Politique

Le projet de loi spéciale fait réagir en Gaspésie

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le projet de loi 78 suscite de vives réactions en Gaspésie.

Le projet de loi 78 suscite de vives réactions en Gaspésie. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Le projet de loi 78, visant à régler le conflit étudiant, suscite de vives réactions en Gaspésie.

Le président de l’Association générale des étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé, Dave Ferguson, estime que ce projet de loi, s’il est adopté tel quel, est «horrible» et «très inquiétant» pour la santé démocratique du Québec. «C’est très épeurant, ce projet dépasse la cadre du mouvement étudiant. Il encadre beaucoup trop le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens, sur tous les sujets.»

M. Ferguson fait notamment référence aux dispositions exigeant que les organisateurs des manifestations de 50 personnes ou plus dévoilent aux policiers, au moins huit heures avant le début de celle-ci, la date, l’heure, la durée, le lieu, l’itinéraire de la manifestation et les moyens de transport utilisés.

Le projet de loi 78 prévoyait à l'origine la même obligation, mais pour une manifestation de 10 personnes ou plus.

Une personne qui contreviendrait à cette règle serait passible d’une amende de 1 000 $ à 5 000 $. Ce montant s’élèverait de 7 000 $ à 35 000 $ pour un dirigeant, un employé ou un représentant d’une association étudiante ou d’une association de salariés et de 25 000 $ à 125 000 $ pour une association étudiante ou une association de salariés.

«C’est vraiment le pire scénario qu’on pouvait imaginer pour régler le conflit étudiant», commente M. Ferguson, précisant cependant que les dispositions de la loi visant à suspendre les sessions ne touchent pas aux membres de son association, qui ont repris leurs cours depuis quelques semaines.

Le représentant étudiant demande par ailleurs au député libéral de Gaspé, Georges Mamelonet, de s’abstenir de voter sur ce projet de loi.
 
«Une menace aux droits fondamentaux»
 
La candidate de Québec solidaire dans Bonaventure, Patricia Chartier, est scandalisée par le contenu de la pièce législative qu’elle considère comme une «atteinte grave à la démocratie».
 
Mme Chartier dénonce particulièrement les nouveaux pouvoirs qui seraient accordés au ministère de l’Éducation. En vertu de cette loi, celui-ci pourrait ordonner aux cégeps et aux universités de cesser de percevoir les cotisations que versent les étudiants à leur association si cette dernière viole les dispositions de la loi.

«C’est complètement démesuré. C’est au-delà de ce qu’on pouvait craindre», fustige-t-elle, avant d’ajouter qu'elle espère que cette loi provoquera un électrochoc dans la population. «Ce gouvernement est en train de battre des records de mauvaise foi et il est grand temps que les gens s’en aperçoivent.»

Un constat d’échec

Le député péquiste de Matane, Pascal Bérubé, mentionne pour sa part que le dépôt de la loi spéciale illustre que le gouvernement Charest a échoué dans sa tentative de régler le conflit étudiant qui perdure depuis des mois au Québec. «Comme député, comme citoyen, comme ancien étudiant, je suis troublé de constater que le gouvernement en vienne à une loi matraque contre la jeunesse. Une solution négociée est toujours préférable. Cette loi, c’est le constat d’échec de la gouvernance des libéraux», se désole le péquiste.

Le candidat de la Coalition avenir Québec dans Bonaventure, Jean-Marc Landry, a préféré ne pas se prononcer sur le projet de loi, disant vouloir attendre qu’il soit final. Il a tout de même indiqué que le projet, s’il est adopté tel quel, va à l’encontre des libertés civiles et ne garantit pas une reprise des cours convenable.

Cet article a été mis à jour le vendredi 18 mai à 15h00

9 commentaires

Maryève Charland-Lallier a écrit le 20 mai 2012

Je rectifierais la demande à Damien Arsenault en le priant de ne pas de s'abstenir sur le vote... de voter contre!!! Cette loi n'est pas seulement une atteinte aux droits des étudiants (quoique ça serait déjà assez pour nous indigner), il s'agit d'une atteinte aux droits de tout citoyen tel qu'entendu dans la Charte des droits et libertés. Quand les juristes dénoncent une loi, comment se fait-il qu'il y ait même une infime possibilité que le gouvernement puisse la faire passer??? Je suis outrée, déçue, fâchée, scandalisée, les larmes aux yeux, avec une voix (par opposition à "sans voix") - mais ô combien étranglée par tant de manque de respect, d'un tel affront à des citoyens d'un état que je croyais porteur de démocratie.

luc gionest a écrit le 19 mai 2012

la democratie n existe plus au quebec : le parlement quebecois devrait inscrire une loi qui autorise le peuple quebecois a demettre le premier ministre du quebec lorsque celui ci proclame des lois liberticices de meme un conseil des sages pourrait aussi etre nomme par la population pour exercer ce pouvoir qui viendrait enlever des mains d un premier ministre l autorite dictatorialle tel qu exercee aujourd hui !!! le systeme parlementaire actuel n est plus democratique .

Bilbo a écrit le 19 mai 2012

INDIGNEZ-VOUS! La portée de cette loi dépasse largement ce pour quoi on prétend qu'elle a été créée. On peut être pour ou contre la hausse des frais de scolarité, mais on ne peut pas être pour la suppression des droits et libertés. Mon questionnement, récurrent t: On dirait que le gouvernement libéral de JJ Charest fait tout pour faire pourrir cette situation depuis le début. Pourquoi? Est-ce pour avoir un écran de fumée (lacrymogène )médiatique derrière lequel cacher tous les cadeaux qu'il s'empresse de faire à ses tizamis, espérant de ceux-ci un retour généreux? Est-ce que JJ s'en va ailleurs que d'où il vient? Il veut marquer son nom dans les livres d,histoire. J'espère qu'aux prochaines élections, "je me souviens" sera un slogan.

Maryève Charland-Lallier a écrit le 18 mai 2012

Je rectifierais la demande à Damien Arsenault en le priant de ne pas de s'abstenir sur le vote... de voter contre!!! Cette loi n'est pas seulement une atteinte aux droits des étudiants (quoique ça serait déjà assez pour nous indigner), il s'agit d'une atteinte aux droits de tout citoyen tel qu'entendu dans la Charte des droits et libertés. Quand les juristes dénoncent une loi, comment se fait-il qu'il y ait même une infime possibilité que le gouvernement puisse la faire passer??? Je suis outrée, déçue, fâchée, scandalisée, les larmes aux yeux, avec une voix (par opposition à "sans voix") - mais ô combien étranglée par tant de manque de respect, d'un tel affront à des citoyens d'un état que je croyais porteur de démocratie.

Jean-François Dubois a écrit le 18 mai 2012

Désormais,le devoir citoyen n'est plus que vôter mais aussi de Lutter!

Marcel a écrit le 18 mai 2012

Est-ce que s'exprimer librement c'est manifester......oh merde

Jeff Gallant a écrit le 18 mai 2012

Ne tombons pas dans leur piège, c'est ça qu'ils veulent, nous silencer. PARLONS HAUT, PARLONS FORT, NOUS N'ACCEPTERONS PAS CETTE DICTATURE!

Jeff Gallant a écrit le 18 mai 2012

Ne tombons pas dans leur piège, c'est ça qu'ils veulent, nous silencer. PARLONS HAUT, PARLONS FORT, NOUS N'ACCEPTERONS PAS CETTE DICTATURE!

Annette Bujold a écrit le 18 mai 2012

Selon le projet de loi 78, je n'ose en parler . Ce matin elle disait que même les écrits sur internet seront sur surveillance .... Comme je ne veux pas que mes petits enfants viennent me porter des oranges à la prison je garde le silence .Lol lol.....

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