Québec doit reculer sur la hausse des tarifs, selon le Réseau de vigilance

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Des membres du Réseau de vigilance (dont Geneviève Giguère, assise, à droite, et Vincent-Olivier Bastien, à côté d’elle), ont interpellé les députés libéraux de la Gaspésie et des Îles pour éviter de «voir reculer les acquis sociaux».

Des membres du Réseau de vigilance (dont Geneviève Giguère, assise, à droite, et Vincent-Olivier Bastien, à côté d’elle), ont interpellé les députés libéraux de la Gaspésie et des Îles pour éviter de «voir reculer les acquis sociaux». Photo : Geneviève Gélinas

Le gouvernement libéral doit faire marche arrière sur la contribution santé, la hausse des droits de scolarité et l’augmentation des tarifs d’Hydro-Québec, exigent des syndicats, des groupes communautaires et des associations étudiantes de la Gaspésie et des Îles.

Le Réseau de vigilance de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine interpelle les députés libéraux de la région, Georges Mamelonet, Damien Arsenault et Germain Chevarie. «En les élisant, les Gaspésiens et les Madelinots leur ont fait confiance, lance la porte-parole du Réseau, Geneviève Giguère. On ne savait pas qu’ils allaient adopter des mesures fiscales régressives, et qu’ils maintiendraient ces décisions.»

Appauvrissement

Mme Giguère observe que les Gaspésiens soutenus par les organismes communautaires s’appauvrissent. La tendance s’accentuerait depuis trois à cinq ans. Et leur fardeau s’alourdira encore, juge le Réseau.


Pour l’année 2012, les Québécois devront payer une contribution santé de 200 $. Les tarifs d’électricité grimperont à nouveau en 2014-2015, après avoir augmenté de 18,6 % de 2004 à 2011. Quant aux droits de scolarité, ils seront plus élevés de 1625 $ par année dans cinq ans.

Bien des Gaspésiens et des Madelinots n’ont pas la marge de manœuvre nécessaire pour encaisser de nouvelles hausses, estime Mme Giguère. L’an dernier, l’arrivée d’une première contribution santé de 50  $ a entraîné, dans certains cas, une demande supplémentaire aux banques alimentaires, rapporte-t-elle. Et certains étudiants ont déjà du mal à joindre les deux bouts. «J’ai une amie à l’université. Elle est mère monoparentale et reçoit 604 $ par mois en prêts et bourses, dit Mme Giguère. Sa carte de crédit est pleine et elle songe à abandonner ses études.»

Alternatives

«On comprend que les coffres de l’État doivent être garnis, convient Mme Giguère, pour payer les soins de santé, les services sociaux et l’éducation. Et on a des propositions pour les garnir.»

Le Réseau Vigilance suggère notamment d’ajouter un quatrième palier d’imposition pour les revenus de 125 000 $ et plus, de taxer davantage les produits de luxe et de diminuer le plafond des REER.

«Peu d’espoir»

Le président de l’Association générale des étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles, Vincent-Olivier Bastien, affirme avoir rencontré «à plusieurs reprises» le député Georges Mamelonet. Il voulait le sensibiliser aux effets de la hausse des droits sur les étudiants gaspésiens, qui doivent absolument quitter la région pour étudier à l’université.

«On n’a aucun espoir que M. Mamelonet recule, ce n’est pas lui qui prend les décisions», affirme M. Bastien. Il faut tout de même interpeller les députés «pour la forme», ajoute-t-il. «On doit leur rappeler qu’ils sont supposés nous représenter.»

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