Politique

Un plan ambitieux mais peu d’engagements concrets

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Pauline Marois était de passage à Bonaventure, en Gaspésie, ce midi, pour dévoiler la stratégie d’intervention de son gouvernement dans la région.

Pauline Marois était de passage à Bonaventure, en Gaspésie, ce midi, pour dévoiler la stratégie d’intervention de son gouvernement dans la région. Photo : Geneviève Gélinas

BONAVENTURE – La Stratégie d'intervention gouvernementale pour le développement de la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine annoncée jeudi midi à Bonaventure par la première ministre Pauline Marois comprend pour plus de 180 millions de dollars de projets  sur cinq ans dans la région, mais la plupart des engagements concrets viendront plus tard, sauf pour un nouveau parc éolien à Murdochville.

« Je n’arrive pas les mains vides », a toutefois tenu à souligner Mme Marois. EDF Énergies nouvelles construira un parc de 74 mégawatts près de Murdochville, un investissement privé de 175 millions de dollars, a confirmé la première ministre. La firme « déménage » ainsi un projet prévu à  Clermont, dans Charlevoix, et auquel le milieu s’opposait.

La construction du parc créera 150 emplois temporaires et la livraison de l’électricité est prévue fin 2015. Les MRC Côte-de-Gaspé et Haute-Gaspésie recevront 185 000 $ de redevances par année pendant 20 ans. Des pièces d’éoliennes seront construites en Gaspésie et dans la MRC de Matane.

Les 180 millions comptabilisés par GRAFFICI.CA incluent des contributions du fédéral, du privé, des instances régionales et municipales. Ils n’incluent pas le projet de cimenterie de Ciment McInnis à Port-Daniel, un projet privé de 700 millions de dollars, qui figure toutefois dans la stratégie, ni le projet éolien d’EDF.

Des vols internationaux à Grande-Rivière ?

L’aéroport du Rocher-Percé, à Grande-Rivière, pourrait accueillir des vols internationaux d’ici quelques années. Québec financera une étude sur l’allongement de la piste, qui coûterait environ 10 millions de dollars. Depuis des années, la Gaspésie souhaite voir atterrir des touristes de l’étranger, mais la capacité de ses aéroports la limite.

La stratégie du gouvernement inclut la réparation du chemin de fer de la Gaspésie, pour 69,5 millions de dollars. Mais la première ministre n’a promis qu’une « bonne évaluation des coûts ». Québec décidera ensuite s’il investit « et à quelle hauteur ».

Place au tourisme

Le développement touristique se taille la part du lion dans la stratégie, avec plus de 50 millions de dollars d’investissements, dont la mise sur pied d’un géoparc à Percé et des dépenses de 12,3 millions de la SÉPAQ dans les Chic-Chocs pour développer le tourisme d’hiver.

Non à la fracturation

À la fin de la conférence de presse, une militante écologiste a remis un bouquet de fleurs et deux bouteilles à la première ministre. La première bouteille contient de l’eau pure, a expliqué la militante. La seconde est vide pour l’instant, mais pourrait contenir des eaux de forage contaminées dans l’avenir, a ajouté la militante, qui souhaite un BAPE sur le développement des hydrocarbures.

Questionnée par les journalistes, Mme Marois a refusé de se prononcer sur l’éventuelle tenue d’une évaluation environnementale stratégique, tel que demandé par la conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. « Actuellement, on en débattu au sein du comité ministériel sur l’économie. S’il s’avérait que ce soit nécessaire, on en tiendra une », a déclaré la première ministre.

Évaluer l’avancement

La préparation d’un plan de relance de la Gaspésie faisait partie des engagements électoraux des péquistes. Mme Marois préside le comité ministériel qui l’a élaboré, à l’image de ce qu’avait fait son prédécesseur Bernard Landry à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Un comité composé de Gaspésiens évaluera l’avancement de la stratégie au cours des cinq prochaines années.

6 commentaires

Gaston Poirier a écrit le 10 mai 2013

J'ai trouvé sur internet ce fameux plan de développement et je me suis amusé à le lire : http://www.mce.gouv.qc.ca/publications/2013-2018-sig-gim.pdf Si le gouvernement réalise tout ça en partenariat avec le milieu comme il l'a promis, on reconnaîtra pu la région dans 5 ans! Beaucoup d'éléments pour l'éolien et les autres énergies renouvelables (ça devrait faire plaisir à mes amis verts!), la forêt, le tourisme, les pêches, les mines, pétrole et gaz (ça va faire plus plaisir à mes amis de l'industrie.. quoi que le mot "développement durable" ressort clairement de cette section!), agroalimentaire, technologies de l'information, centres téléphoniques, entrepreneuriat, investissement, formation de la main d'oeuvre, santé, éducation, logements, familles, culture, etc... Tout y passe! Les journalistes parlent surtout de tourisme (d'ailleurs, des éléments du tourisme : prolongement de la saison et tourisme hivernal), mais il y a plein d'éléments partout, dans tous les domaines... J'ESPÈRE seulement que tout cela (ou du moins un majorité) SE CONCRÉTISERA!

Bilbo Cyr a écrit le 10 mai 2013

Je suis bien d'accord avec vous, M Poirier. Ya pas juste le pétrole en Gaspésie. Plein d'autres choses ont été proposées dans ce plan, intéressantes, mais incompatibles avec la volonté affichée d'aller de l'avant dans les secteurs dont l'empreinte écologique est la plus lourde.

Albert Picard a écrit le 9 mai 2013

Vous n'y êtes pas tout à fait monsieur Poirier. Il n'y a pas de pétrole commercialement exploitable en Gaspesie. Alors on ne va pas se mettre à forer à gauche et à droite en injectant des millions de litres d'eau bourrée de liquides chimiques. Si malgré tout on le fait, ça va prendre un BAPE. Le pétrole c'est une vieille technologie dépassé. Cessons de perdre notre temps avec ça. Investissons dans la maréculture, par exemple. Je lève mon verre à votre santé. Et la personne qui s'adresse à vous avant moi, ne l'écoutez pas trop chanter ses louanges. Il est comme le coq qui continue de chanter avec les deux pieds dans la merde.

EtienneG a écrit le 9 mai 2013

Je n'ai absolument rien contre le tourisme, c'est industrie très importante et très positive pour la région. Mais ca demeure une industrie saisonnière, très volatile, où les emplois sont habituellement assez mal rémunérés. Comme base pour un plan de relance, on aurait pû choisir de privilégier un secteur plus structurant.

Gaston Poirier a écrit le 9 mai 2013

Bilbo : En tout respect, y a pas juste le pétrole en Gaspésie! Regardons tous les autres volets mis sur la table et je pense qu'on va faire un bon bout de chemin avec tous ces engagements! Sur le volet pétrolier, EES, BAPE, CA, allouette! L'important, c'est que ce soit fait comme du monde, en respect du monde et de l'environnement : Marois le chante depuis le début... Attendons voir son règlement sur l'eau potable... pis après on chiâlera ensemble si besoin! Mais pour l'instant, avec toutes ces annonces et engagements, on devrait lever nos verres et en profiter!

Bilbo Cyr a écrit le 9 mai 2013

Vaut-il mieux voir grand ou voir loin? Une EES: S’il s’avérait que ce soit nécessaire, on en tiendra une... Pas rassurant!

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