Politique

Un premier débat pour les candidats dans Bonaventure

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le premier débat des candidats à l'élection de Bonaventure a eu lieu hier au Quai des arts de Carleton-sur-Mer.

Le premier débat des candidats à l'élection de Bonaventure a eu lieu hier au Quai des arts de Carleton-sur-Mer. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Les candidats à l’élection partielle dans Bonaventure ont participé hier à leur premier débat de la campagne électorale devant plus d’une centaine de personnes réunie au Quai des arts de Carleton-sur-Mer.

Organisée par la station de radio CIEU FM, cette confrontation d’idées a donné lieu à des échanges courtois, qui ont tout même parfois provoqué des étincelles entre les candidats.

Tour à tour, les aspirants députés ont exprimé leur vision notamment sur la carte électorale, la question nationale, les ressources naturelles, l’industrie forestière et l’économie régionale.

Hydrocarbures en mer, un sujet chaud

La discussion autour des hydrocarbures dans les milieux marins a été celle qui a suscité le plus d’échanges musclés. C’est d’ailleurs à partir de ce thème que le ton de l’exercice a pris une tournure un peu plus mouvementée.

Le candidat de l’Action démocratique du Québec, Georges Painchaud, a ouvert les hostilités en affirmant que les risques sont déjà présents en raison des plates-formes au large de Terre-Neuve. «Ou bien on se croise les bras et on regarde Terre-Neuve se créer une fortune ou bien on suit le pas en s’assurant que ça soit sécurisé», a-t-il déclaré fermement avant de relancer le candidat libéral, Damien Arsenault, sur cette question.

«J’ai un préjugé défavorable envers ce projet. J’ai participé aux consultations publiques et je partage les mêmes inquiétudes que les gens», a-t-il répondu, en précisant que tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas d'acceptabilité sociale, il n’appuiera pas le projet.

Le candidat du Parti québécois, Sylvain Roy, a saisi la balle au bond en lançant à M. Arsenault qu’il contredisait la vision du Parti libéral. «Les conditions actuelles sont inacceptables. Il n’y a pas de lois, pas de normes, et pas de redevances spécifiques prévues», a-t-il pesté.

Lorsque questionné s’il était capable de chiffrer les redevances potentielles par M. Arsenault, le péquiste a répondu qu’il en était incapable.

Une fois l’échange terminé, la candidate de Québec solidaire (QS), Patricia Chartier, a laissé entendre qu’autant les libéraux que les péquistes n’étaient pas opposés à l’exploitation des hydrocarbures. «Pour nous, c’est clair que c’est dépassé et qu’il faut passer à autre chose. Il est grand temps de privilégier les énergies renouvelables», a-t-elle avancé avec fermeté.

Pour sa part, le candidat du Parti vert, Jean Cloutier, a profité de l’occasion pour rappeler qu’il était contre toute forme d’exploitation en mer. «On peut utiliser la mer autrement en construisant des éoliennes flottantes, comme il y en au Danemark», a-t-il indiqué.

Le Parti vert demande des excuses

Au moment de débattre de l’uranium, le candidat du Parti vert a profité de son temps de parole pour demander des excuses à la candidate de QS, Patricia Chartier. «Vous avez dit à votre conférence de presse que votre parti était le seul contre l’uranium, alors que le Parti vert, avant même l’existence de QS était contre. C’est ça Québec solidaire ? On veut d’un autre parti comme ça à l’Assemblée nationale?», a-t-il vivement questionné.  

Visiblement surprise par ses attaques, Mme Chartier a répondu à M. Cloutier qu’il n’obtiendrait pas «beaucoup de votes» auprès des Gaspésiens en adoptant un ton «agressif». Le candidat du PQ a ajouté son grain de sel en disant à M. Cloutier avec humour «vous êtes un passionné», ce qui lui a valu les rires et les applaudissements de la foule.

Échanges entre le libéral et l’adéquiste

Les discussions au sujet de l’industrie forestière ont rapidement bifurqué vers le dossier de la Coopérative forestière de St-Elzéar. À ce sujet, le candidat de l’ADQ a directement attaqué le gouvernement libéral. «Je suis allé rencontrer les travailleurs, et c’est écœurant qu’ils aient perdu leur régime de retraite. Ils ont été abandonnés par les libéraux», a-t-il décrié.
 
Longtemps impliqué dans ce dossier, M. Arsenault a rétorqué avec force à M. Painchaud qu’il parlait sans savoir. «Je comprends de par où vous venez que vous n’êtes pas vraiment connecté. Ce n’est pas une visite des travailleurs en après-midi qui va vous permettre de connaître le contexte de la Coopérative.»

Période de questions

Le ton a changé lors de la période de questions du public. Le candidat de l’ADQ a d’ailleurs dû défendre son idée de faire venir des retraités de Montréal pour développer l’économie de la région.

«Ne croyez-vous pas que ça ferait monter le prix des maisons, et ainsi bloquer davantage l’accès à la propriété pour nos jeunes», a questionné une citoyenne ? «Il faudrait miser sur la jeunesse plutôt que sur des retraités pour l’avenir de la région», a-t-elle ajouté, ce qui a provoqué une vague d’applaudissements dans la foule.

M. Painchaud a répliqué avec force en remettant en cause le raisonnement de la citoyenne. «Si votre logique est bonne, pourquoi un des États américains les plus riches, la Floride, est celui où il y le plus de retraités.»

Le candidat Martin Zibeau s’invite au débat

Le candidat de la Coalition Sans-parti, Martin Zibeau, s’est invité au débat de façon originale. Celui qui, selon CIEU FM, n’a pas pu participer aux échanges en raison de contraintes techniques, a profité de la période de questions pour joindre ses adversaires. «Est-ce qu’il y aurait eu de la place pour une 6e chaise pour que je puisse exposer une autre vision des choses, une vision sans parti ?», a-t-il demandé aux cinq candidats.

Après que chacun des aspirants députés ait défendu la pertinence du système de partis politiques, M. Zibeau a demandé s’il pouvait se mettre à la disposition du public aux côtés des cinq autres candidats sur la scène, ce que les organisateurs ont accepté.

4 commentaires

Hélène Guillemette a écrit le 22 novembre 2011

Sur la question de la construction de maisons neuves pour des retraîtés migrants en gaspésie votre article laisse le dernier mot à monsieur Painchaud. Mais son exemple, qu'il n'explique pas, a tout faux. Madame Tremblay a vue juste dans son analyse économique et sociale de la proposition: il y aurait une augmentation de la demande de maison, ni plus, ni moins, donc une augmentation des prix de celles-ci. Cette loi est incontournable sauf si on ne laisse pas les marchés fonctionner librement par exemple par des incitatifs (remises de taxes, déductions fiscales...) ou la présence de corruption qui peuvent briser cette simple loi des marchés. Je connais peu la situation spécifique de la Floride mais je penserais que la crise financière des dernières années et la dégringolade des prix des habitations qui a suivi a entraîné une augmentation des achats par les retraîtés en moyens qui ont profité des aubaines dans l'immobilier. Le soleil est un incitatif fort intéressant aussi! La jeunesse est gage de dynamisme. Attirons ceux-là et les autres suivront!

Madeleine Tremblay a écrit le 22 novembre 2011

suite et fin... au candidat de l'ADQ : tout ce qu'il a à répondre, c'est de comparer la Gaspésie à la Floride, wow, bravo pour son argumentaire !! »

Madeleine Tremblay a écrit le 22 novembre 2011

Cet article traduit bien ce débat électoral qui a eu lieu hier au Quai des arts .. la citoyenne qui a parlé de Miser sur la jeunesse c'est moi, qui croit au dynamisme de tous ses citoyens, mais surtout investir sur notre jeunesse pour faire grandir économiquement, socialement une belle région comme la Gaspésie!

Bilbo a écrit le 22 novembre 2011

...J’ai un préjugé défavorable envers ce projet. J’ai participé aux consultations publiques et je partage les mêmes inquiétudes que les gens...Je souhaite apporter un bémol. Il n'y a jamais eu de CONSULTATION. Il y a eu un show de relations publiques commandité par le parti libéral. Ca portait le douteux nom de :séance de partage d'information. On dirait que Monsieur Arsenault s'imagine que le parti va lui demander son avis avant de faire des cadeaux à ses vieux amis de Gastem. Charest, lui, dit clairement qu'il a un préjugé favorable. C'est des formules cheap non contraignantes qui permettent toujours de changer d'idée, prétextant avoir recu un complément d'information.

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