Affaires municipales et développement régional

Ristigouche-Sud-Est craint pour la qualité de son eau

Par Karyne Boudreau, journaliste, graffici.ca
Le président de la firme Gastem, Raymond Savoie, lors d’une rencontre publique avec les citoyens de Ristigouche-Sud-Est en novembre 2011.

Le président de la firme Gastem, Raymond Savoie, lors d’une rencontre publique avec les citoyens de Ristigouche-Sud-Est en novembre 2011. Photo : Antoine Rivard-Déziel

RISTIGOUCHE-SUD-EST- La municipalité de Ristigouche-Sud-Est demande à Québec de resserrer son projet de règlement sur l’eau potable et de laisser la gouvernance aux municipalités.

Lors de la première assemblée de conseil post-élection, le nouveau maire François Boulay a fait adopter une résolution qui sera envoyée entre autres au ministre responsable de la région Gaétan Lelièvre et au ministre du Développement durable, de la Faune et des Parcs Yves-François Blanchet.

Dans sa résolution, le conseil dénonce le projet de Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection publié dans la Gazette officielle du Québec, le 29 mai 2013.

 

Les distances séparatrices entre les installations des sociétés pétrolières et gazières et la source d’eau potable des citoyens sont le principal irritant. À seulement 300 mètres,  cela  est insuffisant selon nombres d’experts et ne  protège pas de façon adéquate contre le risque de contamination lié aux opérations de fracturation.

 

« Il y a aussi que Québec nous tasse. En appliquant son règlement, ça va passer par dessus nos règlements municipaux, dit le maire Boulay. C’est notre eau, c’est à nous de décider », lance-t-il.

 

Un expert se prononce

La question de l’eau inquiète dans la municipalité de Ristigouche-Sud-Est ou Gastem projette un forage. Mercredi soir, une trentaine de personnes sont venues entendre un allié de la cause environnementale, Richard Langelier.

Docteur en droit, monsieur Langelier a participé à l’élaboration du règlement Saint-Bonaventure sur lequel se sont basé plusieurs municipalités, dont Ristigouche-Sud-Est, Gaspé et Percé, pour adopter leur règlement protégeant leurs sources d’eau potable en cas de projets de forages pétroliers et gaziers sur leur territoire.

« Il est  venu nous prouver noir sur blanc que le règlement de Québec n’est pas assez sévère. (…) En  matière de droit environnemental international, il y a ce qu’on appelle le principe de précaution. S’il y a un risque, c’est non », de dire le premier magistrat de Ristigouche Sud-Est qui refuse pour cette raison d’envisager la présence de Gastem sur son territoire.

M. Langelier aurait aussi dit que la poursuite de Gastem contre Ristigouche-Sud-Est ne tenait pas la route. « C’est sûr qu’il n’est pas le juge, mais c’est encourageant », poursuit le maire.

La requête introductive d’instance de Gastem contre Ristigouche Sud-Est doit être déposée au Palais de justice de New Carlisle le lundi 18 novembre à 9h. 

4 commentaires

Albert Labranche a écrit le 10 décembre 2013

S.V.P. Informez vous. - 9 décembre 2013 12h33 Petit retour dans le temps : Gaz de schiste: j’ai peur! Mon robinet va prendre en feu! Or, l’étude cité par M. Cliche démontre qu’au Québec, du gaz dans l’eau, il y en a depuis des lunes. Dans certains cas, dans des concentrations supérieures au seuil limite de solubilité du méthane dans l’eau. Donc, pas besoin de visonner le docu…l de M. Fox (Gasland) pour voir des robinets qui flambent. Allez plutôt chez votre voisin! En passant, une autre étude (E3-10) présentée sur le site de l’ÉES sur le gaz de schiste précise que : (…) Les résultats préliminaires de modélisation laissent supposer que la fracturation hydraulique ne pourrait pas causer une migration significative de fluides de formation et de méthane vers les aquifères superficiels dans un horizon de 1000 ans. Et si l’industrie gazière disait vrai… Du blog http://blogues.lapresse.ca/sciences/2013/12/04/gaz-de-schiste%c2%a0-aucun-signe-de-connection-entre-la-nappe-phreatique-et-les-couches-profondes/#comment-17091 Lisez les commentaires. C'est instructif.

France Lemieux a écrit le 19 novembre 2013

Bravo gens de Restigouche. et merci de protéger L' OR Bleu. Le Comité Vigilance Gaz de schiste du Suroît est avec vous.

Benoit Trépanier, Directeur GRAFFICI a écrit le 19 novembre 2013

Marie, nous allons devoir enlever vos commentaires si vous ne vous identifiez pas avec vos nom au complet. Merci de le faire la prochaine fois. Lisez notre politique de publication SVP.

Marie a écrit le 18 novembre 2013

La loi contre les poursuites-bâillons visant à empêcher de grandes entreprises de museler des citoyens ou groupes impliqués dans le débat public devrait calmer les ardeurs de Gastem. Les SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation) se distinguent des poursuites civiles habituelles car elles ont pour but non pas de gagner un procès, mais de réduire au silence un organisme qui n'a pas assez de moyens pour une poursuite judiciaire de longue haleine. Il me semble que ça l'aire exactement le cas ici. Une chance qu'on une loi anti-SLAPP!

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