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Rail : La lutte prend une tournure interprovinciale

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Le député gaspésien Philip Toone et son homologue Yvon Godin, d’Acadie-Bathurst, assurent que c’est au tour du gouvernement fédéral d’intervenir dans le transport par rail, au Nouveau-Brunswick comme en Gaspésie.

Le député gaspésien Philip Toone et son homologue Yvon Godin, d’Acadie-Bathurst, assurent que c’est au tour du gouvernement fédéral d’intervenir dans le transport par rail, au Nouveau-Brunswick comme en Gaspésie. Photo : Gracieuseté

CARLETON-SUR-MER – Le combat pour la protection des services ferroviaires du Canadien National dans une partie du nord du Nouveau-Brunswick mobilise résolument des politiciens de cette province et de l’Est-du-Québec, en prévision d’une action commune.

D’une part, les députés du Nouveau parti démocratique des deux côtés de la baie des Chaleurs travaillent ensemble, comme l’a témoigné le dépôt, jeudi, de deux pétitions totalisant 30 000 noms pour réclamer, tant en Gaspésie qu’au Nouveau-Brunswick, l’amélioration des services Via Rail.

D’autre part, deux regroupements d’élus municipaux sont en contact pour convaincre le gouvernement fédéral de faire sa part financièrement pour éviter le démantèlement éventuel des 70 kilomètres de rail entre Miramichi et Bathurst par le Canadien National.

Ce démantèlement affecterait grandement les services ferroviaires entre Moncton et Campbellton, parce qu’il mènerait à la suppression du train de passagers de Via Rail sur ce parcours. Il y a un grand risque d’effet domino en Gaspésie, parce que ce même transporteur national pourrait être tenté de supprimer le lien entre la péninsule et Montréal, lien déjà suspendu depuis octobre.

« Le fait que le CN risque sérieusement de provoquer la fin du train de Via entre Halifax et Montréal doit faire bouger le gouvernement conservateur. Québec a investi dans le chemin de fer en Gaspésie, et le gouvernement du Nouveau-Brunswick a fait la même chose, 25 millions $, pour une portion de la voie entre Moncton et Campbellton. Maintenant, un investissement du fédéral s’impose », indique le député Toone.

 

Sous-titre : Action municipale interprovinciale

 

La question est prise très sérieusement par le « regroupement des villes innovantes de l’Est-du-Québec », une association pour le moment informelle mais qui regroupe une douzaine des principales villes du secteur.

« Nous sommes au 21e siècle. La lutte aux gaz à effet de serre, la facilité de déplacement des personnes devraient être des acquis et Via n’a fait qu’appauvrir son service depuis des années », signale le maire de Rimouski, Éric Forest, également président de l’Union des municipalités du Québec.

L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), qui compte 52 membres regroupant plus de 300 000 personnes, est en contact avec Éric Forest depuis quelques jours et planifie une action réunissant trois niveaux de gouvernement.

« Ce serait incompréhensible et inacceptable de laisser tomber une infrastructure aussi primordiale pour le développement du Nouveau-Brunswick. Conserver cette infrastructure représente une solution plus logique et plus économique que son démantèlement », signale Frédéric Dion, directeur général de l’AFMNB.

« Il y a une rencontre à venir, peut-être le 14 février à Campbellton, regroupant des élus municipaux des deux provinces, des députés provinciaux et des députés fédéraux, incluant, nous l’espérons, des députés conservateurs. La stratégie est à peaufiner, mais nous allons intervenir », ajoute M. Dion.

La somme nécessitée pour sauver la voie ferrée entre Miramichi et Bathurst s’élève à 10 millions $, ce qui serait nécessaire pour assurer l’emprise pendant 15 ans. Le Canadien National a mis ce tronçon en vente lundi. Via Rail paie un droit de passage sur cette voie. Dans l’éventualité où le CN ne trouve pas de preneur et démantèle la voie, le train de Via Rail reliant Halifax et Montréal ne desservira plus le nord du Nouveau-Brunswick, la Matapédia et le Bas-Saint-Laurent.

Via Rail dit ne pas avoir les moyens d’acheter cette voie, même si elle en possède en Ontario.

2 commentaires

Dany Blais a écrit le 9 février 2014

La fédération va frapper un mur. Un Canada uni d'un océan à l'autre est tout à fait irréaliste. Le Québec doit redevenir une province riche et quitter la fédération et ce, en rapatriant l'héritage Canadien Français. On peut être un pays et avoir notre héritage Canadien-Français. Le gouvernement fédéral est justement trop central comme vous le dites et il n'y a plus de place pour l'épanouissement des provinces. L'Union Européenne est uni mais aux J.O. ce sont tous des nations différentes, pourquoi le Canada ne serait-il pas ainsi???? Le budget fédéral sera très intéressant demain et les élections en 2015 en dira long sur l'avenir de la fédération, du moins, pour le Québec.

Gaston Langlais a écrit le 7 février 2014

Bonsoir, Malgré un climat rude, sévère, rigoureux, nos prédécesseurs ont su faire du Canada l'un des pays les plus convoités dans le monde. Ceux et celles qui étaient là avant nous n'ont jamais congédié le bon sens. Dans les années 1960, le Canada était devenu un pays moderne, prospère et sans dette. Les gens de l'époque avaient compris qu'un pays aussi immense et relativement peu peuplé devait compter sur le génie de ses politiciens. Afin de garder les Canadiens unis et favoriser les échanges, le Gouvernement de ce pays savait qu'il devait s'occuper de bâtir et d'entretenir un réseau d'infrastructures tout à fait indispensables. Ainsi les chemins de fer (CN), les ports, les quais, les aéroports, le transport aérien (Trans-Canada Airlines devenue Air Canada) etc. nous ont donné ce Pays formidable. Mais quel mal nous a frappé depuis 50 ans? On a dilapidé un héritage fantastique. Surendettés maintenant nous cheminons toujours sur la route du déclin. Au lieu de se ressaisir, le Gouvernement central continue sur sa lancée désastreuse. L'abandon de tout ce dont il est capable fera que bientôt les Canadiens devront se poser la question sur le morcellement de leur pays. Les gouvernements Libéral et Conservateur qui se sont succédés depuis les dernières décennies ont été de grands irresponsables et ça continue encore. Priver les gens de l'Est d'un bout de chemin de fer est le dernier exemple qui témoigne de l'attitude d'un gouvernement complètement déconnecté. Gaston Langlais - Gaspé.« moins

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