Pétrole

Pétrolia menace d’abandonner le projet Haldimand

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
En l’absence de réglementation provinciale, le sort du forage Haldimand n° 4 pourrait se régler au Palais de justice de Percé.

En l’absence de réglementation provinciale, le sort du forage Haldimand n° 4 pourrait se régler au Palais de justice de Percé. Photo : Geneviève Gélinas

PERCÉ – Les plaidoiries des avocats de Pétrolia et de la Ville de Gaspé sont entendues vendredi au Palais de justice de Percé. Jeudi, la firme a menacé d’abandonner le projet Haldimand, tandis que l’ex-maire de Gaspé a décrit sa perte de confiance envers Pétrolia et les instances gouvernementales.

Pétrolia demande au juge de la Cour supérieure d’invalider le règlement de Gaspé sur l’eau potable, qui empêche la firme de forer Haldimand n° 4.

L’impossibilité de réaliser ce forage « voudrait dire l’abandon du projet Haldimand au complet », a déclaré l’ex-président de Pétrolia, André Proulx, appelé à la barre hier.

Pétrolia compte sur ce forage pour améliorer ses connaissances. « Ce gisement nous permettrait de comprendre ce qui se passe [au plan géologique] sur 30 % du territoire gaspésien. »

La firme aurait du mal à convaincre des investisseurs de recommencer ailleurs, a plaidé M. Proulx. Pétrolia a déjà réalisé deux forages à Haldimand et dépensé huit millions de dollars pour l’explorer.

L’ex-président a aussi brandi un flacon d’huile pour bébés en expliquant que c’était l’équivalent du distillat de pétrole utilisé pour forer en profondeur, soit l’ingrédient le plus toxique du fluide. Pétrolia souhaite produire sans utiliser la méthode de fracturation à Haldimand, a ajouté M. Proulx.

Perte de confiance

L’ex-maire de Gaspé, François Roussy, a expliqué qu’il avait peu à peu perdu confiance en Pétrolia et les instances gouvernementales, ce qui l’a poussé à réglementer.

En janvier 2011, Pétrolia « nous a annoncé qu’ils projetaient un forage horizontal avec fracturation à Haldimand n° 4, mais avec des techniques différentes du gaz de schiste, a rapporté M. Roussy. […] On est devenus très inquiets. [Pétrolia] nous a dit de ne pas informer Nathalie Normandeau [alors ministre libérale des Ressources naturelles], qu’on pouvait s’entendre au plan local. »

Des questions posées de longue date à Pétrolia étaient toujours en suspens en novembre 2012, a ajouté l’ex-maire.

Par ailleurs, depuis 2011, le conseil de ville de Gaspé demandait à Québec une contre-expertise indépendante pour protéger l’eau potable, ce qu’il a obtenu seulement à l’été 2013.

7 commentaires

Albert Picard a écrit le 12 janvier 2014

Si c'est ça la défense de PETROLIA , des arguments économiques, elle va se faire planter d'aplomb par le jugement qui sera rendu dans un ou deux mois. Le juge Moulin doit se prononcer sur une question de droit, pas d'économie. La défense a-t-elle le droit de réglementer pour protéger ses sources d'approvisionnement en eau afin de protéger la sécurité de ses citoyens. La demande a-t-elle le droit de forer à Haldimand quitte à mettre en danger la sécurité des sources d'eau potable? C'est sur ces questions de droit que le juge a pris la cause en délibéré. Le juge travaille donc avec la législation en vigueur au moment où il a entendu les plaidoiries. Que le gouvernement légifère maintenant pour modifier la loi sur les cités et villes ou la loi de l'environnement, ne changera rien au jugement que le juge Moulin rendra.

Gilles Thibodeau a écrit le 12 janvier 2014

Bonjour . @ Joseph Leblanc . Non monsieur Leblanc le temps n'est pas à la rigolade et oui ils gouvernent autrement . Pétrolia menace d'abandonner et cela est suffisant pour vous faire trembler. C'est ce que j’appelle la peur d'avoir peur , céder devant la menace." Le juge Benoît Moulin prévoit rendre son jugement d'ici le mois de février. Cette décision aura des conséquences à l'extérieur de la Gaspésie, car 70 autres municipalités du Québec ont adopté un règlement similaire, soit d'interdire l'injection de substances dans le sol à moins de deux kilomètres d'un puits artésien." Donc M.Leblanc attendez la décision du juge Moulin , ensuite vous verrez comment ils gourvernent , pour le moment vous spéculez une fausseté que vous dicte votre anti péquiste.

Bilbo Cyr a écrit le 11 janvier 2014

@Labranche, L'eau fait partie de ces choses qu'il faut protéger AVANT de les perdre...

Albert Labranche a écrit le 11 janvier 2014

Qui a perdu son eau?

France Lablee a écrit le 11 janvier 2014

Merci Monsieur Le Maire de Gaspé, Merci Monsieur François Roussy. Merci , vous protégez notre eau, essentielle à la VIE de tous . MERCI

Joseph Leblanc a écrit le 10 janvier 2014

Ça c'est du leadership d'un gouvernement s'en remettre a une décision d'un juge. Pis lorsque ils vont être questionner la dessus ils vont dire qu'ils peuvent pas répondre vu que c' est devant les tribunaux. Des vrais couleuvres ses péquistes-la.. Elle disait qu'elle gouvernerait autrement faite moi rire.......

Albert Labranche a écrit le 10 janvier 2014

Pas de monde, pas d'argent, pas d'industries non subventionnées, pas de tête. Bravo les boys vous êtes sur la voie du succès.

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