Politique

Règlement sur l’eau potable : la CRÉGÎM appuie Gaspé

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le vice-président de la Conférence régionale des élus Gaspésie-les-Îles Joël Arseneau (à gauche) et son président Bertrand Berger.

Le vice-président de la Conférence régionale des élus Gaspésie-les-Îles Joël Arseneau (à gauche) et son président Bertrand Berger. Photo : Antoine Rivard-Déziel

La Conférence régionale des élus de la Gaspésie-les-Îles (CRÉGÎM) appuie la Ville de Gaspé dans sa volonté de protéger ses sources d’eau potable. 

«C’est tout à fait légitime de vouloir protéger son eau potable et les citoyens. Présentement, aucune étude ne vient rassurer la population et les autorités de la ville sur les effets du forage [au puits Haldimand n° 4]. Gaspé a agi de façon responsable», soutient le président de la CRÉGÎM, Bertrand Berger.

Rappelons que le conseil municipal de Gaspé a adopté un règlement pour protéger les sources d’eau potable, ce qui a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer son puits Haldimand n° 4.

Ce règlement prévoit notamment l'interdiction d'introduire «par forage ou tout autre procédé […] toute substance susceptible d'altérer la qualité de l'eau souterraine ou de surface servant à la consommation humaine ou animale.» Cette interdiction s’applique dans un rayon de 10 kilomètres de tout lieu de puisement d’eau de surface de la municipalité.

«Pour l’exploitation» 

M. Berger rappelle que la CRÉGÎM est «pour» l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, mais à la condition qu’elle se fasse de façon sécuritaire pour les citoyens et l’environnement.

Et de l’avis des élus municipaux de la Gaspésie, la «quasi-absence» d’encadrement législatif sur les méthodes de forage et «l’absence d’une mise à jour» de la Loi sur les mines ne peuvent pour le moment assurer cette sécurité.

Ils reprochent aussi au gouvernement du Québec et à Pétrolia d’avoir manqué de transparence dans le dossier, en ne fournissant pas suffisamment d’information pour rassurer la communauté.

«Dans ce contexte, il vaut mieux opter pour le principe de précaution.  S’il y avait un forage au pied du mont Tremblant ou au pied du mont Orford, c’est sûr qu’il y aurait des levées de boucliers des populations et des municipalités environnantes. Ce n’est pas différent pour Gaspé», poursuit M. Berger, qui estime que l'enjeu de l'aménagement du territoire devrait avoir primauté sur l'exploitation des hydrocarbures. 

Solution 

Le président de la CRÉGÎM croit que le problème ne se règlera pas à coups d’avis juridiques, mais plutôt si Québec, la Ville de Gaspé et Pétrolia «s’assoient ensemble» pour trouver une solution consensuelle. «Quand la ville sera rassurée et quand il y aura un nouveau modèle de développement des hydrocarbures, je crois l’impasse sera dénouée», dit M. Berger.

Forum sur les hydrocarbures

Devant le soulèvement en appui ou en opposition à la nouvelle réglementation de la Ville de Gaspé, la CRÉGÎM croit de plus en plus à la pertinence de tenir un forum d’information et de discussion sur les hydrocarbures.

Au printemps dernier, la CRÉGÎM avait fait marche arrière après la tenue de son premier forum sur les hydrocarbures. De nombreux citoyens l’avaient fortement critiqué, l’accusant d’imposer une façon de faire sans avoir consulté la population au préalable. L’organisme avait par la suite reconnu que la formule retenue ne permettait pas de répondre aux besoins de la population. 

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4 commentaires

Michel Denis a écrit le 19 janvier 2013

Le risque degré zéro n'existe pas. Avez-vous tous entendu l'imminen tgéologue expliquer en toute impartialité à l'émission "au coeur du monde" jeudi dernier, qu'il y aura assurémment contaminationl .

Joseph Leblanc a écrit le 18 janvier 2013

Tant qu'a être regardé a quel place ou il y a déjas eu un forage en plein dans la république du plateau Mont-Royal sur la rue Masson ...........http://sigpeg.mrnf.gouv.qc.ca/gpg/classes/ficheDescriptive?type=popup&mode=fichePuits&menu=puit&table=GPG_ENTRE_PUITS&cle=A019 googl mapshttps://maps.google.ca/maps?hl=fr Non mais y'étais tu fou Lollll

Joseph Leblanc a écrit le 18 janvier 2013

Tant qu'a être regardé a quel place ou il y a déjas eu un forage en plein dans la république du plateau Mont-Royal sur la rue Masson ...........http://sigpeg.mrnf.gouv.qc.ca/gpg/classes/ficheDescriptive?type=popup&mode=fichePuits&menu=puit&table=GPG_ENTRE_PUITS&cle=A019 googl mapshttps://maps.google.ca/maps?hl=fr Non mais y'étais tu fou Lollll

Joseph Leblanc a écrit le 18 janvier 2013

Un peu de rigueur messieurs de la crégim voici un rapport d'un organisme du gouvernement du Québec Des fois faudrait ce renseigné avant de dire deschoses..............................................Contamination pratiquement inconcevable dit l'INRS Par Marie-Claude Costisella Publié le: Vendredi 11 janvier 2013 16:40:34 HNE Mise à jour: Vendredi 11 janvier 2013 19:13:46 HNE GASPÉ - L’INRS (Institut de recherche scientifique) a réagi au lendemain de l’annonce de l’adoption par la ville de Gaspé d’un règlement interdisant tout forage sur son territoire. Joint en avant-midi vendredi, son porte-parole René Lefebvre a expliqué qu’il est pratiquement inconcevable que les sources d’approvisionnement en eau potable de la municipalité soient contaminées par les activités de forage de Pétrolia, malgré leur proximité : « Pour avoir contamination, il faut y avoir migration du contaminant vers un récepteur (…) et dans le cas présent, la migration vers les sources d’approvisionnement en eau est impossible ». M. Lefebvre ajoute que la règlementation entourant l’émission de tout permis d’exploration des hydrocarbures rend « incontournable » la protection de la nappe phréatique et des sources d’approvisionnement en eau potable : « La technique de Pétrolia a été pensée pour ça (…) pour éviter la contamination. Et si les autorités qui ont délivré des permis ont jugé que c’était sécuritaire, il faut croire qu’ils l’ont fait en toutes connaissances de cause…Personne n’a intérêt à ce qu’il y ait un accident… ». Toujours selon l’INRS, les trois sites d’approvisionnement en eau potable de la ville de Gaspé sont toutefois vulnérables à des activités de surface. Mais la profondeur des activités pétrolières rendent presque nuls les risques liés à la contamination : « Le risque environnemental est pratiquement inconcevable, les risques liés à la technologie utilisée par Pétrolia aussi » a affirmé M. Lefebvre, ajoutant que de son point de vue, Gaspé se retrouve devant un choix social bien plus qu’environnemental. Le nouveau règlement de la ville de Gaspé s’inscrit dans la volonté du MDDEFP (Ministère du développement durable, de l’environnement, de la faune et des parcs du Québec), qui a déposé en août 2012 un projet en ce sens. Le gouvernement pourrait, si ce projet se concrétise, donner les moyens aux municipalités de prendre des mesures qui assurent la protection de leur alimentation en eau potable. La ville de Gaspé a annoncé vendredi la tenue d’une conférence de presse le 14 janvier, au cours de laquelle elle devait dévoiler sa position quant au développement pétrolier sur son territoire. De son côté, Pétrolia est en attente d’un avis juridique quant à la validité du règlement

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