Transport

La RéGÎM à la place de Via Rail ?

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
La RéGÎM remplacera-t-elle Via Rail pour desservir les usagers du train entre Gaspé et New Carlisle ?

La RéGÎM remplacera-t-elle Via Rail pour desservir les usagers du train entre Gaspé et New Carlisle ? Photo : Nelson Sergerie

CARLETON-SUR-MER – La Régie intermunicipale de transport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (RéGÎM) pourrait organiser un trajet entre Gaspé et New Carlisle afin d’offrir un service de remplacement à Via Rail.

La société ferroviaire a mis fin à la navette en autocar entre Gaspé et Matapédia la semaine dernière en affirmant qu’elle n’est pas un opérateur d’autobus. Les utilisateurs du train n’ont donc pas d’alternative.

« On est en train d’analyser un nouveau tronçon afin de desservir le circuit entre Gaspé et New Carlisle », explique le directeur général de la régie, Antoine Audet.

L’organisme analyse le potentiel de clientèle en terme de revenus et de dépenses. Mais M. Audet souligne que ce mandat reviendrait d’abord à Orléans Express.

Si jamais la régie y voyait une opportunité d’affaires, elle devrait lancer un appel d’offre afin de trouver un transporteur, puisqu’elle ne pourrait pas utiliser les trajets et véhicules actuels pour faire cette nouvelle desserte.

Des projets d’expansion

Outre ce projet majeur, la régie analyse une éventuelle expansion du réseau : « On étudie la possibilité d’optimiser les circuits existants avec de nouvelles fréquences ou encore de nouveaux trajets. On pourrait créer des partenariats avec les commissions scolaires et le cégep afin de créer des trajets spéciaux », avance M. Audet.

Mais la situation financière demeure un frein  au développement : « Par exemple, si on voulait créer un circuit Paspébiac-Carleton-sur-Mer, on sait qu’il en coûterait 100 000 $ alors que les revenus attendus ne sont que de 20 000 $ », explique le directeur général.

Actuellement, les usagers financent 15 % du budget de fonctionnement, le reste provenant des subventions et de la taxe sur l’essence.

La régie devrait effectuer 80 000 déplacements en 2013. Elle en vise 93 000 l’an prochain.

Elle dispose d’un budget d’opération de 2,1 millions $.

4 commentaires

Michel L. Fréchette a écrit le 2 octobre 2013

Vu du côté Sud de la péninsule, nous avons actuellement des infrastructures qui cherchent une nouvelle vie et un meilleur rendement. Nous sommes aussi tous conscients des coûts d’exploitation et d’entretien du transport en commun et admettons qu’il est essentiel à notre développement économique tout autant qu’à la cohésion de nos collectivités. Notre argent est de plus en plus rare et les duplications de services et de structures nous coûtent cher sans véritablement être efficaces et encore moins efficientes. Il ne devrait pas être difficile de compétitionner avec le coût global de la RÉGIM à raison de $26,25 par passager transporté ($2,1M/80 000 passagers) dont seulement 15% est financé par les usagers. C’est dire que $22,31 émargent à d’autres sources de financement. Nous vivons encore là au-dessus de nos moyens avec l’argent des autres. Nous sommes collectivement propriétaire d’un rail qui cherche des usagers et des marchandises pour justifier les investissements qu’il requiert. Nous avons une série de gares qui se délabreront et qui faisaient la vie de bien des gens et le rythme de notre désenclavement. Nous avons un gouvernement qui prône avec justesse la substitution au pétrole pour le transport en commun en privilégiant l’électrification du transport (moteur roue et autres idées géniales de nos gens). Nous avons des constructeurs de moyens de transport modernes, sécuritaires et confortables de calibre international (Prévost et Bombardier entre autres). Ce même gouvernement milite pour un bilan environnemental orienté sur le développement durable même si on peut constater une certaine hésitation dans ce domaine justifiée par des impératifs de trésorerie de fin de mois et l’urgence de la création d’emplois en région. Nous avons une société d’autocars (Orléans Express) qui dessert un trajet qui lui semble non rentable dans les conditions actuelles tout en se voyant concurrencée par la desserte intercités et régionale de la RÉGIM financée doit-on le rappeler à 85% avec les taxes de M. Tout le Monde. Pourquoi ne pas touiller tous ces ingrédients et en faire un projet rassembleur : un partenariat privé public (PPP même si la formule mérite à l’occasion un regard en coin) d’une desserte biquotidienne dans les 2 sens d’un autocar électrique sur rail entre Matapédia et Gaspé accueillant passagers et cargo léger hiver comme été offrant confort, fiabilité et sécurité à un coût abordable. Faire du tronçon un laboratoire où déjà les avancées technologiques n’ont plus à être réinventées. Une simple recherche alignant « transport- autobus-rail » sur Google ou autre moteur de recherche est convaincante. Plus encore, en 1941, l’Algérie, alors sous administration de la France, émettait un timbre dans sa série sur les Colis postaux représentant un autorail Renault avec dôme panoramique. Cela ne vous rappelle pas quelques souvenirs encore récents? Les gares revivraient, le rail serait utilisé, on enlèverait des routes des tonnes de CO2, on minimiserait l’inventaire des moyens roulants et son remplacement tout en permettant aux transporteurs d’assumer leur vocation. Cette colonne vertébrale pourrait être complétée et prolongée localement par des opérateurs locaux créant ainsi un réseau de dessertes adapté aux collectivités locales car plus flexible et appropriée. Imaginons que la mobilité de la main-d’œuvre est améliorée, que les étudiants peuvent avoir accès à leur établissement, que nos ainé(e)s disposent d’un moyen agréable de continuer à habiter leur région, que les professionnels (fonctionnaires et privés) peuvent réaliser leurs prestations sans engager leur véhicule dans des déplacements linéaires, que les services publics (santé, administration et autres) soient accessibles avec un minimum de contraintes, que les touristes peuvent prendre un moyen de transport déjà à la signature et à la culture de la région. Pour qui a déjà voyagé en train en Europe ou un peu partout dans le monde connaît la richesse de contact qu’il génère. Le tout, hors des conditions de neige, de pluie, de brouillard en ménageant le budget essence et usure d’un véhicule et en créant des emplois locaux renforçant la cohésion sociale de par leur pertinence et leur ancrage. Vu du côté Nord de la péninsule, le transport par route demeure encore la solution mais mérite qu’on réfléchisse sérieusement aux doublons et aux meilleurs conditions pour s’assurer que le transport collectif devienne une richesse collective et non un objet de chantage.

Jean-François Samuel a écrit le 1 octobre 2013

Pas mal moins cher de subventionner ce service (plus adapté à la démographie de la Gaspésie) que de subventionner Via (société de la couronne).

Antoine Audet a écrit le 1 octobre 2013

@Marc-André St-Pierre - Réflexion fort intéressante concernant le déploiement de service de la Haute-Gaspésie vers Matane. Globalement, la Régie tente de documenter les besoins prioritaires sur l'ensemble du territoire et d'intervenir à la hauteur de ses capacités. L'idée que vous proposez est très pertinente, Merci.

Marc-André St-Pierre a écrit le 1 octobre 2013

L'idée semble intéressante. Il faut cependant bien l'analyser afin que ça ne devienne pas un autre boulet aux pieds du gouvernement qui devrait subventionner outre mesure. Je suppose que Via Rail avait déjà des subventions. Quant à Orleans Express, ça fait un bail que la compagnie essaie de quitter la Gaspésie. Une remarque. Je constate qu'encore une fois on vise la côté sud de la Gaspésie. Ce serait un peu plus rentable, j'en conviens. Mais, on ne pourrait certes plus nous servir l'argument de coût astronomique pour construire un chemin de fer du côté nord. De ce côté-ci, je vois facilement une navette quotidienne entre Mont-Louis et Matane. En faisant coïncider l'horaire avec celui d'Orleans qui part de Matane vers Rimouski. En tout cas, j'encourage cette réflexion. On peut se débrouiller chez-nous!

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