Un premier Centre de pédiatrie sociale voit le jour en Gaspésie

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Le Dr Gilles Julien et le président de la Commission scolaire des Chic-Chocs, Jean-Pierre Pigeon, lors de la coupure du ruban symbolisant l’inauguration officielle du Centre de pédiatrie sociale Haute-Gaspésie.

Le Dr Gilles Julien et le président de la Commission scolaire des Chic-Chocs, Jean-Pierre Pigeon, lors de la coupure du ruban symbolisant l’inauguration officielle du Centre de pédiatrie sociale Haute-Gaspésie. Photo : Johanne Fournier

Le père de la pédiatrie sociale au Québec, le Dr Gilles Julien, a procédé, vendredi à Cap-Chat, à la coupure du ruban symbolisant l’inauguration du douzième Centre de pédiatrie sociale (CPS).

Plus de 75 personnes ont pris part à l’événement marquant la création du premier point de services du Centre de pédiatrie sociale Haute-Gaspésie. Celui-ci, qui est situé dans un local de l’École L’Escabelle de Cap-Chat, porte le nom de Rita Chrétien. Décédée en 2007, la femme était très connue auprès de la communauté de Cap-Chat, surtout pour son dévouement à l’égard des jeunes.

Fierté de la part des dignitaires

Invité à prendre la parole, le député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, a exprimé sa fierté par rapport à la création d’une telle ressource dans sa circonscription. Le député de Matane, Pascal Bérubé, lui a succédé en indiquant qu’il a toujours été fortement intéressé par la situation préoccupante de certains enfants de la Haute-Gaspésie. «Je suis fier que nous puissions profiter de votre enseignement», a dit M. Bérubé en s’adressant au Dr Julien.

Le préfet de la MRC a rappelé l’importance et la pertinence hors du commun d’un tel service, qui devrait ensuite être également offert à Sainte-Anne-des-Monts et Saint-Maxime-du-Mont-Louis, plus précisément dans le secteur de Gros-Morne. «Des professionnels ont compris l’importance d’agir, a soutenu Allen Cormier. Des enfants pourront compter sur ces nouveaux services qui sauront leur donner de l’espoir.»

«Le premier centre de pédiatrie sociale à l’est de Lévis, ça veut dire qu’on a passé par dessus tous ces gens-là, ce qui est rare», a lancé le maire de Cap-Chat, Jude Landry, en ne manquant pas de faire rire l’assistance.
 
Situation préoccupante

Le président de la Commission scolaire des Chic-Chocs a rappelé quelques statistiques: 25% des élèves de la Haute-Gaspésie qui entrent au secondaire démontrent un retard scolaire; 12% des bébés qui naissent en Haute-Gaspésie ont un poids insuffisant et 33,6 enfants sur 1 000 sont victimes de maltraitance.

«La Commission scolaire n’a pas hésité à soutenir le CPS, notamment en lui octroyant une somme de 10 000 $ et par le prêt gratuit du local de l’école L’Escabelle, a déclaré Jean-Pierre Pigeon. Je félicite Claire Fortin et toute son équipe pour sa belle initiative.»

Le réputé pédiatre s’est dit fier d’inaugurer son douzième CPS. «Il a fallu  deux à trois décennies avant qu’on croit à la pédiatrie sociale au Québec, a exprimé le Dr Julien. Il y a 30% des enfants qui échappent aux services dont ils auraient besoin. Il y encore trop d’enfants qui tombent entre deux chaises. Le chiffre est énorme. Ça me révolte. Les communautés se sont désengagées de leurs enfants. Le CPS est là pour les parents qui n’y arrivent pas.»

La chef d’expédition du défi «Voir grand pour l’enfance – Kili 2012» a profité de l’événement pour parler de l’importance de cette campagne de financement, dont les sommes recueillies seront versées au CPS Haute-Gaspésie. «Un mois et demi après avoir lancé cette campagne, on a amassé 30 000 $, s’enthousiasme Doryne Bourque, originaire de Saint-Alphonse-de-Caplan. Il reste six mois devant nous et je suis confiante qu’on va atteindre notre objectif de 100 000 $ et qu’on va même le dépasser!»

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