Politique

La réforme de l'assurance-emploi entre en vigueur au Canada

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le coordonnateur du Mouvement action chômage Gaspésie-les-Îles, Gaétan Cousineau, a organisé l’automne dernier une tournée régionale pour faire connaître auprès de la population les aspects de la réforme de l’assurance-emploi.

Le coordonnateur du Mouvement action chômage Gaspésie-les-Îles, Gaétan Cousineau, a organisé l’automne dernier une tournée régionale pour faire connaître auprès de la population les aspects de la réforme de l’assurance-emploi. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Les nouvelles mesures touchant l’assurance-emploi sont en vigueur au Canada depuis dimanche. 

Dorénavant, les prestataires sont classés en trois catégories selon leur utilisation du programme. Selon leur cas, les chômeurs disposeront d’une période réduite pour se trouver un emploi. Après cette période, ils seront obligés d’accepter un emploi dit «convenable», dont le lieu exige une heure de déplacement à partir de leur résidence et dont le salaire est de 70 à 90% moins élevé comparativement à leur emploi précédent. 

La publication du règlement sur la réforme de l’assurance-emploi, dans la Gazette du Canada, précise ce qu’est un emploi convenable. Le document indique notamment qu’un prestataire ne peut être forcé d’accepter un travail à plus d’une heure de son lieu de résidence. Mais si le temps de déplacement dépasse une heure et qu'il est inférieur par rapport à son emploi précédent, il devra l’accepter.

Contestation

Cette réforme est depuis plusieurs mois contestée dans la région. Une table de l’assurance-emploi, qui regroupe entre autres des représentants de chambre de commerce, des entrepreneurs, des élus et le Mouvement action chômage Gaspésie-les-Îles, a notamment été créée.

Les intervenants qui siègent à cette table demandent à Ottawa de revoir certains aspects de la réforme, dont ceux qui touchent aux travailleurs saisonniers. Ils craignent que les dispositions qui obligent les prestataires fréquents, soit la majorité des travailleurs saisonniers, d’accepter un travail à une heure de leur résidence et dont le salaire est inférieur à leur emploi précédent, provoquent l’exode de la main-d’œuvre qualifiée en Gaspésie et aux Îles.  

Par ailleurs, plusieurs manifestations se sont tenues ces derniers mois pour dénoncer cette réforme dans différents endroits au Canada, surtout dans l’est du pays, où les travailleurs saisonniers sont nombreux.

Pas de recul

Malgré les critiques, la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, n’a pas fléchi.

Le gouvernement du Canada écrit dans la Gazette du Canada que les nouvelles dispositions devraient permettre «l’interruption des prestations d’environ 8000 prestataires jusqu’à ce qu’ils puissent démontrer qu’ils exercent leurs responsabilités en vertu des règlements.»

Ces changements devraient générer des économies au régime d’environ 12,5 millions de dollars en prestations d’assurance-emploi en 2012-2013, ainsi que de 33 millions de dollars en 2013-2014.

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