Développement économique et exportation

Pétrolia menace de quitter Gaspé

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Isabelle Proulx (vice-présidente de Pétrolia) et André Proulx (président de Pétrolia).

Isabelle Proulx (vice-présidente de Pétrolia) et André Proulx (président de Pétrolia). Photo : Thierry Haroun

Le nouveau règlement de la municipalité de Gaspé interdisant tout forage dans un rayon de 10 kilomètres d'une source d'eau potable est vue comme une mise à la porte par la direction de Pétrolia, qui menace maintenant de quitter les lieux.

Le président de Pétrolia, André Proulx, reçoit le règlement municipale comme un affront à ses travaux de forages à venir et y voit une façon de se faire montrer la porte par les autorités de Gaspé.

«On va mettre nos culottes et prendre des décisions [qui s’imposent]. Je pense que les gens de Gaspé n’ont pas avantage à ce qu’on quitte. Je vous dis qu’on s’est fait montrer la porte. Tant que je suis président de Pétrolia, si je me fais montrer la porte [concernant] le gisement de Haldimand, je vais faire […] mes installations de base pour produire ailleurs au Québec», menace André Proulx.

Visiblement irrité par la récente sortie du maire François Roussy qui a laissé entendre que Pétrolia manque de transparence dans le cadre des travaux en cours, M. Proulx en rajoute.

«Ce n’est pas vrai que, lorsque je ne suis pas accepté par une municipalité, je vais demander à mes employés de venir m’installer ici. On ne peut pas développer une ressource sans l’approbation du milieu. Ce n’est pas vrai que je vais me faire mettre à la porte et continuer à dépenser dans la ville de Gaspé. Il n’y a personne qui va tolérer ça. Et ce n’est pas du chantage. C’est inacceptable comme humain de se faire montrer la porte.»

André Proulx, qui a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse à Gaspé mercredi après-midi, demande par la même occasion à Québec de prendre ses responsabilités et de juger de la légitimité du nouveau règlement municipal.

Si M. Proulx refuse de contester cette législation, il la qualifie toutefois «d'illégale». M. Proulx confirme par ailleurs qu’il rencontrera la ministre des Ressources naturelle, Martine Ouellet, à Québec vendredi afin de faire le point sur le dossier.

Le règlement

La nouvelle réglementation stipule qu’il est «interdit à quiconque d’introduire ou de permettre que soit introduit dans le sol par forage ou par tout autre procédé […] toute substance susceptible d’altérer la qualité de l’eau souterraine ou de surface servant à la consommation humaine ou animale».

Cette interdiction s’applique dans un rayon de 10 kilomètres de tout lieu de puisement d’eau de surface de la municipalité. À défaut de s’y conformer, les contrevenants s’exposent à des amendes allant de 1000$ à 2000$ par jour.

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5 commentaires

Gaston Poirier a écrit le 17 janvier 2013

À lire Pelletier, y a juste les gens qui ont du ca$h qui disent des choses qui ont du bon sens. Car les gens qui ont du ca$h vont faire entendre raison aux décideurs politiques car c'est sur qu'ils ont raison, ils ont du ca$h. Beau raisonnement! En plus, à coup de dénigrements envers la classe politique avec la déformation des noms des gens et de leurs titres... Ça en dit long sur votre honnêteté intellectuelle, cher monsieur. Et cette honnêteté intellectuelle teinte assez bien vos propos démagogiques : on croirait lire un amalgame de Martineau, Duhaime et Filion! Moi, je dis qu'il faut faire confiance à la population et qu'on ne peut pas faire de développement sans acceptabilité sociale. That's it that's all!! Jamais je ne dénigrerai la population comme vous le faites au nom de la sacro-sainte piasse à tout prix!

Gaston Poirier a écrit le 17 janvier 2013

À lire Pelletier, y a juste les gens qui ont du ca$h qui disent des choses qui ont du bon sens. Car les gens qui ont du ca$h vont faire entendre raison aux décideurs politiques car c'est sur qu'ils ont raison, ils ont du ca$h. Beau raisonnement! En plus, à coup de dénigrements envers la classe politique avec la déformation des noms des gens et de leurs titres... Ça en dit long sur votre honnêteté intellectuelle, cher monsieur. Et cette honnêteté intellectuelle teinte assez bien vos propos démagogiques : on croirait lire un amalgame de Martineau, Duhaime et Filion! Moi, je dis qu'il faut faire confiance à la population et qu'on ne peut pas faire de développement sans acceptabilité sociale. That's it that's all!! Jamais je ne dénigrerai la population comme vous le faites au nom de la sacro-sainte piasse à tout prix!

Albert Picard a écrit le 17 janvier 2013

Dilution du titre à cause d'une autre émission d'actions en décembre; les profits inexistants à Tar Point, à Bourque, normal puisqu'il n'y a pas de pétrole prouvé ; l'impatience des actionnaires; le pétrole qui n'est pas au rendez-vous sauf Haldimand où coule un tout petit 100 barils/jour; l'incompréhension qui s'est installée entre PRETROLIA et Gaspé; l'opposition populaire. Ça fait beaucoup sur les épaules d'une junior minière qui ne fait pas une cenne de profit. Compte tenu du communiqué émis le 14 janvier par la compagnie, la verrons-nous déplacer ses activités à Anticosti?

Michel L. Fréchette a écrit le 17 janvier 2013

J'ai de la difficulté à comprendre l'approche de Pétrolia telle que présentée par son président et sa vice-présidente. Il est question de millions de $ en enjeu et de 8 années de présence et de cohabitation entre cette firme et la ville de Gaspé. Assez de temps pour apprendre les forces et faiblesses de chacune des partie en cause.On ne peut jouer l'argument de la surprise. Il me semble qu'ayant entendu la position de la Ville de Gaspé par la voix de son Maire, l'intolérance et l'exaspération se sont infiltrées dans les têtes dirigeantes de la pétrolière. Pourquoi à cette étape du chemin, les comportements émotifs dominent les arguments d'affaire? Quelle mouche a piqué le président de Pétrolia pour faire la démonstration probablement prévisible qu'il n'était pas l'homme d'une situation difficile mais non désespérée? Ses actionnaires jugeront. En paraphrase " Gaspé me montre la porte, je déménage mes pénates". Cela ressemble à un mauvais épisode de téléroman dans une scène de divorce mal interprétée. Le règlement 1205-12 est loin d’être irritant et agressif. Il aurait pu aller plus durement sur les sanctions et sur l’assise technique (géologie des bassins versants sur l’ensemble du territoire municipal par exemple). Il ne crée pas la controverse, bien au contraire. Il affirme une logique première, essentielle aux communautés et permet un dialogue ouvert et responsable entre des institutions, des représentants tout en offrant une garantie de pérennité à la société civile. Il remet de l’ordre dans les priorités. Refuser une telle opportunité d’avancement collectif devient la signature de l’objecteur et la responsabilité de la partie qui quitte la table. Il est donc difficile d'apprécier les déclarations d'enfant gâté de Pétrolia alors que le gouvernement du Québec (après avoir même investi dans l’entreprise) se penche sur cette relation d'affaire entre un environnement municipalisé avec ses règles et ses devoirs et les intérêts d'une société privée avec ses objectifs et ses obligations envers ses financiers. Deux mondes difficilement conciliables si on en juge les arguments: le bien commun VS l'intérêt de quelques-uns. Il devient donc urgent que le gouvernement réécrive les règles du jeu et que si ces règles ne plaisent pas aux entreprises, qu’elles laissent simplement l’espace inoccupée. Cela nous reviendra moins cher que de remettre l’environnement en état une fois que les dividendes auront été versés aux actionnaires. Le calcul de l’avantage doit donc se faire sur la totalité de l’opération et non seulement sur la portion « redevance et emplois ». Pétrolia s'affirme comme un citoyen corporatif, qu’il agisse d’abord comme citoyen et on jugera le corporatif après. Mais nous savons tous que cette affaire devient un étalon de mesure et que le débat entre l'intérêt public et le développement économique se présentera en novembre 2013 lors des élections municipales. D'ici là, on espère que les déclarations incendiaires et guerrières entendues des actionnaires de la pétrolière se seront éteintes faute de carburant et que la raison reviendra comme règle de base de toutes les tribulations.

Gaston Poirier a écrit le 17 janvier 2013

M. Pelletier : je suis tanné de faire du copier-coller pour répondre à vos copier-coller sur tout ce dossier-là. Votre message centré sur les intérêts financiers des investisseurs a été entendu. Personnellement, j'accorde foi aux propos désintéressés (mais très intéressants!) du maire Roussy, qui prônent le respect de la population et non pas le développement économique à tous vents. En développement durable, on doit trouver l'équilibre entre l'économie, l'environnement et la société, équilibre qui n'est pas présent à Haldimand #4. L'idée de Pétrolia de domper une foreuse à 300 mètres des maisons n'était pas la meilleure. Quand vont-ils s'ouvrir les yeux et déménager leurs pénates à bonne distance des zones habitées? À part dans la colonie des environnementalistes purs et durs, y a pas grand monde qui s'oppose au projet Bourque : pourquoi Pétrolia ne se concentre pas là-bas, d'autant plus que Orbite serait un énorme client pour eux dans le même secteur? Pourquoi s'entêter et se détruire la vie et la crédibilité sur un projet qui n'est pas socialement acceptable comme Haldimand #4?

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