Développement économique et exportation

Projet de relance de la scierie de Cap-Chat

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Le consortium financier, les employés et les élus espèrent la relance de l'usine de sciage du Groupe Lebel à Cap-Chat.

Le consortium financier, les employés et les élus espèrent la relance de l'usine de sciage du Groupe Lebel à Cap-Chat. Photo : Johanne Fournier

CAP-CHAT – Un partenariat d'affaires a été mis en place afin de relancer les activités de l'usine de sciage de Cap-Chat, fermée depuis plus d'un an. Mais les partenaires financiers posent leur condition.

Le consortium, formé de trois regroupements forestiers et du propriétaire de la scierie, le Groupe Lebel, demande au gouvernement de lui accorder un volume supplémentaire d'approvisionnement en résineux de 45 000 mètres cubes, qui viendrait s'additionner aux 55 000 mètres cubes garantis. 

Le directeur général du Groupement forestier coopératif Shick Shock fait appel à la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet et à son collègue aux Régions, qui est également député de la circonscription, Gaétan Lelièvre. Michel Marin leur rappelle que 63 000 mètres cubes de bois sont disponibles en vertu du contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) de l'usine Cédrico de La Martre, qui a définitivement fermé ses portes il y a cinq ans. 

Modèle d'affaires

Le partenariat se divise en deux parts égales. Ainsi, 50% des coûts de la relance seraient assumés par le Groupement forestier coopératif Shick Shock de Sainte-Anne-des-Monts, le Groupement forestier coopératif de la péninsule de Gaspé et la Société d'exploitation des ressources des Monts de Matane. L'autre moitié des investissements requis proviendraient du Groupe Lebel de Rivière-du-Loup, qui est propriétaire de l'usine de Cap-Chat. L'investissement total prévu serait de 1,5 million$. 

Dans la mesure où l'approvisionnement souhaité serait accordé, le président-directeur général du Groupe Lebel a bon espoir que les activités de l'usine de Cap-Chat puissent reprendre le printemps prochain. Dans un premier temps, Frédéric Lebel rappellerait au travail la moitié de la quarantaine d'employés qui avaient été mis à pied lors de la suspension des opérations, il y a plus d'un an.

Appui inconditionnel

Les conseils municipaux de Cap-Chat, Sainte-Anne-des-Monts et La Martre ainsi que le conseil des maires de la MRC de La Haute-Gaspésie ont adopté des résolutions unanimes au projet de relance. «Le gouvernement fait des annonces pour les éoliennes, alors qu'il y a un

surplus d'électricité, tandis que le bois, il est là et on ne l'utilise pas», a exprimé en conférence de presse le maire de Cap-Chat, Judes Landry.

 De son côté, le préfet de La Haute-Gaspésie a rappelé le contexte économique particulièrement difficile de son territoire. «Dans une région où le taux de chômage est de 20%, ce volume supplémentaire est important», a lancé Allen Cormier. 

La mairesse de Sainte-Anne-des-Monts y est allée dans le même sens. «L'industrie forestière et la pêche représentent le berceau du développement économique de la Haute-Gaspésie, a livré Micheline Pelletier dans un vibrant élan de solidarité. La Haute-Gaspésie a perdu 500 emplois depuis le début de la crise forestière. Si ça arrivait à Montréal, le gouvernement interviendrait.» 

Espoir chez les travailleurs

Clovis St-Pierre de Cap-Chat espère ardemment le redémarrage de l'usine où il travaillait depuis sa construction en 1991. Depuis la fermeture, il a travaillé par périodes grâce à des programmes d'emplois d'une quinzaine de semaines. Mais il admet trouver la situation plutôt difficile. «On a moins d'argent, mais les factures sont les mêmes», laisse-t-il tomber.

Même son de cloche du côté du représentant des travailleurs de l'usine: «Nous, ce qu'on veut, c'est travailler, lance Fidèle Beaudoin, tel un cri du coeur. C'est la deuxième année qu'on travaille pas. On fait des recherches d'emplois, mais il y en a pas. Alors, on s'exile. Si l'usine repart, la plupart des travailleurs vont revenir.»

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