Transport, Développement économique et exportation

Rail : les agriculteurs prennent de l'avance

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le directeur régional de la Fédération de l'UPA Gaspésie-les-Îles, Charles- Edmond Landry (à gauche) et le président, Christian Côté, lors de l'assemblée générale annuelle.

Le directeur régional de la Fédération de l'UPA Gaspésie-les-Îles, Charles- Edmond Landry (à gauche) et le président, Christian Côté, lors de l'assemblée générale annuelle. Photo : Antoine Rivard-Déziel

GESGAPEGIAG - Les producteurs agricoles de la région souhaitent reprendre possession de leurs terrains dans l'éventualité d'un démantèlement du rail gaspésien.

Réunie en assemblée générale récemment à Gesgapegiag, la fédération régionale de l'Union des producteurs agricoles (UPA) a adopté une résolution en ce sens. L'organisation s'est engagée à faire pression sur les autorités pour le maintien du service ferroviaire, mais elle estime que « l'apparence de menace de fermeture est palpable ». Alors que certains terrains ont été obtenus par expropriation, l'UPA estime que ceux-ci devraient être remis aux producteurs,  s'il y a démantèlement.

Le président régional, Christian Côté, soutient que des clubs de VTT ont fait part de leur intérêt à utiliser les terrains à des fins récréatives, ce qui fait craindre le pire aux producteurs. « Le rail traverse de nombreuses terres agricoles. Les clôtures ont toujours été entretenues par [les gestionnaires] du chemin fer. Mais avec un démantèlement, les troupeaux pourraient circuler librement, ce qui serait dangereux pour les animaux et pour ceux qui se serviraient de la voie », explique-t-il. 

Prématurée, dit la SCFG

La Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) juge prématurée de faire allusion à un éventuel démantèlement du rail. Un des administrateurs, Jean-Guy Poirier, soutient que ce scénario est loin de figurer dans les plans et questionne la sortie publique de l'UPA. « Si j'image ça, c'est comme si une personne n'était pas encore décédée et que d'autres tenteraient de décider qui aura ses biens, une fois qu'elle sera morte. Le moment n'était pas propice pour faire cette sortie », déclare-t-il, avant de qualifier la résolution de « farfelue ».

M. Poirier craint que la position des producteurs nuise aux chances de la région d'obtenir le financement nécessaire pour remettre le rail à niveau. « Ça ne nous aide certainement pas dans nos démarches auprès des autorités. Les gouvernements pourraient nous dire que la région a déjà mis une croix sur le chemin de fer, car des gens sont en train d'identifier qui aura la succession », déplore-t-il. 

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