Tourisme

PLUS DE 25 M$ DE PROJETS EN DÉVELOPPEMENT

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le mont Sainte-Anne  est l’une des formations géologiques que souhaite mettre en valeur l’équipe de la Coopérative du Géoparc, dont Cathy Poirier (présidente), Yvan Whittom (chargé de projet) et Caroline Leroy (stagiaire en géologie).

Le mont Sainte-Anne est l’une des formations géologiques que souhaite mettre en valeur l’équipe de la Coopérative du Géoparc, dont Cathy Poirier (présidente), Yvan Whittom (chargé de projet) et Caroline Leroy (stagiaire en géologie). Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ, août 2015 – La Gaspésie a besoin de renouveler son offre touristique, clame l’industrie depuis des années. Si deux grands projets sont sur le point d’être menés à terme à Percé et à Bonaventure, d’autres sur les Plateaux de Matapédia et à Mont-Saint-Pierre font du surplace en ces temps d’austérité. Leurs promoteurs ne lâchent toutefois pas le morceau, tandis que Gaspé réactive le rêve d’un traversier vers l’île d’Anticosti et la Côte-Nord. GRAFFICI a effectué pour vous une tournée et vous donne l'heure juste sur l'état d'avancement de ces projets.

MRC du Rocher-Percé
Création d’un Géoparc à Percé
Coût : 7,3 M$
État : CONCEPTION DES PLANS ET DEVIS

PERCÉ – Un Géoparc ouvert autour du 20 juin 2016, c’est l’objectif de la coopérative qui mène le projet, dont le financement est bouclé. La reconnaissance du Géoparc par l’UNESCO pourrait venir l’année suivante.

« On est dans les plans et devis, on veut les finir cet automne pour lancer les appels d’offres et commencer à construire pour qu’idéalement, avant la neige, les fondations et l’extérieur soient  faits », explique le chargé de projet Yvan Whittom.

Le principe de base, mettre en valeur les formations géologiques de Percé, n’a pas changé. Mais la Coopérative formée de gens d’affaires et d’organismes du milieu a apporté plusieurs ajustements au projet cette dernière année. Le centre d’interprétation sera au niveau de la mer, près de l’entrée du camping, plutôt qu’à flanc de montagne, comme évoqué au départ.

À l’intérieur, « on travaille à un spectacle multimédia à contenu scientifique, mais amené de façon ludique, avec une histoire, explique Cathy Poirier, présidente de la Coopérative du Géoparc. Le but, c’est de donner le goût aux gens d’aller visiter les géosites sur le terrain. »

Une passerelle au-dessus du vide, au flanc du mont Sainte-Anne, donnera un point de vue sur ces phénomènes, tout comme une quinzaine de kilomètres de sentiers ajoutés au réseau existant.
« On a bonifié le plan d’affaires pour s’assurer de répondre aux objectifs : retenir les touristes plus longtemps à Percé et allonger la saison touristique, plus tôt et plus tard en saison, en hiver, et les jours de pluie », déclare Mme Poirier.

Un premier pas en ce sens : dix tentes Imago prêt-à-camper, isolées et chauffées, sont installées sur le camping de 176 sites géré par la Coopérative. Il s’agit de l’ancien camping de la SÉPAQ, vendu à la Ville de Percé puis loué à la Coop.

L’objectif fixé au départ, soit 40 000 visiteurs par an, demeure le même. Un objectif « conservateur », selon Mme Poirier, qui correspond à 10 % des visiteurs à Percé.

Par ailleurs, l’équipe de la Coop a reçu les 21 et 22 juillet la visite du comité canadien du réseau mondial des Géoparcs, reconnu par l’UNESCO, en vue d’une recommandation au comité international. Le but de la Coop : obtenir une accréditation en 2017, pour donner « de la notoriété et de la crédibilité » au projet.

En 2014, le réseau comptait 11 Géoparcs dans 32 pays, dont Stonehammer au Nouveau-Brunswick et Tumbler Ridge en Colombie-Britannique.

Tourisme Québec investit 1,89 M$ dans le projet de Géoparc et Développement économique Canada, 2,44 M$. La Coopérative empruntera 2 M$, cautionnés par la Ville et remboursables sur 25 ans grâce aux revenus des entrées, du camping et des 300 places de stationnement qui seront aménagées sur le site.



MRC de Bonaventure
Améliorations au Bioparc de la Gaspésie à Bonaventure
Coût : 5,62 M$
État : EN COURS


BONAVENTURE – Les travaux commencés en mai dernier seront complétés à l’automne 2016. Ils visent à faire passer les 28 000 visiteurs annuels du Bioparc à 38 000, et d’approcher ainsi du cap de l’autofinancement.

« En mai-juin, il y a surtout eu du réaménagement d’habitats existants : ceux de l’orignal, de l’ours, des cerfs ont été refaits », explique Marie-Josée Bernard, directrice du Bioparc. Des travaux préparatoires pour la suite du chantier ont aussi été effectués.

L’entrepreneur prend une pause au cœur de la saison touristique puis à partir de la mi-août, il aménagera les habitats de nouveaux locataires : castors, lynx roux, pékans et porcs-épics. Il installera aussi une nouvelle aire de jeux à la place de la forêt magique.

En septembre, la construction d’un bâtiment dédié amphibiens et aux reptiles commencera. L’insectarium et la boutique seront agrandis, le hall d’accueil refait et le restaurant rénové, des travaux qui doivent être complétés en mai 2016.

Le dernier morceau, « la reconstruction du bassin des phoques, se fera à l’automne 2016, ajoute Mme Bernard. Ce sera un concept immersif, un tunnel ou une bulle, ça reste à déterminer. »
Le projet est subventionné par Développement économique Canada et le ministère québécois des Affaires municipales, en plus des autorités locales et régionales.


MRC d’Avignon
Route des belvédères à Matapédia et sur Les Plateaux
Coût : 7,8 M$
État : À LA RECHERCHE DE FINANCEMENT

MATAPÉDIA – Le projet consiste à aménager quatre belvédères à l’architecture futuriste dans les municipalités de Matapédia, Saint-André-de-Restigouche, L’Ascension-de-Patapédia et Saint-Alexis-de-Matapédia, et de les relier par une route touristique.

D’abord de 11 M$, le projet a diminué à 7,8 M$. « On a réduit un peu parce que les programmes ne sont plus les mêmes, le financement est plus difficile. Mais on n’a pas touché au cœur du projet, les belvédères », indique Louis Michaud, président de la Corporation de développement économique Matapédia-Les Plateaux. Plutôt que de construire un bâtiment neuf à Matapédia, « on privilégie d’acquérir et de rénover un bâtiment existant », explique-t-il.

Les cinq municipalités locales [les quatre citées plus haut et Saint-François-d’Assise] se sont engagées pour 1 M$. La Corporation a reçu « une offre ferme » de Développement économique Canada pour un autre million, dit M. Michaud.

Le reste est plus incertain. La Corporation n’a pas de réponse du ministère québécois de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, à qui elle demande 750 000 $, ni de la MRC d’Avignon, sollicitée pour 1,9 M$. Ce montant pourrait venir des redevances versées à la MRC pour le parc éolien des Micmacs et d’Innergex, en construction dans l’arrière-pays d’Escuminac, indique M. Michaud.

Même si les réponses à ces deux demandes étaient favorables, la Corporation ne recueillerait que 4,65 M$, soit 60 % des coûts.

L’organisme ne baisse pas les bras. « Ça pourrait servir de première phase, dit M. Michaud. La Corporation et les cinq municipalités, nous allons tenir une réunion de réflexion début octobre. On va voir si c’est possible de scinder le projet. »

« Il y a peut-être 500 000 personnes qui passent sur la 132, on aimerait en faire arrêter 10 %. Avec ça, on pourrait consolider [le commerce local] », dit M. Michaud.

MRC de la Haute-Gaspésie
Village Parc sur mer de Mont-Saint-Pierre
Coût : 5,2 M$
État : DANS LA BRUME

MONT-SAINT-PIERRE – Le projet de Village parc sur mer, dans lequel différents partenaires ont investi 322 000 $ en préparatifs depuis dix ans, incluant des études, est dans la brume totale quant à l’aide éventuelle de Québec.

Au sommet de sa célèbre montagne, la Corporation du tourisme de Mont Saint-Pierre veut aménager un site d’interprétation des formations rocheuses et une promenade suspendue dans les airs. On construirait une meilleure route d’accès au sommet et un stationnement au pied de la montagne. Le projet inclus des travaux près la 132, au bord de la baie, pour rendre les arrêts plus agréables, ainsi que des travaux majeurs au camping municipal.

« Les gens s’accrochent les pieds à Mont-Saint-Pierre. Mais si on veut les retenir plus longtemps, il faut mettre en valeur le mont St-Pierre, qui est notre petite tour Eiffel à nous », dit Majella Émond, directeur de la Corporation.

La Corporation a déposé son projet en janvier 2014 au gouvernement péquiste, qui l’incluait dans sa stratégie d’intervention pour développer la Gaspésie et les Îles. Les élections ont été déclenchées deux mois plus tard. « On n’a jamais eu ni de oui, ni de non, ni d’accusé de réception [ni des libéraux ni des péquistes], dit M. Émond. Notre projet ne cadre plus dans les programmes existants, remarque-t-il. On a une réflexion à faire pour voir si on prend les bouchées plus petites. »

« C’est très long, long comme un mal de dents, lance Jean-Sébastien Cloutier, vice-président de la Corporation du tourisme de Mont-Saint-Pierre. Mais pour développer en région, il faut être un pit bull, mordre le morceau et ne pas le lâcher. »

MRC Côte-de-Gaspé
Traversier Rivière-au-Renard – Île d’Anticosti – Havre-Saint-Pierre
Coût : non dévoilé
État : DÉPÔT DE L’ÉTUDE DE FAISABILITÉ


RIVIÈRE-AU-RENARD – Les trois municipalités impliquées souhaitent déposer leur projet début septembre à la Stratégie maritime du gouvernement québécois, afin d’obtenir de l’aide financière.
Leur espoir : créer une boucle entre la pointe de la Gaspésie et la Côte-Nord pour donner un élan au tourisme dans les deux régions, en plus de rendre l’île d’Anticosti plus accessible.

Au moment d’écrire ces lignes, les conseils des municipalités de Gaspé, Havre-Saint-Pierre et l’Île d’Anticosti étaient en processus pour adopter l’étude de faisabilité, qu’elles ont refusé de dévoiler jusque-là.

Le projet « pourrait être rentable », a déjà indiqué le maire de Gaspé, Daniel Côté, mais « c’est clair qu’[il] devra être subventionné ». L’étude de faisabilité est « fort concluante », estime-t-il.
Le traversier le plus en aval du Saint-Laurent est situé entre Matane et Baie-Comeau. Le projet d’en ajouter un autre entre la pointe gaspésienne et Havre-Saint-Pierre mijote depuis plus de dix ans.

La Stratégie maritime prévoit 30 M$ pour des projets touristiques le long des rives du Saint-Laurent. Le projet de traversier, qui était évalué à 24 M$ en 2003, risque toutefois de ne pas être seul sur les rangs.

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