Politique

Présidence de la CRÉGÎM: Le suffrage universel fait son chemin

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Suffrage universel de la présidence de la CRÉGÎM: le débat est lancé

Suffrage universel de la présidence de la CRÉGÎM: le débat est lancé Photo : Thierry Haroun

PERCÉ - À la lumière de la controverse entourant l'élection de la présidence de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie-les-Îles (CRÉGÎM), l'idée d'élire son président au suffrage universel fait son chemin dans la région tant à l'échelle politique qu'économique.

Les récentes déclarations de la mairesse de Murdochville, Delisca Ritchie-Roussy, et du préfet de Bonaventure, Jean-Guy Poirier, selon qui l'élection de la présidence est une chose qui doit rester à l'interne, en ont fait sourciller plusieurs. Le maire de Grande-Rivière Bernard Stevens  juge que l'élection au suffrage universel serait la solution idéale. Selon lui, cela favoriserait la transparence et donnerait les coudées franches au président qui ne serait ni attaché à une municipalité ni à une préfecture, évitant ainsi tout conflit d'intérêt territorial. «Je suis en faveur du suffrage universel parce que quand on voit ce qui s'est passé à l'interne (de la CRÉGÎM) il semble bien qu'on ne veuille pas impliquer la population. Je souhaite ce suffrage au même titre que ce pourquoi je me suis battu dans la MRC, soit un préfet aussi élu au suffrage universel». On notera que le préfet de la MRC Rocher-Percé est élu au suffrage universel depuis 2010.

 

Selon M. Stevens, une telle approche pour la CRÉGÎM donnerait davantage de légitimité au nouveau président ou présidente. «Ça donnera aussi la chance à quelqu'un de la population générale de se faire élire pour faire un aussi bon travail que quelqu'un qui est nommé à l'interne».

 

La mairesse de Chandler, Louisette Langlois, est du même avis en proposant que l'élection se fasse toutefois en même temps que l'élection des maires au quatre ans afin d'éviter des coûts supplémentaires aux citoyens. «Ce serait une excellente idée! En plus, cette personne serait indépendante, elle ne se laisserait pas influencer par les forces de l'interne. Ça favoriserait des décisions neutres et on cesserait ainsi le développement polarisé des territoires et des jeux de coulisses».

 

L’idée est également saluée par le président du Regroupement pour l'avancement économique de la Gaspésie, Gaston Langlais, qui juge que cette formule donnerait la chance à des gens de talent de présider les destinées de l'organisme et de ce fait de la région. «Écoutez, le président de la CRÉ est plus important qu'un député. Par le suffrage universel, il serait redevable à la population. En ce moment, ce sont des nominations entre amis». M. Langlais fait ici référence par exemple aux préfets qui ne sont pas élus au suffrage universel et qui peuvent tout de même avoir accès à la présidence de la CRÉGÎM en étant nommé par les membres de l'organisme, ce qui était le cas de Bertrand Berger qui en a été le président de 2004 à novembre dernier. M. Berger était aussi maire d'Escuminac et préfet d'Avignon.

 

Une course à trois?

 

Tout indique que la course à la présidence de la CRÉGÎM ne se fera pas à deux, mais bien à trois. Joint à ses bureaux, le nouveau et jeune maire des îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, confirme en entrevue être «en réflexion» sur ce sujet. Ce dernier tient toutefois à dire que c'est le développement de la région qui doit primer avant toute chose. «Ce qui est important avant de commencer à se demander qui sera président ou vice-président, c'est de se questionner chacun de notre côté sur l'avenir et le développement de la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine».

 

Jonathan Lapierre fera ainsi face à la préfet de la MRC du Rocher-Percé, Diane Lebouthillier, et au maire de Gaspé, Daniel Côté, qui a récemment indiqué être aussi en réflexion. L'élection aura lieu le 13 décembre en séance publique de la CRÉGÎM à Gaspé.

7 commentaires

Louis-Patrick St-Pierre a écrit le 1 décembre 2013

Bonjour M. Thibodeau. Les députés sont répondants des compétences provinciales. Il faut un élu régional pour être mandaté sur les enjeux régionaux. Ces deux fonctions sont radicalement différentes et ne se rendent donc pas obsolètes entre elles. Si nous voulons une autonomie, il faut commencer par élire un représentant, sinon nous devrons toujours ramper vers les centres où se concentre le pouvoir politique de règlementation.

Gilles Thibodeau a écrit le 25 novembre 2013

Bonsoir M. Langlais . Je vous signale qu'ici à la M.R.C. Rocher Percé , la préfète n'est pas maire et est élue au suffrage universel. En ce qui concerne la suite de votre intervention cela demeure une opinion personnelle et des vœux pieux dont la démocratie nous dicte le respect... Cordialement Gilles Thibodeau Pabos.

Gaston Langlais a écrit le 25 novembre 2013

Bonsoir, Un maire doit prendre les intérêts de sa municipalité d'abord. Ce même maire une fois nommé préfet entre automatiquement en conflit d'intérêts. Un président de la CRÉ nommé est doublement en conflit d'intérêts. Donc il faut soit élire le président de la CRÉ au suffrage universel ou bien abolir tout simplement les CRÉ(s) en soutenant que nous sommes effectivement sur-administrés. Les CRÉ(s) quant à moi comme les Agences de la santé pourraient disparaitre sans causer de préjudice aucun. Au contraire il y aurait une économie importante de plus d'un milliard de $ à l'échelle du Québec. Gaston Langlais - Gaspé.

Gilles Thibodeau a écrit le 25 novembre 2013

Bonsoir. @ Messieurs St-Pierre & Langlais . La présidence de la Cré élue au suffrage . Malgré le fait que je suis un démocrate donc je me dois de ne pas être totalement en désaccord , toutefois un(e) président(e) de la CRÉ élu(e) au suffrage universel est quant à moi un non - sens. Nous avons déjà en région 3 députés élus au suffrage universel au provincial et un député au fédéral. Déjà nous trouvons que les comtés sont trop grands. Avez-vous pensé à ce qu'impliquerait le territoire électoral d'un président(e) élu(e) et le salaire qu'il faudrait allouer à cette fonction de super-député?( Le maire de Bonaventure exige 75,000.00) . Un autre questionnement m'effleure l'idée , un président(e) de la Cré élu(e) au suffrage universel aurait une légitimité plus grande qu'un simple député de comté et même un ministre ,non je crois que pour le moment plutôt que de s'accrocher à de petits tirages de corde sur notre côté . Commençons par le commencement soit un préfet(e) élu(e) au suffrage universel dans chacune des MRC et que par la suite les gens travailleront ensemble pour le développement de la région,qui en a bien besoin selon moi. Gilles Thibodeau Pabos.

Gilles Thibodeau a écrit le 25 novembre 2013

Bonjour . Le roi est mort vive le roi . Le fantôme disparu , voilà que le grain a germé et tout à coup l’idée apparue . La légitimité du suffrage universel c'est ce que prône la M.R.C. Rocher Percé Curieusement aujourd'hui des gens de M.R.C non élue au suffrage universel viennent nous parler de démocratie ,des gens dont la présidence de la CRÉGIM trônait chez eux depuis toujours . Et voilà que tout à coup le déplacement possible du trône vers une autre M.R.C fait réagir ces gens et soudainement ils nous parlent de démocratie , de légitimité et d'autonomie ,évidemment je ne peux être en désaccord ,mais pendant que le grain germe faudrait en profiter pour le planter chez vous dans votre propre terre . Gilles Thibodeau Pabos.

Gaston Langlais a écrit le 25 novembre 2013

Bonjour, Afin de confirmer mes propos à M. Thierry Haroun, voici un commentaire que j'avais préparé à cet effet: Le choix d'un préfet entre ami(e)s dans une MRC est un grave accroc à la démocratie. La sélection d'un président de la CRÉ dans sa version actuelle ne tient pas non plus en démocratie. On a pas le droit de désigner ainsi une personne qui engage les taxes des contribuables sans que ces derniers n'aient un seul mot à dire quant à sa nomination. Je ne comprends tout simplement pas que le Ministre des Affaires municipales tolère toujours une pratique aussi anormale dans la qualification de politiciens-gestionnaires de nos affaires. Gaston Langlais - Gaspé.

Louis-Patrick St-Pierre a écrit le 25 novembre 2013

Voilà un progrès que l'on ne pourrait que saluer. La CRÉGIM aurait une légitimé démocratique directe, rapprochant ainsi l'instance de l'autonomie souhaitable. L'idée de Mme Langlois est d'ailleurs très bonne, puisqu'il faut séparer le pouvoir régional du pouvoir local. On ne peut pas faire les deux sans accumuler trop de pouvoir.

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