Développement économique et exportation

Résidus de crevette à Gaspé : une solution envisageable dès 2013 ?

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les résidus des crevettes décortiquées chez Pêcheries Marinard pourraient être valorisés à nouveau dès 2013.

Les résidus des crevettes décortiquées chez Pêcheries Marinard pourraient être valorisés à nouveau dès 2013. Photo : Geneviève Gélinas

Les deux usines de transformation de crevette de Gaspé s’unissent pour valoriser leurs résidus, qui prennent actuellement le chemin du dépotoir.

Actuellement, Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard et Crevette du Nord Atlantique de L’Anse-au-Griffon envoient tous leurs résidus au dépotoir de Gaspé, pour un total de 4000 tonnes et une facture qui dépasse les 400 000 $.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Marinard Biotech, une filiale de Pêcheries Marinard, a produit du chitosane à partir des carapaces de crevette jusqu’en 2010. Jusqu’à récemment, Crevette du Nord vendait ses résidus à une entreprise de compostage de Rivière-du-Loup,  qui a toutefois cessé sa production.

Projet d’usine

«On cherche un équipement plus moderne pour refaire du chitosane ou faire de la farine de crevette», explique Benoit Reeves, directeur général de Pêcheries Marinard.

Une nouvelle usine serait construite dans le parc industriel de Rivière-au-Renard pour transformer les résidus. Éventuellement, elle pourrait traiter aussi des résidus de crabe et de homard d’autres usines gaspésiennes, ajoute M. Reeves.

L’homme d’affaires répondrait à deux préoccupations : les coûts et la réglementation environnementale. «Sera-t-on toujours autorisés à enfouir nos résidus au dépotoir municipal? Et les coûts vont-ils devenir inacceptables un jour?», demande M. Reeves.

De la poudre de crevette?

Selon Bastien Denis, de Crevette du Nord, la solution la plus plausible consiste à produire de la poudre (farine) de crevette pour l’alimentation humaine (comme base de soupe, par exemple).

Des représentants de Crevette du Nord et de Pêcheries Marinard s’envoleront vers la Norvège d’ici la fin du mois pour visiter les installations de l’entreprise Seagarden.

«Seagarden fait déjà de la poudre de crevette et n’arrive pas à fournir le marché, rapporte M. Denis. On n’inventera pas le bouton à quatre trous. On sècherait et on moudrait les résidus à Rivière-au-Renard. La dernière étape de mouture se ferait en Norvège et Seagarden nous garantirait un prix.»

L’investissement totaliserait environ 4 millions $ et créerait une dizaine d’emplois à partir de 2013.

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