Pêches

Poisson de fond : salaires variables

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
La situation type de ces capitaines consiste à pêcher du turbot, un peu de crabe des neiges et du flétan de l’Atlantique (sur la photo).

La situation type de ces capitaines consiste à pêcher du turbot, un peu de crabe des neiges et du flétan de l’Atlantique (sur la photo). Photo : pecheimpact.com

RIVIÈRE-AU-RENARD, mai 2018 – Les aides-pêcheurs sont-ils à plaindre pour leurs revenus? Les sommes gagnées et le mode de paiement varient considérablement selon la flotte, et même d’un capitaine à l’autre. GRAFFICI a tenté de dresser un portrait nuancé. Aujourd’hui, les pêcheurs de poisson de fond.

Sur les bateaux côtiers de pêche au poisson de fond, la majorité des capitaines paient leurs aides avec un salaire à la semaine. La moyenne tourne autour de 1200 $ à 1300 $ par semaine, pour 14 à 26 semaines de travail, indique Jean-René Boucher, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du nord de la Gaspésie. Appliqués sur une saison, ces salaires totalisent entre 17 000 $ et 34 000 $.


« Quand j’entends des gens qui sortent dans les médias, dire qu’ils gagnent 20 000 $ par an… Oui, mais c’est pour 18 semaines. Il t’en reste 34 pour aller gagner ta vie autrement », dit M. Boucher.


La situation type de ces bateaux : un quota de turbot, un peu de crabe des neiges et du flétan de l’Atlantique. C’est le cas de Rosario Junior Dunn, un capitaine de Rivière-au-Renard. Il n’est pas gêné de révéler combien il paie ses aides-pêcheurs. L’an dernier, ils ont gagné 50 000 $, dit-il, soit 13 % des revenus bruts.


« Si on veut garder nos équipages, ils ont le droit de vivre comme les autres », dit M. Dunn. Plusieurs autres pêcheurs de poisson de fond paient à pourcentage, entre 8 % et 14 % selon les témoignages recueillis par GRAFFICI.


La pratique de payer à pourcentage est perçue comme « la norme » à Rivière-au-Renard, peu importe le type de pêche. « C’est plus ambitionnant pour les hommes de pont. Plus il y a de poisson dans la cale, mieux c’est pour eux », explique un capitaine.


Et la moyenne?
Toutes espèces confondues, il y avait 665 matelots de pont en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine en 2015, selon le Recensement 2016. Leur revenu moyen était de 23 085 $.


Cette moyenne cache d’importantes disparités : la moitié  de ces matelots gagnait moins de 13 506 $ (revenu médian) et la moitié gagnait davantage.


Des 665 aides-pêcheurs, 490 ont travaillé moins de 16 semaines en 2015; le revenu moyen de ceux-là était de 14 720 $.


Les données ont été fournies par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec.
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