Politique

Philip Toone choqué par les propos de Maxime Bernier

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le député de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone.

Le député de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Le député néo-démocrate de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone, est consterné par les propos de Maxime Bernier, qui suggère aux employeurs des industries saisonnières de la région de faire appel à des travailleurs étrangers pour combler leurs besoins de main-d’œuvre.

De passage sur la péninsule la semaine dernière, le ministre fédéral d’État à la Petite Entreprise et au Tourisme, Maxime Bernier, a admis que la réforme de l’assurance-emploi pourrait entraîner des pénuries de main-d’œuvre dans les industries saisonnières.

M. Bernier a reconnu que l’embauche de travailleurs saisonniers deviendra un défi pour les entrepreneurs de la Gaspésie, notamment dans l’industrie des pêches. Pour faire face à cette nouvelle réalité, il leur suggère d’avoir recours à des travailleurs étrangers pour combler leurs besoins temporaires.

Le député conservateur de Beauce estime qu’il est difficile de justifier que la région affiche un taux de chômage élevé, alors que les entreprises manquent de main-d’œuvre. Il a déclaré au quotidien Le Soleil que l’assurance-emploi ne devait pas servir de «hamac».

Philip Toone choqué

Le député fédéral de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone, affirme que M. Bernier est «complètement déconnecté de la réalité de la Gaspésie». Selon lui, en tenant de tels propos, le député conservateur fait preuve d’une incompréhension du marché du travail dans la région. «Ce qu’il est en train de dire aux pêcheurs, c’est tant pis pour vous, nous allons vous remplacer par des Mexicains. Ça ne se forme pas du jour au lendemain des gens qui travaillent dans les pêcheries», fustige-t-il.

De l’avis du néo-démocrate, les commentaires de M. Bernier sont «méprisants» envers les Gaspésiens. «Est-il en train de dire que les travailleurs saisonniers sont paresseux?», se questionne-t-il.

M. Toone donne en exemple l’industrie touristique pour illustrer que le travail saisonnier est indispensable au bon fonctionnement de l’économie gaspésienne. «L’hiver, cette industrie tourne au ralenti, alors il est normal que les employeurs fassent appel à des travailleurs saisonniers. Et l’été, les gens qui viennent en Gaspésie s’attendent à ce que les travailleurs derrière les comptoirs des hôtels connaissent la région, ce qui ne serait pas le cas des travailleurs étrangers temporaires. La proposition de Maxime Bernier ne tient pas la route», poursuit-il.

M. Toone mentionne avoir pris note des propos de M. Bernier et entend bien le questionner à ce sujet cet automne lors de la reprise des travaux à la Chambre des communes.

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