tourisme. Oui, il fallait sécuriser la route, mais est-ce qu’on aurait pu trouver d’autres travaux plus respectueux des conditions? J’aurais aimé qu’on fasse ce travail, mais il n’a pas été fait. Les gens du ministère des Transports l’ont admis », souligne le député.

Des travaux correctifs

M. Lelièvre assure que des travaux correctifs seront annoncés « dans les prochaines semaines ».

« Je trouve ces travaux pertinents et le ministère des Transports a bien travaillé pour corriger le tir. Je crois que les gens seront satisfaits. »

Questionné sur ces travaux, M. Lelièvre n’a pas voulu s’avancer sur leur nature. Ils seront annoncés par le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault.

« Je trouve très intéressante l’alternative présentée par Transports Québec. Mais ça aurait été bien que le tout ait été fait dès le départ », dit le député.

Les travaux correctifs seront réalisés en 2014.

Le tronçon problématique s’étire sur 3,5 kilomètres à l’est de Marsoui. Les travaux auront coûté 12 millions de dollars. Un choix logique puisque le secteur n’est pas habité et qu’un mur de protection en béton aurait coûté près de 100 millions de dollars.

Des leçons?

« J’ose croire que des interventions du genre ne se reproduiront plus. J’espère qu’on aura tiré de bonnes leçons », indique M. Lelièvre.

Les travaux ont été rendus nécessaires à la suite des grandes marées de décembre 2010, qui avaient emporté une partie de la route sur plusieurs tronçons entre La Martre et Saint-Maxime-du-Mont-Louis.

Les travaux effectués devraient assurer la sécurité de la route pour les 75 prochaines années. 

2 commentaires

Daniel Minville a écrit le 20 août 2013

On a sécurisé la route contre l'assaut de la mer, donc contre les coûts de réparations récurrents... on ne l'a pas sécurisé pour ceux qui y circuleront l'hiver, le printemps et l'automne... Dès que j'ai vu la hauteur du mur, j'ai immédiatement imaginé une chute de neige de15 à 20 cm accompagné de vents du nordet de 40 à 70 km/heure.... la route sera régulièrement impraticable en hiver en raison de la poudrerie (à la hauteur des yeux dans la majorité des véhicules) et de la glace qui se formera sur la chaussée ! S'il y avait eu un peu de consultation, très rapidement quelqu'un circulant sur cette route vous aurait décrit l'image que je viens de décrire. On dit dans l'article que le secteur est inhabité... Il me semble qu'il y a encore du monde à Marsoui et à Rivière à Claude... à moins qu'il ne se soit passé quelque chose que je ne sais pas entre cet été et maintenant ! La population est vieillissante j'en conviens mais le villages ne sont pas vides... du moins pas encore ! Les travaux sont dans un secteur inhabité qui relie 2 villages c'est vrai mais cette route est essentielle pour les habitants des villages environnants et mis à part sa solidité face aux éléments naturels je reste convaincu qu'en plus de nuire à l'aspect visuel des lieux cette partie de route représentera à court terme un danger pour ceux qui y circuleront sur au moins 3 saisons de l'année. Je conviens, par contre, facilement que tout ce secteur est une aventure en plusieurs occasions et principalement en hiver. Un choix logique parce que le coût n'était que de 12 millions ! 3 millions dans le secteur de Montmagny dernièrement pour des viaducs qui devront être recommencés parce que le ciment n'est pas de bonne qualité ! Combien de sous investis dans la région de Montréal l'A30, la 10, échangeur Turcot, pont Champlain à venir. À Québec Autoroute Robert Bourassa depuis 4 ans, autoroute Duplessis depuis 2 ans et tous les viaducs qui sont refaits partout au Québec. Combien ? Mais la Gaspésie ne rapporte pas suffisamment.... 12 millions et passez vous cette aberration entre les dents ! Non et non... La Gaspésie est encore vivante et le groupe Alerte-Route 132- Gaspésie ne cessera de vous le répéter... Ad nauseam au besoin comme disait une ancien premier ministre !

Denis Gaumond a écrit le 20 août 2013

Dans cet article, le ministre Lelièvre reconnaît l'erreur de ce projet et nous promet de "... redonner une partie de la vue sur la mer aux automobilistes qui circulent dans ce secteur". L'intention est bonne, mais pourquoi juste "une partie"? Quelle partie? Un petit bout juste assez pour qu'on se la ferme?! Pourquoi ne pas consulter les personnes et organismes concernés avant de se lancer en correction? À quel coût cette correction? Merde, qu'est-ce que ça prend pour se faire informer et pour pouvoir donner notre avis? Je vise ici davantage le ministre des Transports, M. Sylvain Gaudreault. C'est lui qui annonce à son collègue Lelièvre, qu'une certaine correction sera apportée... Le ministre Bérubé, complètement hors du radar! Pourquoi alors ne pas nous permettre une certaine "validation" de cette correction proposée? Voulons-nous vraiment éviter de corriger une bêtise par une autre? Il s'agit de notre argent de Québécois après tout. On parle ici de 12 à 20 millions de dollars! Comment savoir combien exactement? Et ces coûts, sont-ils ceux d'avant la Commission Charbonneau, ou ceux d'après? Dans cette affaire, le ministre Gaétan Lelièvre semble se comporter fort correctement. Il a hérité du projet et se bat maintenant avec le rejeton. Il est aussi victime que nous. Nous allons donc nous tourner vers MTQ et son ministre silencieux. Je vais lui écrire une lettre au nom de notre groupe "Alerte -Route 132- Gaspésie". J'ose espérer que le ministre Gaudreault saura nous impliquer dans sa réflexion et ses actions. Nous sommes Gaspésiens, et on devra apprendre à nous traiter comme des Québécois à part entière, capables d'avoir et d'exprimer des solutions aussi brillantes et pertinentes que n’importe quel autre Québécois. Le mépris qui consiste à tout faire pour nous et en notre nom, sans tenir compte de nous, sans considérer notre point de vue, en nous ignorant avec dégoût, c'est le moins que l'on puisse dire, doit prendre fin!

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