Philip Toone tient au Centre de sauvetage maritime de Québec

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le Centre de recherche et de sauvetage de Québec compte neuf employés et reçoit entre 1000 et 1500 appels de détresse chaque année.

Le Centre de recherche et de sauvetage de Québec compte neuf employés et reçoit entre 1000 et 1500 appels de détresse chaque année. Photo : Josiane Régimbal

Le député néo-démocrate de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone, entend maintenir la pression sur le gouvernement conservateur afin de maintenir le Centre de recherche et sauvetage de Québec.

Sa fermeture, annoncée dans le budget conservateur de 2011, a été reportée au printemps 2013. Le transfert se fera en deux temps. À l'automne, les activités à l'est de Cap-à-l'Aigle, dans Charlevoix, seront transférées à Halifax. Les activités à l'ouest de Charlevoix le seront au printemps 2013, à Trenton, en Ontario.

Récemment, dans un rapport préliminaire, le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a rappelé à Pêches et Océans Canada que le ministère a l'obligation d'offrir un service «dans les deux langues officielles de façon égale, et ce, en tout temps.»

Il a suggéré à Pêches et Océans de rehausser les exigences linguistiques des postes de coordonnateur, recherche et sauvegarde maritime des centres de Halifax et de Trenton. Il se disait aussi «préoccupé» face à la capacité de l’organisme à offrir les services dans les deux langues officielles.

Le commissaire concluait que Pêches et Océans n'avait pas tenu compte des obligations linguistiques associées aux postes de coordonnateurs maritimes.

Pour Philip Toone, la conclusion est claire : «Les conservateurs vont brimer la Loi sur les Langues officielles. On voit que le commissaire comprend que le risque pour les pêcheurs et marins francophones est réel. C'est très inquiétant.»

Il souligne que les accents francophones acadien et anglophone terre-neuviens seront difficiles à comprendre pour le personnel ayant à composer avec une situation d'urgence. «Il y a des risques de perdre des vies», dit-il.

Pour M. Toone, c'est une décision idéologique. «Il n'y a pas d'économie à faire en déménageant le bureau de Québec vers Trenton. C'est vachement idéologique de faire passer des bureaux vers des comtés conservateurs.»

Pas question d'abandonner

Le député Toone n'entend pas lâcher prise. Il poursuivra le travail avec les employés, les syndicats, afin de mettre de la pression sur le gouvernement pour qu'il constate qu'un recul est nécessaire.

«Le ministre de Pêches et Océans semble incapable de défendre son ministère. S'il n'est pas capable de défendre sa raison d'être, c'est quoi son rôle? Ça semble être de faire ce que le premier ministre lui dit de faire», fustige le député, ajoutant que les conservateurs ne comprennent pas la réalité des régions.

Autres démarches

Depuis la publication du rapport préliminaire du commissaire Fraser, le Nouveau Parti démocratique a demandé au Bureau de la sécurité des transports d'enquêter sur la fermeture du centre de Québec.

Le porte-parole du NPD en matière de Langues officielles, l'acadien Yvon Godin, a écrit dans sa lettre que «cette situation pourrait entraîner des dangers pour la vie humaine».

Il a joint une copie du rapport du Commissaire aux Langues officielles pour ajouter du poids à sa démarche.

1 commentaire

Jean-François Dubois a écrit le 10 mai 2012

Décision bien plus statégique qu'idéologique,elle ne vise pas seulement à soustraire le français des compétences comme on l'a vu dans plusieurs dommaines. Cette décision vise à vider le Québec de son expertise,un geste une fois de plus qui nous invites à se faire reconnaitre comme pays autonome.Puisque nous ne sommes pas signataire de la constitution châssons au plus vite l'occupant avant d'être complètement charcuté!

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