Pointe-à-la-Renommée, siège d’un événement historique national

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Marianne Côté, du comité local de développement de L’Anse-à-Valleau, fait visiter aux touristes le phare de Pointe-à-la-Renommée et une reconstitution de la station Marconi (à droite en bardeaux).

Marianne Côté, du comité local de développement de L’Anse-à-Valleau, fait visiter aux touristes le phare de Pointe-à-la-Renommée et une reconstitution de la station Marconi (à droite en bardeaux). Photo : Geneviève Gélinas

Ottawa reconnaît que Pointe-à-la-Renommée, près de L’Anse-à-Valleau, a été le siège d’un événement historique d’importance nationale. La première station de radiotélégraphie maritime du Canada y a été établie en 1904.

Le 25 juin 1904, un samedi soir, les opérateurs de Pointe-à-la-Renommée  échangent des messages en morse avec l’opérateur TSF du navire Parisian, qui passe au large. Ils n’ont rien de bien spécial à dire, sinon d’indiquer la position du navire et de souligner que le signal est bon. Ils sont alors loin de se douter qu’on en parlera encore 107 ans plus tard.

Ces messages sont les premiers envoyés par la station. Deux ans auparavant, l’inventeur de la télégraphie sans fil, Guglielmo Marconi, avait signé une convention avec le gouvernement canadien pour construire des installations de communication transatlantique, et de communication entre les phares, les stations côtières et les navires.

Des sauvetages

De 1904 à 1957, les « Marconi » (le nom donné aux opérateurs par la population) travailleront à Pointe-à-la-Renommée d’avril à décembre. La pointe a le mérite d’être située en face du plus grand cimetière à bateaux du Saint-Laurent : l’île d’Anticosti.  Les opérateurs de Pointe-à-la-Renommée et leurs collègues joueront d’ailleurs un rôle primordial pour la sécurité des navires.

Selon l’historien Jean-Marie Fallu, c’est grâce à une station comme celle de Pointe-à-la-Renommée qu’il y a eu des rescapés au naufrage du Titanic en 1912. « Grâce à la station de télégraphie sans fil de Cape Race [à Terre-Neuve], on a réussi à envoyer tout de suite un navire pour secourir les passagers », dit-il.

Les opérateurs de Pointe-à-la-Renommée ont eux aussi été au centre d’un sauvetage mémorable en 1942, en pleine Bataille du Saint-Laurent (écouter le récit de M. Fallu sur vidéo).

La fille de l’opérateur

Lloyd Nelson, le dernier chef-opérateur de Pointe-à-la-Renommée, y a travaillé de 1949 à 1957. Elinore Nelson, sa fille, était présente à la conférence de presse. « Je me souviens du bruit – dit dit daaw -- du code Morse, dit-elle, de la lumière du phare qui passe par la fenêtre de ma chambre la nuit. J’ai gardé surtout des souvenirs du paysage, mais aujourd’hui, je me rends compte à quel point la station était importante. Et toute ma famille est enchantée par ce qui se passe.  »

« On a toujours dit que le site historique avait une valeur historique inestimable pour la Gaspésie. Quand on nous dit non, ça ne veut pas dire jamais », affirme Blandine Poirier, présidente du comité local de développement de L’Anse-à-Valleau, qui met en valeur le phare et une reconstitution de la station Marconi. Le comité a essuyé un premier refus à sa demande de désignation déposée en 2007, avant de demander à M. Fallu d’approfondir le dossier.
 
Le Québec compte 81 événements désignés d’importance historique nationale, dont quatre en Gaspésie. Outre la station Marconi, on compte l’arrivée de Jacques Cartier à Gaspé, la Bataille du Saint-Laurent pendant la Deuxième Guerre et le sabordage du navire Marquis de Malauze lors de la Bataille de la Ristigouche en 1760.



1 commentaire

Mathieu Gélinas a écrit le 27 septembre 2011

Très bonne nouvelle. Enfin une reconnaissance, il était temps

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